Seconde chance pour Paris

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Par Eric Benhamou, éditorialiste à La Tribune

L'introduction en Bourse de 40 % du capital de Verallia, filiale de Saint-Gobain, apparaît comme une bouffée d'oxygène pour la place de Paris, en panne d'opérations d'envergure depuis trois ans, excepté trois scissions (CFAO, Accor, ArcelorMittal). L'échec de la mise en Bourse du groupe Barrière en septembre dernier, faute de demande suffisante, avait sonné comme un sérieux signal d'alarme, même si l'opération avait été mal vendue aux investisseurs. Les temps boursiers sont durs. Mais dans un contexte peu favorable aux actions, toutes les places financières ne sont pas logées à la même enseigne. Londres attire toujours les rois des matières premières, comme récemment Glencore, la plus belle opération de l'année. À Wall Street, le "pipe" est bien fourni, grâce à la vitalité des secteurs Internet et Tech. Ce retour en force du marché américain, qui reprend un peu de terrain sur l'Asie, a cependant un coût : les opérations sont manifestement sous-évaluées ("sous-pricées" dans le jargon des financiers) pour attirer les chalands. En Asie, Shenzhen, Shanghai ou Hong Kong restent les grandes capitales du moment pour les introductions en Bourse. Leur vigueur ne se dément pas. L'Europe continentale fait en revanche pâle figure, après de nombreux couacs l'an dernier et le placement pour le moins laborieux d'Enel Green Power, qui devait être l'opération de l'année 2010. C'est pourquoi il devient urgent de redonner une dynamique positive au marché européen et français des introductions en Bourse. C'est capital pour les entreprises qui verront fatalement le coût de leur financement bancaire augmenter dans les années à venir. Et c'est primordial pour le maintien de nos places financières. À ce titre, la place de Paris n'aura pas droit à un deuxième échec. 

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