La dissonance cognitive de François Hollande

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François Hollande.
François Hollande. (Crédits : Reuters)
François Hollande fait un bilan positif de son action mais décide de ne pas se présenter à sa propre succession. Laissant aux prétendants le soin de prouver qu'ils sont capables de rassembler la gauche, il reprend sa liberté.

On savait que la politique est plus un art qu'une science. On en aura eu une bonne illustration jeudi soir, avec l'annonce de François Hollande de ne pas se représenter à l'élection présidentielle. Pourtant, la logique de son discours énoncé d'une voix blanche relevait de ce que les psychologues appellent une « dissonance cognitive » qui caractérise l'état inconfortable d'un individu qui agit en désaccord avec ses croyances.

Car après avoir consacré une large part de son discours à dresser un bilan extrêmement positif - hormis le regret sur le projet de déchéance nationale - de son action depuis quatre ans et demi, il en a conclu paradoxalement qu'il lui fallait renoncer à se représenter.

Desserrer l'étau

Cet exercice d'auto-satisfaction - à rebours de l'avis d'une écrasante majorité de Françaises et de Français qui dans les sondages rejettent son action - a donc un autre rôle : commencer à façonner durant les six prochains mois l'image que laissera François Hollande dans l'histoire de la Ve république, en le faisant sans la pression exercée ces dernières semaines par son propre camp, notamment par le plus impatient, son premier ministre Manuel Valls.

« Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle », s'est-il justifié, lucide. L'enseignement tiré de la primaire de la droite et du centre a confirmé qu'aujourd'hui les conditions d'une candidature n'étaient pas réunies, malgré l'envie d'y aller.

Priver la meute d'hallali

François Hollande a vu comment Nicolas Sarkozy a été critiqué systématiquement sur son bilan présidentiel malgré les presque cinq années écoulées, avant d'essuyer une cuisante défaite. L'obstacle de la primaire de la gauche s'annonçait pour le président sortant une véritable épreuve, avec comme probable conclusion humiliante d'être classé troisième, voire quatrième...

Retrouver de la hauteur

Désormais délivré de ce futur cauchemar, reprenant de la hauteur, retrouvant sa liberté d'action et de parole, il va regarder la rude bataille qui s'annonce entre les prétendants, au premier rang Manuel Valls et Arnaud Montebourg, au sein d'un parti socialiste affaibli par ses derniers déboires électoraux, sans culture ni idées originales, miné par la guerre des egos, où le credo de la lutte de classes a été depuis longtemps remplacé par la féroce lutte des places.

Risquer - ou attendre - le chaos

La gauche, au grand désarroi de ses militants et de ses électeurs, est en danger sinon d'éclatement du moins d'émiettement, à cause de la multiplication des candidatures : en attendant le vainqueur de la primaire, qui va se tenir dans - à peine - un mois, le PS est d'ores et déjà coincé entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, grignoté par le vert Yannick Jadot et la radicale Sylvie Pinel, en attendant peut-être l'arrivée de Christiane Taubira. Une logique qui va conduire inévitablement à l'absence de la gauche au deuxième tour, comme ce fut le cas en 2002 avec Lionel Jospin, Premier ministre sortant.

Ce risque est précisément la raison avancée par François Hollande pour justifier sa décision. Si donc aucun leader ne faisait l'unanimité et si le PS sombrait dans le chaos, avec le risque d'éclipse comme le Pasok en Grèce, le président pourrait devenir le faiseur de roi, voire apparaître en recours. Ce n'est évidemment pas à l'ordre du jour, mais nul mieux que lui sait qu'en politique, tout dépend des circonstances.

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Commentaires
a écrit le 04/12/2016 à 21:55 :
Donc il prend acte du fait qu'il ne représente plus rien en France et il ne démissionne pas ? Un président ne devrait pas faire ça... Sauf à démontrer qu'il n'a jamais été Président.
a écrit le 04/12/2016 à 14:24 :
Nos Ceaucescu post 1989.
Merci pour cette momentitude les charlots.
a écrit le 04/12/2016 à 12:01 :
Les médias sont tenus par les actionnaires milliardaires et ça fait 5 ans qu'ils font du hollande bashing primaire car bien obéissants envers leurs maitres.

Alors que Hollande a fait une bonne politique de droite, en tout cas bien meilleure que celle de sarkozy c'est un fait, il se sent obligé de ne pas se représenter.

Plus cela va et plus ce sont les électeurs les moins concernés par la vie active réelle qui vont voter et qui nous font passer des personnages de plus en plus bizarres au pouvoir.

