Armement : la nécessité de la coopération

 |  | 2425 mots
Lecture 13 min.
(Crédits : Dassault Aviation / Eridia Studio / V. Almansa)
Cette tribune est une réponse à la tribune « Armement : les erreurs allemandes de la France », paru dans la Tribune. Les deux auteurs, Patrick Bellouard et Cyrille Schott, y défendent la nécessité de coopérer entre partenaires européens, notamment l'Allemagne pour partager les coûts de développement. Par l'ingénieur général de l'armement (de 1ère classe-2s) Patrick Bellouard, président d'EuroDéfense France, ancien directeur de l'OCCAR, et préfet (h.) de région Cyrille Schott, membre du bureau d'EuroDéfense France et ancien directeur de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).

L'article « Armement : les erreurs allemandes de la France », paru dans la Tribune du 23 mars 2021, mérite réponse. L'auteur, « Vauban » , se définit comme le regroupement d'une vingtaine de « spécialistes des questions de défense. » Vauban est l'un des grands hommes de notre histoire, pas uniquement d'ailleurs pour son œuvre militaire, mais le recours à son nom évoque l'érection de citadelles autour du pré carré d'une France assiégée. La référence à deux reprises à Jacques Bainville, cet historien d'Action française, qui, s'il pressentit lucidement les méfaits d'Hitler, jugea surtout le Traité de Versailles insuffisamment dur envers l'Allemagne, montre une pensée voyant la guerre héréditaire entre nos deux pays se poursuivre. L'on ne peut éviter de songer à un club de « spécialistes des guerres d'antan ».

Nulle question d'Europe dans leur raisonnement, sinon pour la décrier, nulle question de ces hommes, Monnet, Adenauer, Gasperi, Spaak, qui dirent après la dernière Guerre « plus jamais cela » et lancèrent, dans une idée de réconciliation généreuse, la construction européenne. Néanmoins installons-nous sur le terrain de la Realpolitik, dont « Vauban » semble adepte.

Les « nations européennes ne font plus le poids  »

S'écarter du fantasme d'une fausse grandeur et s'appuyer sur l'Europe pour compter dans le monde

A cause de son énorme avance dans les domaines de la science, de la technique, des transports, des armements, de l'organisation étatique et militaire, l'Europe pouvait aux XVIIIe et XIXe siècles, tout en se présentant divisée, dominer le monde. Plusieurs pays européens se constituèrent ainsi de vastes empires. Cette période est révolue. Les empires coloniaux sont morts ; il n'en subsiste que des restes et la nostalgie, notamment chez les Britanniques, voire chez nous. L'Europe s'est terriblement affaiblie dans les deux Guerres mondiales, dont elle a été à l'origine, et l'avance évoquée ci-dessus n'est plus.

Au contraire, des « Etats-continent », puissances planétaires constituées ou en cheminement, qui s'appellent Etats-Unis, Chine, Russie, Inde, représentent pour l'Europe un considérable défi. Pour ces puissances, il serait plus aisé d'être dans un rapport bilatéral avec chacun des Européens, en position de faiblesse, plutôt que de faire face à une Europe unie, qui représente déjà la première force commerciale mondiale et la seconde économique. Face à ces « Etats-continents », nos vieilles Nations européennes ne font, isolées, plus le poids, ni le Royaume Uni ni la France ni l'Allemagne.

Même si le lien bilatéral avec la France y est volontiers cité, dans la récente « Revue intégrée » du gouvernement de sa Majesté, le concept de « Global Britain », dont l'exemple semble exercer quelque séduction sur « Vauban », signifie s'inscrire résolument dans l'alliance avec les Etats-Unis et dans le giron de l'OTAN, avec la volonté de redevenir une grande nation « mercantile. » Serait-ce l'ambition de « Vauban » pour la France ?

Dans son raisonnement d'une France « grande puissance mondiale », nous nous tournerions vers des pays comme l'Inde de Modi, qui sombre dans un nationalisme hindou peu conforme à nos valeurs, ou, plus loin encore, vers l'Indonésie, plutôt que vers nos voisins de l'Europe des démocraties, dont l'Allemagne, réduite à une nation « mercantile ». L'Allemagne serait un étranger absolu, dont « on ne connaît rien (ni langue ni culture ; ni mentalités ni constitution) ». Ces « spécialistes » songent-ils seulement que le nom « France » vient des Francs, un peuple germanique, et que nos deux pays sont issus d'un même empire, celui de Charlemagne et ne se sont constitués que sur une période de plusieurs siècles ?

