De la politique, oui, mais de la vraie

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Par Eric Walther, directeur adjoint de la rédaction.

La plus grande démocratie du monde offre un spectacle décidément pitoyable. La raideur qu'affiche ces derniers jours un Barack Obama comme abasourdi par la partie de poker menteur qui se joue à Washington, témoigne physiquement de la dégradation, non pas de la note financière du pays, mais de sa dignité politique. Il est bien sûr légitime que la gestion d'une dette aussi abyssale fasse l'objet d'un débat et même d'un combat. Après tout, les arbitrages rendus, les compromis trouvés participent, surtout par ces temps de disette budgétaire, des choix économiques majeurs d'une nation. Force est malheureusement de constater que l'on a largement dépassé le cadre du raisonnable. Pourquoi alors démocrates et surtout républicains en sont arrivés là, eux qui, chacun à leur tour, ont déjà relevé ce fameux plafond à dix reprises en dix ans ? Explication confortable, mais bien réelle : il faut agir face à la gravité de la crise et à la pression des marchés qui estiment atteintes les limites du supportable. La crise, justement. N'est-ce pas à la classe politique en ces circonstances de se montrer à la hauteur de sa mission ? Mais voilà. Le cataclysme de 2008 a réveillé des vieux démons extrémistes dans la population conservatrice américaine. Les pitreries des Tea Party en donnent chaque jour le triste exemple. Résultat, les républicains s'estiment obligés de faire de la surenchère permanente pour montrer à leurs électeurs égarés qu'ils ont des muscles. Mais tout cela tourne à l'absurde. Ce bras de fer commence à devenir coûteux (voir page 3), ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. Et puis, disons-le : qui peut raisonnablement croire que l'Amérique se retrouve réellement et durablement en situation de défaut de paiement ?

 

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