14 Juillet de rigueur

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Par Philippe Mabille, rédacteur en Chef et éditorialiste à La Tribune.

14 juillet pluvieux, 14 juillet heureux ? Pour son avant-dernier défilé avant la fin du quinquenat, Nicolas Sarkozy a affronté les éléments déchaînés, tel un symbole des difficultés accumulées depuis le déclenchement de l'affaire Woerth-Bettencourt.

Le président, dont le tempérament pousse à faire de l'attaque la meilleure défense, a dénoncé un "complot contre les réformes" et fait de celle des retraites une quasi-prise de la Bastille, saluant comme un "jour historique" la fin du tabou des 60 ans. Même si elle n'a pas convaincu les Français, l'intervention de Nicolas Sarkozy, lundi soir, avait comme principal objectif de reprendre l'offensive en reconstituant le clivage gauche-droite.

En affichant sa fermeté sur le report à 62 ans de l'âge légal de la retraite et le rapprochement des cotisations entre public et privé, qui ne laisse guère de grain à moudre aux syndicats. En confirmant une politique "rigoureuse" pour les finances publiques, avec une habile diversion vers la gestion des effectifs de fonctionnaires dans les régions (presque toutes dirigées par la gauche).

Une rigueur non assumée, mais contrebalancée par un engagement directement tourné vers l'électorat de droite : celui de ne pas augmenter les impôts. Le président l'a martelé lundi, comme un avant-goût de ce qui pourrait bien devenir le principal sujet de différenciation entre le candidat de l'UMP et celui du PS en 2012.

Une promesse non tenue, comme le prouvent les récentes décisions prises : augmentation de 1 point de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, remise en cause de 8 à 10 milliards d'euros de niches fiscales, report de cinq ans de la durée de la CRDS, une CSG qui finance la dette de la Sécurité sociale.

Même le siphonnage du Fonds de réserve des retraites est une forme de taxe sur les générations futures, insuffisante qui plus est, puisque, à taux de chômage inchangé, il manque toujours 14 milliards d'euros pour équilibrer les retraites en 2018 comme il est prévu. Mais ne dit-on pas que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ?...

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