Fini les pots au bureau : l'ambassadeur de la sobriété prend le pouvoir
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Souffler le chaud et le froid, ou plutôt le froid, voire le glacial, puis le chaud, voilà la stratégie à laquelle est condamné le gouvernement dont la communication sur les mois qui viennent cahote sur un chemin escarpé : entre dramatiser et rassurer, le voici à la merci de la présentation de la météo : « Winter is coming » disent les uns, à l'annonce par le chef de l'Etat de la fin de l'abondance. « Still Summer » a affirmé le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, mardi au Medef sous un soleil caniculaire, au lendemain d'une intervention de « la Première ministre » qui n'a pas hésité à brandir la possibilité de délestages voire de rationnements cet hiver tout en enjoignant les entreprises de lui soumettre d'ici octobre leur plan de sobriété (et de nommer un référent dédié à la chasse au gaspi). « Les entreprises n'ont pas attendu ces injonctions pour se préparer à la sobriété » lui répond dans La Tribune Patrick Martin, le numéro 2 du Medef.
Surtout, les Français découvrent, deux ans après un confinement révélateur des fragilités de notre économie en matière de santé, que la sixième économie mondiale pourrait se retrouver du jour au lendemain au bord du black-out énergétique. Un hiver très froid, en France et en Allemagne, en même temps, des livraisons de GNL américain retardées dans nos ports, voilà le scénario noir que craint Bercy. Pour prédire la croissance 2023, Bruno Le Maire va passer plus de temps à regarder les bulletins de Météo France que les chiffres de l'Insee...
Arrogance française ou simple déni de réalité ? Le même pays qui se sentait grâce au nucléaire à l'abri de toute crise de l'énergie se réveille en septembre 2022 avec 32 réacteurs sur 58 à l'arrêt pour maintenance avec dans certains cas de graves problèmes de corrosion. Un désastre industriel et économique. Lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, Jean-Bernard Lévy, patron d'EDF renouvelé par Emmanuel Macron et dont le départ est imminent, n'a pas hésité à dénoncer les injonctions contradictoires des politiques, dont l'actuel président de la République. Le même qui voulait fermer 12 centrales en 2018 pour faire plaisir à Nicolas Hulot a changé de pied en 2022 en annonçant un programme de construction de 8 voire de 14 EPR... Quelle politique de Gribouille ! Sachant qu'il faut dix ans (voire 20 ans à Flamanville, toujours pas lancé) pour en construire un, qu'EDF est ruiné et va donc être « nationalisé » cet automne, on est bien dans le temps long décrit par le ministre de l'économie.