Budget 2025 : La défense de la Nation ne doit pas être sacrifiée !
Jean-Michel Jacques
En votant la censure du gouvernement, les calculs politiciens de quelques-uns ont porté un coup cinglant à notre défense nationale ! (Jean-Michel Jacques, député du Morbihan et président de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées)
DR
OPINION - La chute du gouvernement Barnier prive les armées de 3,3 milliards d'euros de hausse prévue dans le projet de budget 2025. Ces crédits supplémentaires permettaient de renforcer la préparation opérationnelle des armées (+ 364 millions d'euros), de moderniser la dissuasion nucléaire (+ 508 millions) et d'engager des programmes structurants (+ 1,45 milliard). Par Jean-Michel Jacques, député du Morbihan, président de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées, rapporteur de la Loi de programmation militaire 2024-2030.
En votant la censure du gouvernement, les calculs politiciens de quelques-uns ont porté un coup cinglant à notre défense nationale ! La chute du gouvernement, et donc l'absence de vote sur le projet de loi de finances pour 2025, a pour effet de reconduire le budget de 2024. En l'état, cela prive nos armées des 3,3 milliards d'euros de hausse prévus par la Loi de programmation militaire 2024-2030. Il en va pourtant de notre sécurité, de la place de la France dans le monde mais également, en partie de celle de l'Europe.
Cela intervient dans un contexte géostratégique particulièrement alarmant. L'effort militaire russe bat son plein en Ukraine. La Chine ne cache plus ses ambitions de puissance et remet en cause les fondements du droit international. Tout laisse à croire que le retour de Donald Trump sera synonyme d'un désengagement américain vis-à-vis de la défense du continent européen. Les menaces hybrides se multiplient. La menace terroriste persiste par-delà les frontières. Et la France dans tout cela ?
Budget des armées 2025 : perte sèche de 3,3 milliards
Le respect de la trajectoire du budgétaire de la Loi de programmation militaire est le prix de notre liberté et la garantie de notre souveraineté. Il n'y avait aucun gras dans le projet de budget de la défense présenté pour 2025 ! Les 3,3 milliards d'euros supplémentaires pour l'année à venir permettaient, entre autres, de renforcer la préparation opérationnelle de nos forces armées (+ 364 millions d'euros), d'engager des efforts pour la modernisation de notre dissuasion nucléaire - la clé de voûte de notre défense (+ 508 millions d'euros) mais également d'engager des programmes structurants pour équiper nos armées (+ 1,45 milliard d'euros).
Le prochain gouvernement aura l'impérieuse mission de présenter, en début d'année, un nouveau projet de loi de finances. Il est indispensable que l'effort de défense - ô combien nécessaire - soit poursuivi et respecte à l'euro près la trajectoire fixée en loi de programmation militaire. Trahir les engagements que nous avons consenti en faveur de nos armées serait une grave erreur d'appréciation : le budget des armées est un budget vital pour la Nation, dont les retombées irriguent l'ensemble de nos territoires ! Nous devons conserver à la France son autonomie d'analyse, de décision et d'action ; son statut de puissance d'équilibres et sa capacité à tenir le rôle de Nation-cadre aux côtés de nos alliés.
L'heure est à la responsabilité
En ces temps troubles, il n'est pas question de prêter le flanc à nos compétiteurs stratégiques. Il n'est pas question de saper la modernisation de notre outil de défense. Il n'est pas question de fragiliser les efforts engagés en lien avec les entreprises de notre base industrielle et technologique de défense, pour favoriser l'entrée dans une logique d'économie de guerre. Il n'est pas question de rompre la confiance établie entre la Nation et ses armées !
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Ceux qui ont voté la censure en ont délibérément décidé autrement pour la défense de la Nation. A bas les masques : visiblement, pour certains, il est facile de clamer qu'ils aiment l'État, le service public ou encore nos armées, mais il est plus difficile de le traduire en actes. Par opportunisme politique, le choix de quelques-uns engage une Nation toute entière. Pour la défense de la Nation, l'heure est à la responsabilité, et non au jeu des semeurs de troubles. A bons entendeurs.