Politique industrielle contre protectionnisme

 |   |  340  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune

Arnaud Montebourg, le candidat de la démondialisation, en arbitre surprise de la primaire socialiste, applaudi par Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, candidate de la sortie de l'euro, en passe de jouer le même rôle, mais pour la présidentielle de 2012. Au soir du premier tour de la primaire, on entendait des partisans de François Hollande soudain vanter les mérites d'un protectionnisme européen... Rien de commun, bien sûr, entre ces personnalités politiques que tout oppose, sauf une chose : ils surfent sur la vague de la France qui se lève tôt, celle issue de ces 2 millions d'emplois industriels perdus depuis vingt ans à cause des délocalisations. À ces Français qui ont perdu confiance en la politique, la réponse protectionniste est une tentation... facile. Sans aller jusqu'à dire que "le protectionnisme, c'est la guerre", l'Histoire a amplement démontré que les idées trop simples sont dangereuses. Pourtant, le protectionnisme gagne du terrain, à droite comme à gauche. Nicolas Sarkozy ne fait pas mystère, dans sa précampagne permanente pour 2012, de vouloir être un président "protecteur". Le PS évoque, dans son projet 2012, le "juste échange" et n'hésite pas à parler de "droits de douane modulables".

Dans la boîte à outils, que dire enfin de la TVA "sociale" ou "protection", destinée à taxer les produits importés de Chine... Il y a pourtant une autre approche, plus offensive, pour protéger notre industrie : aider à la reconstitution de filières industrielles plus fortes, plus cohérentes. Chacun sait que la France souffre de l'atomisation de son tissu de PME, trop petites et insuffisamment capitalisées. Voilà la mission que pourrait se donner un Fonds stratégique d'investissement plus actif, sous l'égide d'un label "FSI PME" en région si besoin. À condition que l'argent public ainsi mobilisé serve d'effet de levier pour l'argent privé. Il est temps de mettre fin à la pagaille qui désorganise la nébuleuse publique du soutien aux PME. Pour l'État, c'est uniquement une question de volonté politique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :