Madagascar se relance à Paris avec des milliards de dollars de promesses d'investissements

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Le président malgache Hery Rajaonarimampianina  lors d'un précédent déplacement à Paris, à l'occasion de la COP21, en novembre 2015.
Le président malgache Hery Rajaonarimampianina lors d'un précédent déplacement à Paris, à l'occasion de la COP21, en novembre 2015. (Crédits : Reuters)
Au lendemain du Sommet réussi de la Francophonie, la Grande Île, qui vient de retrouver une certaine stabilité politique, cherche à relancer son économie qui ne manque pas d'atouts. Lors d'une conférence qui vient de se tenir à l'Unesco, Madagascar a cumulé 6,4 milliards de dollars de promesses d'investissement public.

« Avec 6,4 milliards de dollars, les promesses d'aide publique ont dépassé largement nos attentes. D'autant plus que la communauté des affaires annonce des engagements et projets dans le secteur privé autour de 3,5 milliards de dollars. C'est une conférence historique pour Madagascar ». Le président malgache Hery Rajaonarimampianina exultait à l'issue de la Conférence organisée à l'Unesco et réunissant à Paris les 1er et 2 décembre des bailleurs de fonds et investisseurs pour Madagascar en présence de nombreuses personnalités de premier plan du monde des affaires et des institutions internationales comme la Banque mondiale, la BAD, le FMI ou le PNUD.

Au lendemain du XVIe Sommet de la Francophonie d'Antananarivo (26-27 novembre), qui a remis la Grande Île sous les feux des projecteurs, les autorités malgaches font le maximum pour « vendre » leur pays qui - de fait - n'avait pas réussi depuis bien longtemps à mobiliser autant d'acteurs décidés à participer à son développement économique en raison d'une instabilité politique chronique.

« Voilà huit ans que s'est tenue la dernière réunion des amis de Madagascar avant les événements qui ont vu le pays sombrer », observait d'ailleurs le chef de l'État, en assurant que le pays était « maintenant sur la voie de la stabilité politique qui doit aller de pair avec le développement économique ». Et celui-ci d'ajouter : « Les réformes commencent à porter leurs fruits, même si je suis conscient qu'il reste beaucoup à faire pour permettre à notre économie de décoller ».

« Plus de 73 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour ! »

Présente à cette Conférence, Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l'OIF, n'a pas manqué de souligner que « ce sommet réussi illustre le retour plein et entier de Madagascar au sein de la communauté internationale et témoigne du dynamisme de ses autorités et de sa population ». Tous les espoirs de reprise économique sont donc permis, mais il y a bien  évidemment des priorités. « J'y vois non une consécration mais un point de départ, a-t-elle poursuivi, car Madagascar baigne au cœur des eaux les plus poissonneuses du monde [et] a besoin de la confiance des investisseurs dans de nombreux secteurs », à commencer par celui précisément de l'économie bleue et de toutes les ressources halieutiques liées à la mer. Sans oublier des secteurs aussi importants pour son développement que ceux de l'énergie et de l'agriculture.

Mais à l'applaudimètre, c'est incontestablement le président de la BAD (Banque africaine de développement), le Nigérian Akinwumi Adesina, qui a eu le plus grand succès en faisant la première annonce d'une contribution majeure d'1 milliard de dollars que la BAD se propose de mobiliser « pour accompagner les efforts de Madagascar » et son Plan national de Développement (PND) 2016-2019 pour « faire passer ce pays, qui revient de loin, de l'ère de la pauvreté à celle de la prospérité ». Et envoyer au peuple malgache un « message d'espoir, de soutien et de solidarité ». Et ce dernier de rappeler en effet que ce pays de l'Océan indien est une des premières victimes du réchauffement climatique avec une succession de sécheresses ou d'inondations catastrophiques, tandis que « 73,7 % de sa population vit aujourd'hui en-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour ! »

« Madagascar possède un énorme potentiel », mais il faut « passer d'une agriculture traditionnelle de subsistance à une agriculture moderne et exportatrice », souligne encore Akinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l'Agriculture, qui confie avoir visité pour la première fois la Grande Île en septembre dernier et être tombé sous le charme.

« Préserver ce sanctuaire mondial de la biodiversité »

Madagascar ne manque en effet pas d'atouts et de charmes pour les touristes comme pour les investisseurs. « Investir dans le capital naturel de la Grande Île, c'est assurer la sécurité et le développement de tous les autres secteurs économiques », assure ainsi Mme Johanita Ndhahimananjara, ministre de l'Environnement, de l'Ecologie et des Forêts, qui révèle six projets phares identifiés pour que Madagascar - qui dispose à ce jour de 123 aires protégées couvrant 11 % du territoire national - puisse sauvegarder sa biodiversité et ses écosystèmes avec une faune et une flore bien souvent uniques au monde. Un « capital naturel » qui représente plus de 50 % de la richesse du pays (hors ressources minières). L'objectif  est notamment de relancer le tourisme, deuxième source de devises su pays, et d'atteindre rapidement 375 000 touristes par an.

Faire passer le taux d'investissement à 20 % du PIB

« Il nous faut préserver ce sanctuaire mondial de la biodiversité, c'est le meilleur rempart de Madagascar contre le changement climatique », renchérit le président de la République, déterminé à donner la priorité au développement rural (agriculture, pêche, élevage) avec l'ambition de « réduire la pauvreté et améliorer la qualité de vie de mes compatriotes ». Il fixe donc comme objectif au gouvernement d'atteindre au moins 6,5 % de taux de croissance.  « Nos seuls efforts seront insuffisants », reconnaît-il cependant, en soulignant encore davantage la nécessité de relancer les investissements pour atteindre ce but.

Après une légère reprise économique en 2016 (une inflation plutôt modérée de 6,4 % et un volume des exportations en hausse de 5,6 %), le taux de croissance attendu est de : 4,5 % en 2017, 5,6 % en 2018 et 6,5 % en 2019. Le pays semble donc à nouveau sur la bonne voie , « sous réserve, précise néanmoins le ministre de l'Economie et du Plan, Herilato Raveloharison, que le taux d'investissement - qui représente actuellement 15,3 % du PIB - dépasse rapidement les 20 % ».

Mais Madagascar peut désormais compter sur l'appui de pays amis comme le Royaume du Maroc. Présent à l'UNESCO, le ministre marocain de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement, Moulay Hafid El Alamy, observe qu'en se rendant à Madagascar, en novembre dernier, le Roi Mohamed VI a ouvert la voie et donné l'exemple. Et permis ainsi au Royaume - en signant 22 accords et 19 conventions - de participer à sa manière au « PND de grande qualité » de ce pays. Avant de conclure son intervention en deux mots résumant parfaitement les travaux de cette conférence : « Aidons Madagascar ! ».

En savoir plus sur les opportunités d'investissement à Madagascar :

www.cbi-madagascar.com

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