Quand « Vauban » esquisse pour la puissance mondiale France « des opérations de projection (au Mali comme en Indo-pacifique) », il néglige apparemment le fait que notre intervention au Sahel s'appuie sur un dispositif de soutien américain significatif et la présence, même si elle est insuffisante, de plusieurs pays européens. Quant à une projection en « Indo-pacifique », qu'il n'hésite pas à envisager, comment notre pays s'y lancerait-il, sauf en supplétif des Américains, éventuellement au sein de cette OTAN, dont « Vauban » veut s'émanciper ? La prise du Palais d'été en Chine au XIXe siècle ou la guerre d'Indochine font, heureusement, partie d'un passé aboli.

Même si nous croyons en la vocation mondiale de notre pays, sortons des fantasmes d'une fausse grandeur, qui ne correspond plus aux réalités du monde d'aujourd'hui. Notre Nation continuera à compter sur la scène planétaire grâce et à travers l'Europe. Ce qui est vrai aussi pour l'Allemagne. Voici un premier point commun à nos deux démocraties européennes.

Rôle déterminant du « couple franco-allemand »

S'il y des différences entre elles qui ne sont pas à nier, les exacerber ne sert à rien et surtout pas à leur donner, à l'une et l'autre, plus de force. Oui, la France garde le regard plus orienté vers le vaste monde, tandis que l'Allemagne, par sa position géographique et son histoire, est plus tournée vers l'Europe centrale. Cependant, la France aussi est une puissance continentale et l'Allemagne, par sa capacité exportatrice et son rayonnement propre de grande nation culturelle, envisage le monde entier dans sa politique étrangère.

Oui, la culture militaire des deux pays n'est pas identique : tradition française d'opérations militaires à l'extérieur, décidées par un président apte à les mettre en œuvre sans délai ; tradition de retenue stratégique allemande, issue des leçons de la Seconde Guerre mondiale, avec un contrôle vigilant du Bundestag sur les interventions hors des frontières. Cela n'a pas empêché l'Allemagne, qui s'est engagée militairement en Afghanistan, de lutter contre l'extrémisme musulman, comme la France le fait au Sahel. Cela a évité à l'Allemagne d'intervenir en Libye, comme nous l'avons fait, bien légèrement.

Le penchant atlantique est plus fort en Allemagne, dont l'armée s'est effectivement construite au sein de l'OTAN, la vision française est plus marquée par l'autonomie, ce qui ne l'empêche pas de s'appuyer sur le concours américain, au Sahel ou hier en Libye. La France milite plus fortement pour la nécessaire « autonomie stratégique » de l'Europe, ce qui n'empêche pas nos deux pays de se rejoindre dans l'idée d'une « Europe puissance », capable de conduire elle-même des interventions.

Par-delà leurs disparités, France et Allemagne sont au cœur de l'avancée de l'Europe. Les « couples » de Gaulle-Adenauer, Giscard-Schmitt, Mitterrand-Kohl ont bien existé. Le fruit de leur œuvre est exceptionnel : la réconciliation franco-allemande ; une Europe prospère et libre, respectueuse des droits de l'Homme, à laquelle on rêve d'accéder depuis tant d'endroits de la planète ; une économie qui représente la première puissance commerciale mondiale ; l'euro, qui est la deuxième monnaie de réserve sur terre (20 % des réserves de change des banques centrales, certes derrière le dollar, mais très loin devant le yen japonais, le yuan chinois ou la livre britannique, devises dont aucune ne dépasse les 5%) ; une Union, avec sa citoyenneté, qui est en mesure de s'affirmer encore plus sur la scène mondiale, pourvu que les Européens restent unis et que le « moteur franco-allemand » fonctionne.

Ce « moteur » n'existe pas que dans l'imagination des Français.Si les membres de « Vauban »regardaient la télévision ou lisaient les journaux d'outre-Rhin régulièrement, ils verraient, outre l'ampleur du débat démocratique, que la France et son président sont très présents dans la pensée allemande, plus sans doute que ne l'est l'Allemagne et sa chancelière dans la nôtre. Sans le « couple franco-allemand », il n'y a plus d'Europe, et nos Nations seront seules face au monde et à ces puissances planétaires qui imposeront leur loi. Si nous voulons éviter cela, il faut coopérer.

S'appuyer sur le couple franco-allemand

S'appuyer sur le couple franco-allemand pour la coopération européenne dans le domaine de l'armement, en tirant les leçons du passé

Sur la coopération en matière d'armement, il est faux d'affirmer que la France « s'engage en pays inconnu [...] et dans une aventure plus sentimentale que rationnelle ». La coopération avec l'Allemagne ne date pas d'hier. Commencée dès la fin des années 50, elle a fourni et continue à fournir aux forces allemandes et françaises des équipements répondant à leurs besoins : avions de transport Transall C160 et A400M, avion d'entrainement Alpha Jet, avion de patrouille maritime Atlantic ou hélicoptère de combat Tigre. Les plus récents, le Tigre et l'A400M, sont utilisés avec succès sur les différents théâtres d'opérations où nos deux pays sont engagés.

Cela fait plus de 60 ans qu'ils développent et produisent ensemble des capacités pour leurs armées. Évidemment, il a fallu, chaque fois, une raison sérieuse pour préférer la coopération, qui n'est jamais simple, à une solution nationale. La première des motivations, c'est le financement du programme, et plus précisément le partage des coûts de développement. L'A400M, comme la plupart des programmes conjoints qui l'ont précédé, n'aurait jamais vu le jour en Europe sans la coopération entre plusieurs pays.

Dans les années 80, cette motivation financière n'a certes pas empêché la France de renoncer à la coopération avec ses principaux partenaires européens pour développer un nouvel avion de combat et lancer seule le programme Rafale, laissant l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Royaume Uni développer, sans elle, l'Eurofighter. Par la suite, les difficultés de financement ont inévitablement obligé la France à retarder la mise en service du Rafale dans l'armée de l'air et à étaler les livraisons. Le programme Eurofighter n'a pas fait mieux, pour la même raison ou pour d'autres liées à une organisation industrielle non optimisée, à cause notamment du principe du « juste retour ». Et l'Europe se retrouve aujourd'hui sur les marchés export avec deux avions concurrents, voire trois avec le Gripen suédois, donc en situation de faiblesse face à la concurrence américaine.

Certes, la coopération nécessite d'abord de longues négociations, chaque partenaire s'efforçant d'obtenir les meilleures retombées industrielles et affichant parfois pour cela des besoins irréalistes. Longtemps ce principe du « juste retour » a constitué un poison pour les programmes en coopération. C'est en son nom que, dans le passé, on a observé dans tant de programmes des duplications ou de mauvais choix industriels, sources de délais ou de surcoûts réduisant d'autant les bénéfices de la coopération. Pour remédier au problème et améliorer la gestion des programmes conjoints, l'Allemagne et la France, rejointes par l'Italie et le Royaume Uni, ont décidé de créer dans les années 90 l'OCCAR (Organisme Conjoint de Coopération en matière d'Armement), par une convention qui bannit la notion de « juste retour » [1].

L'autre poison dans ces négociations, c'est le manque de confiance entre partenaires et son corollaire, le mépris de l'autre, que l'on juge d'autant moins compétent que ce manque nuit aux échanges d'informations pertinentes. Il est vrai que,depuis des décennies, la France a beaucoup plus investi en matière de défense que ses partenaires européens. L'Allemagne en a longtemps été empêchée après la Guerre, alors qu'elle a dû livrer aux Alliés de brillants ingénieurs. On ne peut nier aujourd'hui la compétence des ingénieurs allemands dans maints domaines et la comparaison avec la France au plan budgétaire évolue rapidement : le budget de défense allemand est en train de dépasser le nôtre en valeur absolue.

La France a-t-elle vraiment le choix pour le développement des grands programmes futurs, notamment le SCAF et le MGCS [2], que l'on doit au demeurant qualifier de systèmes de systèmes et ne plus voir de façon simpliste comme un avion ou un char de combat ? Nous pensons que non. Elle n'a plus les moyens de les financer seule, encore moins que pour la génération précédente. Elle doit le faire en partenariat, en premier lieu avec l'Allemagne, mais aussi avec d'autres États européens. Un échec des négociations avec l'Allemagne et l'Espagne sur le SCAF encouragerait ces dernières à rejoindre le programme Tempest proposé par le Royaume Uni à d'autres partenaires - un camouflet politique pour la France à l'heure du Brexit - ou, pire, à se tourner vers les Etats-Unis, dont le F35 pompe déjà une grande partie de plusieurs budgets de défense européens.

L'Allemagne et l'Espagne ont aussi beaucoup à perdre en cas d'échec. Elles ne retrouveront pas dans un autre schéma les mêmes opportunités de développement industriel, outre qu'elles devraient se souvenir des conséquences néfastes qu'ont eues dans le passé, sur de nombreux programmes en coopération, de mauvais choix industriels, des maitrises d'œuvre insuffisamment solides ou des engagements financiers irréalistes, impossibles à tenir sur le long terme faute de ressources suffisantes. Même si le programme A400M, exemplaire à bien des égards, a produit en un temps record un avion remarquable, n'en déplaise aux contempteurs de la coopération, il faut aussi tirer les leçons des erreurs qui ont été faites et qui ont trop longtemps écorné l'image de ce magnifique projet, en dépit des précautions prises lors de son lancement [3].

La coopération, seule solution gagnante

Pour les programmes futurs, la nécessité s'impose de coopérer entre partenaires européens pour partager les coûts de développement. Chaque pays ne peut plus assumer seul ces dépenses. C'est vrai pour la France comme pour ses partenaires. Le repli national n'est pas la solution : ce serait à terme une mort lente assurée ! Les États européens ont tout à gagner à travailler ensemble : c'est ainsi qu'ils construiront à terme une défense crédible et autonome, s'appuyant sur une industrie solide et compétitive.

[1] L'OCCAR a fêté au début de cette année ses 20 ans d'existence et gère déjà plus d'un quinzaine de programmes.

[2] SCAF : système de combat aérien du futur ; MGCS : Système de Combat Terrestre Principal, abrégé en anglais MGCS pour Main Ground Combat System.

[3] Voir le rapport n°627 du 4 juillet 2012 de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat sur ce programme.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/04/2021 à 21:47 :
Ce papier relève plus de l'incantatoire euro-gaga que de l'exposé de vrais arguments. Ces gens là vendraient leur mère au nom de l'Europe. l'A400M et le Tigre des modèles de réussite ? Rien que cette affirmation révèle la médiocrité de ce billet. Doit-on rappeler le coup foireux des allemands qui ont frauduleusement sur-évalué leur intention de commande pour avoir le maximum de partage industriel et ensuite réduire honteusement leurs commandes une fois que les usines étaient construite. Et le Tigre ? Tellement une réussite qu'ils n'en veulent plus pour acheter des apaches US. Les espagnols ne sont pas en reste, on devrait se rappeler aussi de la trahison sur le Scorpene, ils nous ont volé la techno pour finalement s'allier avec les US et proposer un concurrent. Le karma a voulu que leur projet S-80 se transforme en fiasco et certainement que jamais il sera un concurrent sérieux au Scorpene. Franchement on peut pas en vouloir à la France de tendre la main et faire des concessions mais à un moment faut dire stop il y a bien trop longtemps qu'on aurait du le faire. Pour un couple il faut être deux et on peut pas forcer qu'elle qui ne veut pas à vous "aimer"pour qu'il fonctionne. Et puis la dernière vrai référence qu'on a entre cooperation vs. projet en solo c'est le Rafale vs EF et là j'ai même pas besoin d'en dire plus...
a écrit le 31/03/2021 à 2:12 :
Il n'y a qu'une chose qui cloche, les Allemands n'ont que faire de cette "puissance" Politique. Pour eux ils ont perdu la guerre et l'histoire est terminé.
Il n'y a qu'une certaine "élite" Française qui fantasme sur une puissance européenne.
Mais pour tout les autre pays européens ce n'est qu'une lubie française
a écrit le 30/03/2021 à 23:49 :
Les auteurs de cet article remontent jusqu'à la deuxième guerre mondiale pour justifier le retard de l'Allemagne... en oubliant de dire que pendant les 4ans d'occupation, celle- ci a interdit à l'aéronautique française de progresser et a réquisitionné nos ingénieurs pour participer à l'effort de guerre allemand. Soit on ne dit rien, soit on dit toute la vérité !
a écrit le 30/03/2021 à 19:03 :
La France a déjà beaucoup cédé. C'est à l'Allemagne de le faire, c'est elle qui bloque tout, une fois de plus !
a écrit le 30/03/2021 à 18:23 :
L'Europe des Nations fonctionnerait mieux comme aux origines de la communauté
avec des accords intelligents comme les projets Airbus de l'époque en utilisant quelques partenaires motivés pour différents projets. Une nouvelle intelligence politique est possible, sans violer les peuples souverains !
a écrit le 30/03/2021 à 16:02 :
Je pense qu'il faut une très grande discussion avec nos plus grands alliés les plus proches géographiquement (l'Allemagne) et historiquement (l'Allemagne et l'Espagne et pourquoi pas l'Italie) et laissé les anglais de côté tout en observant leur évolution avec nous (l'Europe) mais je suis convaincu de l'Europe unie sur la base de l'idée franco allemande.
a écrit le 30/03/2021 à 14:19 :
Patrick Bellouard a, encore avant, son passage à l'OCCAR, occupé un poste de premier plan au sein de la DGA, en charge de tous les programmes aéronautiques. Il est impossible de contester son expertise. Et son expérience vécu. La réussite des programmes Tigre et A400 lui sont bien imputables. Les limitations subies dans le programme Rafale (du fait, justement, de l'absence de coopération européenne, il doit les connaitre mieux que quiconque.

Aussi, c'est vraiment une voix autorisée qui s'exprime ici. Maintenant, il est vrai que cette coopération européenne a vraiment du mal à se mettre à se mettre en place et il faudrait tout de même définir pour quelle doctrine militaire.
Réponse de le 03/04/2021 à 4:44 :
Et bien, s’il a été impliqué dans les programmes tigre et a400m, il doit quand même être au courant de tout ce qui cloche, non? Et ces 2 programmes ne sont pas ce que l’on peut appeler des réussites, non? Le Tigre s’est très mal vendu et a un MCO élevé. L’A400M a eu 100% de dépassement de coût de développement, lié aux manquements espagnoles en conduite de programme et Allemands sur le fadec. On peut le dire ou c’est interdit?
Non, on ne peut pas affirmer que la coopération européenne est toujours une bonne chose. L’exemple eurofighter / rafale est là pour le rappeler.
Sur le plan financier, on peut aussi démontrer que la présence d’énormes budgets n’est pas synonyme de réussite. Le contre exemple du F35, du B2, du B1, de Zumwalt et LCS sont là pour le rappeler. Tous ces programmes ont conduits à de mauvais produits, inaptes au combat réel, alors qu’ils disposaient de budgets conséquents.
L’erreur est dans le montage des programmes. Les compétences d’intégration peuvent rester nationales. Ce qui compte, ceux sont les fournisseurs de rangs 2 ou 3. C’est à ce niveau que devraient pouvoir s’ouvrir des coopérations. Sur l’intégration, ce n’est pas mûr. Au delà,en terme de réflexion, une politique résolue de start-up, de prototypages et de démonstrateurs serait bien plus intéressant pour stimuler la réflexion et l’émulation.
a écrit le 30/03/2021 à 11:33 :
Encore cette apologie de Monnet qui était pourtant proche des américains. C'est un fait bien connu aujourd'hui mais les Européistes de la Tribune préfèrent mettre les oeillères dans cette analyse. l'Allemagne a des intérêts divergeants des nôtres et ne se prive pas pour faire de l'ingérence au nom d'une "coopération". Ce "couple" dont la sémantique est voulue par ses adorateurs n'a rien d'une relation idyllique.
Bref les arguments ne volent pas haut et à part pour influer l'opinion générale des incultes votre torchon ne constitue en rien une réponse pertinente au rapport de Vauban
Réponse de le 30/03/2021 à 14:37 :
Erreur sur toute la ligne en aucun les brevets de Dassault ne doivent partir en Allemagne cela suffit.
Réponse de le 30/03/2021 à 21:35 :
BRAVO!
Voir le responsable des FIASCOS que sont le Tigre et l'A400M, qui sont des programmes zombies, des éléphants blancs de l'européïsme qui n'ont démontré que l'inanité d'Airbus, venir pérorer sur le futur, alors que le modèle qu'il invite à suivre est celui du tagazou déglingué qu'est l'Eurofighter, pour un programme dont on ne connaît même pas encore le prix final, c'est proprement innommable.
a écrit le 30/03/2021 à 9:54 :
L’Allemagne ne sait pas faire des avions, elle ne sait plus faire de blindés, elle sait à peine faire des navires - à condition qu’ils ne soient ni trop gros, ni trop complexes. Ca ne la dérange pas. Elle exporte relativement peu et donc force des lois restreignant les exports d’armement (au détriment, notamment, de la France). Et cette tendance, avec les poids des Verts, ne va pas s’atténuer.

Mais c’est pas grave. Avec un long plaidoyer la main sur le coeur, les zeuropéistes vont nous expliquer qu’après avoir donné Nexter à KM, après être passé de très près de la catastrophe qu’aurait été la fusion d’Airbus avec BAe voulue par l’Allemand Tom Enders, qui aurait complètement isolé la France dans la gouvernance de l’avionneur, il faut maintenant que Dassault apprenne à Airbus, infoutu de faire un avion de combat, à en fabriquer, en lui filant les clés dans une alliance déséquilibrée. Mais oui.

Alors que l’Allemagne achète des F18 sur étagère sans même regarder ce que font ses voisins, et que l’EM de la Luftwaffe couine pour acheter des F35 en dépit de l’échec patent de ce dernier. Mais oui. Moi, je ne sais pas pourquoi, mais je trouve l’avis de Vauban, en dépit du petit procès débile en nationalisme qui lui est fait ci-dessus (Bainville et l’action francaise, il manque « les masques tombent », « il est fécond » et tutti quanti), assez convaincant...
a écrit le 30/03/2021 à 9:37 :
Merci de cette reponce au groupe de pression Vauban.
La coopération est impérative... nous devons nous entendre avec les Allemands..rejet les américains et leur vassaux anglais.
Ils y vas de la survie le l,union et de la france souverains...
Réponse de le 02/04/2021 à 10:23 :
les allemands approuvent votre post. merci de ns donner les brevets
a écrit le 30/03/2021 à 7:50 :
Votre euopéisme béat à" la tribune " me laisse penser au,vu de l' actualité, que vous êtes de doux rêveurs ! Le couple Franco- Allemand, celui de la défense ?celui de la santé ?des affaires étrangères ? Non ça n' éxiste que dans la tête de personnes qui ne veulent voir la vérité en face...
Réponse de le 30/03/2021 à 9:42 :
Nous ne somme plus rien devant les etat nation. Souhaitait vous etre un pays vassaux des usa ..
Seul l'Union et un etat fédéral nous laisse une chance , car nous somme deja vaincus par leur puissance economique , démographique et militaire .
a écrit le 30/03/2021 à 2:42 :
Les verts ( anti armées ) majoritaires dans la future majorité politique Allemande,
en Sept, compromettent le SCAF et toute coopération industrielle militaire

La coopération militaire aérienne et navale ne sera possible et fructueuse qu'avec
Le Royaume Uni
Réponse de le 30/03/2021 à 9:47 :
Surtout pas car ils reste vassaux des usa et apres le Brexit, ils est claire qu'ils refusent toute ambition d'union fédéral... ils espèrent infléchir la politique des usa .. voie devenir le 52 etat américain et dominé cette ancienne colonie...MDR
a écrit le 30/03/2021 à 2:23 :
Les Américains nous ont volé Technip et ses brevets acquis avec les impôts français, puis Alstom de manière toute aussi incroyable. Et il y a d'autres exemples! Les Allemands ont mis le pied dans Airbus; se sont rendus maîtres de la production des chars Leclerc ; maintenant ils voudraient la maîtrise et le savoir Dassault pour eux. Nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours. On se croirait en qq sortes dans la période front populaire pré 2eme GM lorsque l'Allemagne s'armait tendis qu'on se berçait d'illusions chez nous.
Il faut cesser ce massacre!
Réponse de le 30/03/2021 à 9:59 :
Comme nous refusons de nous entendre avec nos alliés européens, ons nous ruine dans des projets militaire qui ne s'exportent pas correctement...Donc notre économiquement nous restons une cible de choix .(OPA sur nos industries).
Personnellement, je regrette de devoir vendre une entreprise, mais qui a avoir un nouveau patron, je prefaire un européens que un étranger non européens.
Regardé la GB , le volonté de rester souverain et vassaux des usa , a conduitsa une disparition de toute indépendance economique ... toute les grandes entreprises anglaise ons était rachetée par des groupes étrangers..
Donc nous devbons nouus entendre entre européens.
a écrit le 29/03/2021 à 12:06 :
"une économie qui représente la première puissance commerciale mondiale ; l'euro, qui est la deuxième monnaie de réserve sur terre (20 % des réserves de change des banques centrales"

C'est marrant de mettre cela en avant et de critiquer le caractère "merkantil" de l'allemagne... Dont le mercantilisme est la raison de cette position de puissance commerciale... avec cette petite nouveauté, les anglais le serait aussi... mercantiles...
(il faut comprendre mercantile : qui a un meilleur succès commercial que la France)

Quand dans le même temps nos industriels (qui fabriquent à façon quelques unités chercher l'erreur) de l'armement pour le coup sont de véritables boutiquiers dont on ne cesse de venter les mérites quand ils vendent la plupart du temps, au nations arabes, leurs joujoux sophistiqués.
a écrit le 29/03/2021 à 11:46 :
Une coopération équilibrée ,certe .Mais actuellement il reste des incertitudes et de réels problèmes .En Allemagne une prochaine coalition ,où figureront les Écologistes, est probable .Leur programme ,en matière d'armement comme dans d'autres ,est frontalement inconciliable avec la vision française .L'exportation de matériel de guerre soumise au bon vouloir des Verts ?Alors qu'elle est vitale pour notre sécurité ? D'autre part le successeur du Rafale doit pouvoir se poser sur un porte-avion et être apte à assumer sa part de dissuasion nucléaire . Préoccupation partagée ? .Enfin les codes américains , nécessaires pour que la Luftwaffe puisse continuer à être en mesure de larguer une vingtaine de bombes US vont être exigés .No problem ? Si l'on ajoute les transferts de technologie à sens unique ,le SCAF ,et malheureusement la coopération sur les blindés ,doivent être stoppés .Une autre architecture de coopération est certainement possible .
a écrit le 29/03/2021 à 11:32 :
Il n'y a pas que l'Allemagne en Europe et il faut arrêter avec cette expression insupportable utilisée uniquement de ce côté du Rhin de "couple franco-allemand". Il n'existe tout simplement pas, il n'y a pas d'équilibre entre ces 2 pays et ce n'est certainement pas le pays européen avec lequel la France peut le mieux s'entendre en particulier du point de vue industriel et militaire.

La vision allemande de l’Europe de la défense c’est défendre l’industrie allemande.

En l’occurrence l’Allemagne souhaite récupérer une industrie allemande capable de construire un avion de chasse sur le dos des naïfs français, en utilisant (pillant ?) les connaissances et compétences d’un des 2 seuls industriels européens compétents, à savoir Dassault Aviation. Il n’y a que 2 avionneurs européens capables de mener un projet avec un avion de chasse de nouvelle génération (NGF) dans le cadre du SCAF en Europe aujourd’hui : Dassault Aviation et BAE Systems. BAE est déjà parti avec le tempest en tentant d’agréger autour de lui. Dassault aviation doit faire de même. Aujourd’hui l’Allemagne en est parfaitement incapable puisque dans le cadre de l’Eurofighter les compétences essentielles sont du côté du Royaume-Uni avec BAE systems.

Le problème c’est que Macron a imposé à Dassault Aviation l’Allemagne comme pays partenaire pour des raisons idéologiques et politiques, ce qui est une erreur monumentale.

Il semble prêt à sacrifier les compétences industrielles françaises uniques en Europe en matière d’avion de combat, acquises depuis des décennies avec les impôts des Français, sous l’impulsion en premier lieu du général de gaule pour satisfaire l’Allemagne. C’est une des rares compétences qui reste en France, il faut absolument la conserver et ne pas donner ça aux allemands sur un plateau.

La seule chose que devrait faire Macron c’est dire à Dassault Aviation : « on va faire un SCAF européen : trouver nous des partenaires industriels européens » mais sans lui imposer un pays, et en l’occurrence il vaut mieux éviter l’Allemagne sauf énorme concessions de leur part.

On verrait alors sans doute d’autres pays prêts à rejoindre la France et Dassault Aviation au travers de leurs industriels comme l’Italie, la Suède peut être l’Espagne mais à des conditions qui permettrait à Dassaut aviation d’avoir un vrai leadership pour réussir ce projet industriel européen, tout en conservant les compétences clés en France. C’est-à-dire reproduire le modèle du Neuron.
La coopération européenne, oui, mais pas celle proposée avec l'Allemagne au travers du SCAF et du MGCS. L'Allemagne ne pense qu'à sa propre industrie en utilisant les autres pays européens.
a écrit le 29/03/2021 à 11:21 :
On nous vante les bienfaits de la compétition et de la concurrence, mais on reconnait pourtant que la coopération est bien meilleurs (militaire, spatiale, écologique). Les sociétés américaines arrivent pourtant à élaborer seules des projets pharaoniques. La France a prouvé qu'elle était capable de construire seule des centrales nucléaires, une infrastructure ferroviaire, un porte-avion, un sous-marin... La perte de souveraineté dans toutes ces technologies serait très préjudiciable à notre pays. L'Europe nous a été utile que pour le marché commun. Comme le marché est aujourd'hui mondialisé, l'Europe ne nous sert plus à grand chose.
a écrit le 29/03/2021 à 10:10 :
Cette tribune tombe à plat. En effet, personne de sérieux sur le SCAF ne remet en cause le principe même de la coopération : Eric Trappier lui-même explique que son plan B est en fait le modèle Neuron, réalisé à 7 pays européens.
Ce que l'immense majorité de la communauté de défense rejette, c'est le modèle du SCAF, à 1/3 1/3 1/3, alors que le poids des pays, que ce soit concernant leur apport technologique ou leur prévision de commandes, est très éloigné de cette répartition. Cette répartition, qui revient à donner 2/3 du programme à Airbus et 1/3 à Dassault, est scandaleuse.
Ce que nous rejetons également, c'est une gouvernance impossible où le Bundestag aura la main, quasiment tous les ans, pour bloquer l'évolution du programme, exiger de nouvelles concessions de la part des Français, refuser un upgrade...
En un mot : la coopération oui, la naïveté, non. La coopération, mais dans le respect des apports de chacun : il ne s'agit pas uniquement de faire un chèque, il s'agit d'apporter une expertise, un savoir-faire, une expérience.
Une répartition du programme du type France 55%, Allemagne 30%, Espagne 15%, serait beaucoup plus réaliste, permettrait un vrai leadership et permettrait d'avancer.
C'est le modèle qu'on d'ailleurs retenu les Anglais avec le Tempest.
Réponse de le 29/03/2021 à 11:26 :
Entièrement d'accord avec vous.
Réponse de le 29/03/2021 à 12:49 :
Entièrement d'accord avec vous. bis
Réponse de le 29/03/2021 à 12:52 :
J'approuve.
Réponse de le 02/04/2021 à 10:02 :
approved
Réponse de le 03/04/2021 à 5:01 :
Bien dit! Et quand vous parlez de respect, le respect de la France dans les engagements, ce serait bien aussi. Le rapport à la règle, au contrat des allemands n’est pas le même que le nôtre. Ces « renégociations bundesratt » ne sont pas sincères. On a aucune raison de leur faire confiance.
a écrit le 29/03/2021 à 9:29 :
Emouvant plaidoyer pro-européen, avec les éléments de langage convenus "ensemble nous serons plus forts".. "nous n'avons plus (pas) les moyens de financer ça tout seul "... on entendait exactement les mêmes arguments il y a 20, voire 30 ans. Et citer l'incontestable agent américain Jean Monnet comme référence, donne le ton dès le début de l'article.
Et quand on lit : "L'Allemagne et l'Espagne ont aussi beaucoup à perdre en cas d'échec. Elles ne retrouveront pas dans un autre schéma les mêmes opportunités de développement industriel..." eh bien, franchement en tant que Français cela ne m'interpelle pas plus que ça. Pour quoi se donner du mal à financer les autres, et à tirer leur industrie vers le haut ? (ce qu'on a outrageusement fait en créant Airbus Military à Séville) Pareil pour les sous-marins, ces Agostas qu'on appris à faire aux Espagnols... pour les retrouver ensuite comme concurrents à l'exportation.
Pour les deux auteurs de cet émouvant article de commande :
- que le préfet de région se concentre sur ses études de sécurité intérieure, où il y a beaucoup à faire je crois, avant de venir nous parler de futur avion de combat..
- et pour l'ingénieur général à la retraite... c'est sûr que l'OCCAR a été un beau poste pour lui, qu'il n'aurait pas eu si cette agence n'avait pas existé. Un peu comme ces généraux qui défendent l'OTAN... de leurs confortables bureaux de Bruxelles ou de Norfolk, qu'ils n'auraient pas eu sinon.
Quant à EuroDéfense (France ou autre) renseignez-vous un peu sur ce qu'ils sont vraiment, et vous aurez compris.
Réponse de le 29/03/2021 à 11:40 :
D'accord sur tous les points.la politique de l'autruche a encore malheureusement de beaux jours devant elle avec tous ces naïfs.
a écrit le 29/03/2021 à 8:57 :
Si Vauban exprimait clairement , non sans raison et arguments , notamment industriels , une méfiance envers les partenaires allemands , soucieux avant tout de leurs intérêts , ce duo d'indécrottables tenants de la coopération à tout prix ne convainc personne ; c'est de l'idéologie européiste pure , habillée d'un paravent pseudo-financier , avec pour couronner le tout , l'ineffable tarte à la crème du"couple franco-allemand" , le conte pour enfants sages qu'on sert aux français depuis des lustres . Et qu'on met à toutes les sauces . Après , quand on regarde ceux qui s'expriment ici , on comprend tout de suite . Chacun son fromage...
Réponse de le 29/03/2021 à 22:15 :
Arrêtez. Vauban a été complètement ridicule.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :