"Les banques doivent être recapitalisées pour faire face à la volatilité des marchés"

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Hans Hoogervorst, président de l'organisme chargé des normes comptables internationales, rappelle la nécessité pour les banques d'appliquer les règles sur l'évaluation des obligations grecques.

Est-il juste d'accuser les choix comptables d'amplifier la volatilité des marchés ?

On ne pas reprocher aux normes comptables de rendre compte de l'extrême volatilité des marchés car c'est devenu une réalité. Les banques doivent d'ailleurs être recapitalisées pour faire face à ce risque. Les décisions prises par l'Europe ces derniers jours vont dans ce sens. On commence en effet seulement à réaliser avec la crise de la dette qu'il n'existe plus d'actifs non risqués. Dans ce contexte, que l'industrie financière craigne la valorisation des actifs au prix de marché me semble ironique. La comptabilité n'est pas la cause de l'instabilité économique. Elle n'en est pas non plus la solution.

Pourquoi avez-vous écrit en août à l'autorité européenne des marchés financiers (ESMA) ?

Nous avons reçu un certain nombre de signaux cet été qui indiquaient une mauvaise application des règles comptables concernant les instruments financiers et plus particulièrement la dépréciation des obligations souveraines grecques par les banques européennes. Il nous a semblé approprié d'en avertir l'ESMA par une lettre qui n'était pas censée être rendue publique.

N'était-ce par une manière de montrer votre attachement à la comptabilisation en valeur de marché ?

Pour valoriser les actifs, certains réclament une approche plus équilibrée [entre "juste valeur" et valorisation selon un modèle interne]. C'est une question complexe et il n'y a pas de réponse parfaite. Cependant, les normes IFRS (International Financial Reporting Standard) ont adopté un modèle mixte et nous n'avons pas de vision idéologique de la valorisation. Avec l'ensemble des membres de l'IASB [organisme chargé de rédiger les normes comptables internationales] nous étudions cette question avec pragmatisme.

Les Etats-Unis vont-ils adopter les normes comptables IFRS ?

C'est une décision importante que les Etats-Unis doivent prendre en décembre. Pour l'Europe, il s'agissait d'un choix logique. La mise en place d'un standard unique s'imposait car les pays membres de l'Union parlaient tous un langage comptable différent. Aux Etats-Unis, ce n'est pas la même situation. Les Américains disposent déjà d'un standard de haute qualité avec les US GAAP. Mais aujourd'hui, le système IFRS s'est imposé comme l'unique candidat pour devenir la langue comptable mondiale.

Qu'est ce qui va pousser les Etats-Unis dans cette voie ?

Les normes IFRS ont pris une telle importance dans le monde que les investisseurs aux Etats-Unis ne peuvent pas se priver d'un standard déjà adopté dans les deux tiers des pays du G20. Dans la lignée de l'Europe on peut ainsi citer l'Australie, la Nouvelle Zélande ou encore la Corée du Sud. La convergence est également engagée avec de nombreux pays autres d'Asie et d'Amérique Latine. Dans un contexte d'internationalisation des échanges commerciaux et financiers, je pense donc que le régulateur américain, la SEC (Securities and Exchange Commission), rendra une décision positive.

Avez-vous été surpris par le délai de transition de cinq à sept ans évoqué en juin par le gendarme boursier américain ?

Nous n'avons pas été surpris car il l a aussi fallu plusieurs années aux pays de l'Union européenne. La mise en place des IFRS aux Etats-Unis serait sûrement plus simple si nous n'étions pas en période de crise.

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