La Reine est morte, vive la reine !
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Photo d'illustration
KAI PFAFFENBACH
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Ce devait être le grand coup d'envoi de la rentrée, le top départ du nouveau quinquennat, le symbole d'une volonté de changer vraiment la relation très verticale du président avec le peuple français qui l'a (très mal) réélu en mai et ne lui a pas donné de majorité, ce qu'il a, dit-on, très mal vécu. Le CNR, ou conseil national de la refondation, inspiré du conseil national de la Résistance, n'a pas résisté jeudi à l'annonce du décès de « La Reine ». L'opération « Tower Bridge is Down » a totalement éclipsé le grand rendez-vous gaullien d'Emmanuel Macron. Avec la disparition d'Elizabeth II, c'est la fin d'une époque autant que celle d'une icône pop et populaire qui a traversé deux siècles. Et la fin aussi du « cool Britannia », le Royaume-Uni renouant avec ses vieux démons sur fond de Brexit mal digéré.
Boudé par les oppositions et par les syndicats, le CNR, succédané du CESE, est une belle idée mort-née. Elle court-circuite à la fois le Conseil économique, social et environnemental, dont ce serait normalement le job (et dont la disparition ou du moins la fermeture temporaire ferait faire des économies de chauffage et d'électricité cet hiver), mais aussi le Parlement dont la technostructure au pouvoir se défie. La suite de l'histoire reste bien floue : la consultation des Français se fera directement en ligne et Emmanuel Macron n'a pas exclu des référendums sur des sujets de société (la fin de vie ?) ou autres. Faut-il s'inquiéter de cette dérive populiste du pouvoir qui fait tout pour contourner une chambre introuvable ? L'épisode du CNR en dit long en tout cas sur les difficultés que va rencontrer dans les mois qui viennent le gouvernement pour faire adopter le budget de l'Etat et de la sécurité sociale : 49.3, nous voilà !
En réalité, et c'est tout le paradoxe de la situation, l'absence de majorité parlementaire serait plutôt en train de galvaniser Emmanuel Macron qui, sous couvert de consultations prétextes, veut accélérer les réformes sociales, qu'il s'agisse de l'assurance-chômage ou des retraites. Face aux syndicats et aux oppositions les plus radicales LFI et RN, le président de la République semble décidé à passer en force, raconte Fanny Guinochet.