Au secours.
a écrit le 04/12/2016 à 9:54 :
"dissonance " est un terme bien pudique pour qualifier une INSUFFISANCE voire une MEDIOCRITE cognitive pathologique !
La Tribune pratiquerais-t-elle la charité verbale ?
a écrit le 04/12/2016 à 9:35 :
Laisser entendre que son seul faux pas était la déchéance de nationalité c est prendre le peuple pour des gogos .Que dans son esprit les mensonges du Bourget étaient de bonne guerre on peut difficilement y souscrire , sauf si une suite de succès économique avait fait replier le chômage . Comme cela n est pas le cas on ne conservera en mémoire que ses mensonges du Bourget .
a écrit le 03/12/2016 à 19:22 :
Lorsqu'il sera à la retraite, il aura plus de 35 000 €/mois soit plus que lorsqu'il était en activité. C'est peu dire que ce fut le plus mauvais président de la République depuis des décennies.
a écrit le 03/12/2016 à 18:57 :
le pire est que dans son discourt d'abandon il est persuadé d'avoir reussi son quinquenat ,il laisse france dans un etat lamentable et il a fait la meme chose lorsqu'il a geré le parti socialiste ,il est bien capable de se representer en 2022 ,les enarques ne reculent devant rien !!!!tous des ripoux!!!!
Réponse de le 04/12/2016 à 10:22 :
j'ai connu 6 présidents,je pense que c'est le plus nul que j'ai connu,il est le moins reconnu a l'étranger comme chef d'état,c'est plus un monarque qu'un dirigeant,d'ailleurs il suffit de voir les commentaires des journalistes allemands, ils disent qu'il laisse la France a l'état de ruine,a mon avis ils savent de quoi ils parlent,et les sourires de mme Merkel lors de leurs rencontres ne sont que convenances!
a écrit le 03/12/2016 à 16:09 :
Perso je n'aime pas les politiques, peut importe de quel coté .... je remarque qu'à gauche c'est le trop plein ... donc l’échec à venir !
a écrit le 03/12/2016 à 15:27 :
Soyons honnête de reconnaître , 27 ans après la chute du mur de Berlin , c'est l'effondrement de la dernière nomenklatura au pouvoir en Europe ,entièrement socialiste ...reste dés maintenant , a connaître le montant de l'ardoise , que les socialistes vont laissé en héritage aux français ..plus grande qu'a l'époque Zapatero en Espagne ou Papandréou en Grèce ...ou un cumul des deux..?
a écrit le 03/12/2016 à 14:18 :
François Hollande fait un bilan positif de son action mais décide de ne pas se présenter à sa propre succession.
Cela s'appelle partir en pleine gloire.
a écrit le 03/12/2016 à 14:13 :
François Hollande fait un bilan positif de son action mais décide de ne pas se présenter à sa propre succession.
Cela s'appelle partir en pleine gloire.
a écrit le 03/12/2016 à 13:08 :
J'aime beaucoup l'expression "parti où la lutte des classes a été remplacée par la lutte des places". Je crois que c'est la cause principale de l'impopularité de l'actuel président de la république, et également la raison principale pour laquelle Macron s'est lancé sans parti (après avoir vu de ses yeux le boulet qu'était un parti supposé proche mais hostile et en incandescence du matin au soir, on relativise l'importance des partis politiques).

Même si son discours donnait une vision très favorable de sa propre action, il faut bien admettre que tout n'y était pas complètement faux pour autant. Son action ne peut donc pas expliquer à elle seule son image catastrophique, bien qu'y contribuant bien sûr, mais assez marginalement.
a écrit le 03/12/2016 à 12:22 :
il faut que la suite soit la meme pour les 1er ministres
qui ont valide le desastre economique.
que ce soit fillon pour la gestion sarko
ou m valls pour la gestion hollande ou encore royal
leur part de responsabilite est trop grande
ont peu meme dire qu'il ont emplifie le desastre
avec leur derive droitiere
m valls est entre autre responsable
de ce qui devais etre des economies
les régions qui devais a l'origine voir disparaître
bon nombre de service en cascade comme les départements
et la diminition des impots mais voila on a créer un etage en plus
ceci est une escroquerie
a écrit le 03/12/2016 à 9:37 :
En 1914 , après l’assassinat de Jaurès, les socialistes deviennent des va-t-en-guerre : invraisemblable trahison entraînant une abominable boucherie , la prise du pouvoir des bolcheviks en Russie ; la création des partis communistes et de la 3ème Internationale.
Pendant l’entre-deux guerre, les mêmes socialistes vont verser dans un pacifisme absolu, laissant le champ libre au fascisme et Hitler instaurer son régime de terreur.
Hollande ne déroge pas à la règle. Comme ses illustres prédécesseurs, Il poursuit une politique ruineuse pour le pays et fuit face au désastre.
Veut-il sciemment contribuer à créer le chaos ?
- 1936 et 1956 Léon Blum et Guy Mollet ont également démissionné…
a écrit le 02/12/2016 à 23:18 :
Si je comprends bien, les journalistes auraient trouvé normal qu'Hollande, après avoir répété chaque année qu'il ne se présenterait pas aux élections si le chômage n'avait pas baissé, se présente quand même. Parce qu' à ma connaissance, le plein emploi (moins de 7 % de chômeurs en tout cas) est encore bien loin d'être atteint en France, pourtant Hollande a bénéficié d'une meilleure conjoncture économique que Sarkozy. Il a eu une conjoncture politique difficile mais, après tout, si nous avons des problèmes importants avec l'immigration clandestine, la gauche y a une responsabilité toute particulière. Ce sont tout de même des gouvernements de gauche qui ont souvent régularisé des sans-papiers ou permis que ceux qui sont refusés sur notre sol par qu'ils n'ont aucun droit d'y être y demeurent malgré tout, avec tout ce que cela entraîne comme conséquences néfastes. L'Etat d'urgence qui perdure, c'est aussi une décision de la gauche pas de la droite. C'est vrai qu'en 2012, sous Sarkozy, les assassinats commis par le tueur de Toulouse n'ont pas été brillamment évités, mais c'était le premier de la série. 5 ans après, il n'est pas sûr que nos policiers soient si bien entraînés que cela ni que, même sous "état d'urgence', nous ne soyons pas à la merci de la folie de certains.
Donc Hollande tient parole, c'est normal et c'est bien, même s'il n'avait pas le choix puisqu'il aurait eu bien moins de voix que Sarkozy.
Réponse de le 03/12/2016 à 12:32 :
Pas uniquement journalistes. On peut élargir au monde médiatico-politico-culturel, vous savez tout ce petit monde qui vit en autarcie sociétal. Qui reçoit les romans, les CD, DVD, etc gracieusement et incite les sans dents à aller les acheter. Qui sont invités au 1ère pour leur métier et qui vantent tous les qualités des navets des amis. Qui réclament à corps et à cris des subventions pour le prétexte de l'exception culturelle à la Française, mais qui ne sert qu'a payer des branquignoles sans talent. C'est uniquement par intérêts propres que se manifeste ce soutien charitable !
a écrit le 02/12/2016 à 17:56 :
La gauche peut gagner en France, on l'a bien vu. Quand on regarde la satisfaction de tout les français sur l'action du président, on comprend vite qu'elle ne veut pas de cette politique économique. Pourtant, cette frange de la population ne vote généralement que très peut.

