G-2, G-5, G-8…G-combien ?

 |   |  488  mots
Obama, Merkel, Sarkozy mais aussi Lula, Calderon et d'autres : le G 8 qui se tient jusqu'à ce soir à L'Aquila, en Italie, réunit du beau monde. On y organise la lutte contre la crise...

On aimerait. En fait, ce G8 entre deux G 20 (le G 20 de Londres d'avril dernier, celui de Pittsburg, aux Etats-Unis, de septembre prochain) marque bien la fin d'une époque, la fin d'un monde, pas la fin de la crise.

A L'Aquila, en Italie, pendant trois jours, les chefs d'Etat et de gouvernement des huit plus grandes puissances industrielles du monde ont parlé de tout, ils n'ont décidé de rien. Rarement un G 8 se sera achevé sur un tel vide. On a d'ailleurs du mal à comprendre de quoi exactement ils ont parlé. Ils ont évoqué le climat, l'Iran, le pétrole... Obama (c'était son premier G 8) en a surtout profité pour rencontrer le Pape, Benoît XVI, Sarkozy pour discuter avec le président mexicain de la jeune Française emprisonnée là-bas. Le chinois Hu Jintao est lui carrément parti avant le début des débats...pour cause d'émeutes dans son pays.

Le commerce, les monnaies, la régulation financière, ces sujets ont quand même été discutés ...

Oui, des débats, il y en a eus. Sur ces trois sujets, les huit grands pays industrialisés ont chacun leurs idées. Mais il n'y a eu aucun accord. Aucun accord non plus entre eux et les pays émergents, présents à L'Aquila.

Le commerce, on s'est promis de se revoir en septembre pour reprendre les négociations dites de Doha en vue de sa libéralisation. Des négociations  commencées en 2001 et qui restent bloquées.

Les monnaies. L'idée d'un monde multimonétaire a été évoquée - par les Chinois, par Nicolas Sarkozy aussi hier soir. La fin du dollar impérial, la montée de monnaies internationales alternatives. On a en parlé dans les couloirs, pas autour de la table. Prématuré sans doute.

La régulation financière, la relance, là, c'est la zizanie totale. Chacun son diagnostic, chacun pour soi. Il n'est en réalité rien sorti de bien concret de ce G 8.

Nicolas Sarkozy a plaidé en faveur d'un pétrole plus stable...

Oui, en vain. Une bonne idée pourtant. Le pétrole fait  des yoyos absolument insupportables. Son prix passe de 30 à 150 dollars en quelques mois, avant de s'effondrer et de retomber en quelques semaines sous les 40 dollars, de rebondir ensuite à 70...Tout cela n'a aucun sens. C'est profondément malsain pour les producteurs comme pour les consommateurs. C'est le fruit de la spéculation.

Imaginer un mécanisme de stabilisation, une sorte de serpent dans lequel la valeur du pétrole pourrait évoluer, pourquoi pas ? C'était l'idée de la France. Elle n'a même pas été discutée.

Alors, faut-il pour autant renoncer à ces grandes messes, à ces G5, G7, G8 et autres G13 ? Sans doute pas. Dans la tempête, il n'est pas inutile de se rencontrer, de se parler. Mieux vaut, en économie aussi, la palabre que les bagarres !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :