La Grèce en clause de sauvegarde

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Par Philippe Mabille, rédacteur en chef à La Tribune.

Disons-le sans ambage : même si elle parvient encore, comme le Portugal, à emprunter sur de très courtes périodes, la Grèce est dans une situation financière inextricable. La présence ou l'absence de DSK n'y changera rien : il n'y a pas de solution économique viable pour Athènes, qui ne pourra jamais rembourser sa dette sans l'aide de l'Europe et du FMI. La Grèce en est donc réduite à... acheter du temps, dans une impasse qui la soumet, elle comme la zone euro, au feu des marchés.

Bien sûr, la solution ultime radicale de la sortie de l'euro, qui permettrait au pays de dévaluer sa monnaie semblerait, économiquement, la plus simple. Mais elle est politiquement beaucoup trop risquée, parce qu'elle apparaîtrait comme un lâchage en règle, à l'encontre du principe de solidarité européenne, et ouvrirait la porte à un effet domino dévastateur dont nul ne sait où il s'arrêterait. Dans ces conditions, la piste de la restructuration prend de la vigueur, à Bruxelles ou à Berlin, malgré l'opposition de la Banque centrale européenne, qui pense que les pertes induites pour les banques grecques aggraveraient le mal.

Notons que la présence d'un Français, Jean-Claude Trichet, ou demain d'un italien, Mario Draghi, à la tête de la BCE est un atout pour la Grèce. S'il faut donc éviter une restructuration dure, brutale et subie, de la dette grecque, en revanche, on peut imaginer une restructuration douce, sous forme de rééchelonnement, préparée, à l'image des dévaluations d'autrefois, qui étaient accompagnées d'un plan de stabilisation. Un rééchelonnement ordonné de la dette grecque, inspiré de ce qui se passe pour les entreprises placées sous la protection de la clause de sauvegarde, avec une période d'observation crédible et un plan de privatisation plus ambitieux. Après tout, s'il faut en passer par là pour que les Grecs paient normalement leurs impôts, cette crise est peut-être... leur dernière chance.

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