Les charmes intacts de Marianne

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Par Valérie Segond, journaliste à La Tribune.

Ceux qui annoncent, depuis des mois, une dégradation de la notation de la France sur les marchés financiers sont démentis par les faits. Les trois adjudications qui se sont déroulées hier pour près de 9 milliards d'euros attestent que la signature du Trésor reste intacte, même s'il emprunte aujourd'hui à un prix 30% plus élevé qu'en septembre. Même s'il est vrai que nos fonctionnaires ont un talent inégalé pour placer d'énormes quantités de papier et si, en début d'année, les investisseurs, qui ont remis leurs compteurs à zéro, ont beaucoup d'argent à placer, il faut bien reconnaître que la réussite de l'opération apporte une excellente nouvelle. Elle dit que la France n'est pas en train de rejoindre le club maudit des pays dits périphériques de la zone euro.

Si on continue à lui faire crédit dans de bonnes conditions, c'est bien qu'elle reste crédible : malgré des dettes publiques égales à 83% de son PIB à la fin 2010, les investisseurs estiment qu'elle parviendra à réduire ses déficits publics. Et ce, sans imposer un plan de rigueur dévastateur, comme ont été contraints de le faire la Grèce, l'Irlande et, aujourd'hui, le Portugal, avec les conséquences sur la croissance que l'on connaît.

A dix-sept mois d'une échéance électorale qui pourrait changer la majorité au pouvoir, cette confiance des investisseurs à l'égard de la France a même quelque chose de stupéfiant. Comme s'ils savaient que, quel que soit le leader qui sera choisi par ses électeurs, il n'aura d'autre choix que de réduire les déficits... en augmentant les impôts !

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