Le retour en grâce des actions divise la blogosphère

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Par Eric Benhamou, éditorialiste à La Tribune.

Les modes passent et repassent. Du moins en apparence à l'heure où toute la blogosphère glose sur "les performances" du Nasdaq en 2010, la capitalisation d'Apple (qui, avec ses 300 milliards de dollars de capitalisation, pourrait figurer au 31e rang des pays en termes de PIB) ou les 50 milliards de dollars de valorisation de Facebook. De fait, Steve Jobs à la tête d'Apple incarne le pari gagnant de cette année 2010. Mieux, Dan Frommer de Business Insider lui recommande les dix choses à faire cette année pour atteindre ce que Wall Street attend de lui, c'est-à-dire augmenter le chiffre d'affaires du groupe de 35% !

Mais il faut rappeler que le thème techno à la mode n'est pas du tout celui qui prévalait en 2000. Et pour une raison simple : ce qui marche aujourd'hui - les smartphones, les tablettes et les applications Web de téléphonie mobile - n'existait tout simplement pas il y a dix ans. On misait alors sur la téléphonie sans fil et les réseaux optiques.

C'est au moins ce qui ressort d'un tableau passionnant, publié par le site Big Picture, sur tous les thèmes dominants d'investissement et les modes du moment depuis 1996. Le constat est sans appel : on est dedans ou pas, car les bonnes idées d'investissement ne se répètent jamais d'une année sur l'autre. Ainsi, en 2008, l'or, la vente à découvert et les trackers à effet de levier étaient les principaux outils de la réussite, avec John Paulson, le célèbre gérant de "hedge fund" qui fit fortune sur la crise des "subprimes", comme homme de l'année. Changement de décor en 2009 où chacun buvait (encore) les paroles de Ben Bernanke, le patron de la Fed, avec, au menu, des traders qui gagnent, les matières premières, les marchés émergents et le "carry trade" sur le dollar (grand perdant l'année suivante). Finalement, 2010 marque un retour aux fondamentaux, avec les succès industriels comme celui d'Apple, l'envolée des métaux et des mines ou le regain du capital-investissement. D'où les fous espoirs sur le retour en grâce des actions. Feu de paille ou inversion de tendance ?

L'envolée des valeurs moyennes est vite relativisée par les analyses de Bespokeinvest, qui soulignent que la valorisation du S&P 400 Mid Index est simplement revenue à son niveau de juillet 2007. Ce qui n'est finalement pas si mal comparé au S&P 500 qui doit encore progresser de 25% pour retrouver son pic de 2007 malgré sa forte hausse récente. Le même site, très féru de statistiques en tout genre, se veut optimiste. À ceux qui doutent que la hausse des actions, entamée péniblement depuis mars 2009, ne pourra longtemps se poursuivre, Bespokeinvest répond par une série statistique qui montre que les périodes haussières sont près de trois fois plus longues que les périodes baissières (915 jours en moyenne contre 310 jours). Et pour les investisseurs qui veulent se faire mal, le blog Afraidtotrade publie les meilleures performances de l'année par actif, avec, en tête, le palladium (+ 93%) et, en queue de peloton, le gaz naturel (- 20%). Difficile toutefois de bâtir, sur ces données, la stratégie gagnante de 2011. Il nous reste alors à consulter les nombreuses prédictions publiées par Pragmatic Capitalism. Histoire au moins d'être très pragmatique, sinon opportuniste.

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