Ce grand malade américain

Par Eric Chol, rédacteur en chef à La Tribune.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)

Les déclinologues du Vieux Continent devraient se précipiter sur le dernier ouvrage de Myret Zaki, traitant de "la fin du dollar". On avait tremblé l'an dernier pour la Grèce, on s'était inquiété pour les finances publiques irlandaises, on craignait de voire sombrer le Portugal et on scrutait anxieusement les signaux espagnols. C'était oublier un peu vite la formidable propension de nos voisins américains à fabriquer eux aussi de la dette. "La Californie, plus grave que la Grèce", rappelle à titre d'exemple Myret Zaki.

Lundi, les Américains trouveront peut-être leurs administrations fermées, faute d'argent frais. Et le mur de la dette publique américaine a atteint un niveau tel que si aucune mesure n'est prise dans les tout prochains jours, voire dans les prochaines heures, le plafond de l'endettement, limité par la constitution américaine à près de 15.000 milliards de dollars (soit 95% du PIB américain), sera franchi d'ici le 16 Mai. En cessation de paiement, les Etats-Unis n'auront plus qu'à baisser le rideau. Ce scénario cauchemardesque est-il envisageable ? Non, si l'on en croit le goût des élus américains pour les compromis de la dernière chance. Au cours des vingt-cinq dernières années, le plafond de la dette a ainsi été multiplié par 10. C'est dire le goût des Américains pour l'argent facile.

Mais le plafond en question pourrait rapidement se durcir, au point de devenir increvable. Car les Républicains, qui disposent de la majorité au Congrès, et poussés par les électeurs du mouvement du Tea Party, réclament de la vertu budgétaire. En briguant un second mandat en 2012, Barack Obama sait déjà qu'il devra enfiler les habits de la rigueur.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.