Elle peut gagner... A condition de se rassembler bien sur, mais le nettoyage va encore prendre 15 ans et se souvenir de l'escroquerie sur aussi long terme n’est pas garantie. On le vois avec M. Mitterrand.

Malgré tout, je veut rester optimiste. La gauche gère bien son rôle dans l'opposition, même si elle vote n'importe quoi. Il faut juste qu'elle apprenne a surmonter cette dissonance cognitive...

Je m'attend à un débat présidentiel des plus médiocre, actuellement rien ne prouve le contraire en tout cas. La réussite de M. Hollande aura été de nous avoir laissés des médias qui n'offrent plus que tribune à la politique consensuel et antisocial que l'on observe monter en puissance partout dans le monde.

Nul place à la créativité ou à l'alternative. Le discourt est bouclé et sans saveur.
a écrit le 02/12/2016 à 17:36 :
Hollande ,prendre de la hauteur?C'est sans doute une plaisanterie grinçante.Je ne sais meme pas s'il sera bien accueilli a Tulle!
a écrit le 02/12/2016 à 16:12 :
Les socialistes rassembler la gauche... déjà que Mélenchon n'en est pas capable on voit mal comment le centre droit aurait de meilleurs résultats.

L'électorat de gauche, le vrai pas celui qui vote valls ou macron, est un peu plus intelligent que l'électorat de droite manipulable à souhaits quand même hein, on lui fait pas prendre des vessies pour des lanternes.
Réponse de le 02/12/2016 à 19:22 :
L'electorat de gauche est plus intelligent que celui de droite .... Ouah ! Quelle prétention, qu'elle suffisance. Pas étonnant que la gauche en soit là aujourd'hui, au bord du gouffre.
Réponse de le 02/12/2016 à 19:22 :
L'electorat de gauche est plus intelligent que celui de droite .... Ouah ! Quelle prétention, qu'elle suffisance. Pas étonnant que la gauche en soit là aujourd'hui, au bord du gouffre.
Réponse de le 02/12/2016 à 19:23 :
L'electorat de gauche est plus intelligent que celui de droite .... Ouah ! Quelle prétention, qu'elle suffisance. Pas étonnant que la gauche en soit là aujourd'hui, au bord du gouffre.
Réponse de le 02/12/2016 à 19:23 :
L'electorat de gauche est plus intelligent que celui de droite .... Ouah ! Quelle prétention, qu'elle suffisance. Pas étonnant que la gauche en soit là aujourd'hui, au bord du gouffre.
Réponse de le 04/12/2016 à 10:14 :
L'électorat de gauche, il a aussi beaucoup déserté le PC et le PS pour aller au FN. Je ne soutiendrai pas que c'est un signe d'intelligence.
On peut y voir un signe de désespoir, de rage, d'affolement ou de révolte, mais pas d'intelligence.

Maintenant voter Fillon en espérant qu'il aidera les chômeurs, les malades et les petites retraites , ce n'est pas intelligent non plus.

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