Le bonus des banquiers

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Ca chauffe entre la banque et l'Elysée. L'Etat demande aux patrons des banques de renoncer à leur bonus, à la part variable de leur revenu. Ils ne sont pas d'accord. La réunion, demain à l'Elysée, promet d'être animée.

Oui, entre les banquiers et l'Elysée, les couteaux sont tirés. Les banquiers français en ont marre d'être toujours attaqués, d'être désignés comme les responsables de tout, d'être finalement présentés comme les boucs émissaires de la crise. Les injonctions de l'Elysée sur ce qu'ils doivent faire, ça commence à les exaspérer. Et c'est vrai qu'à l'Elysée, que dans la classe politique, on tire volontiers à boulets rouges sur eux. On les accuse de geler l'économie, de ne plus accorder de crédit aux PME. L'Elysée leur demande de ne plus verser de bonus à leur patron, de faire preuve de modération dans la distribution de dividende, de ne plus procéder à des rachats d'actions. Alors, « de quoi je me mêle ? », c'est le sentiment qui domine chez les banquiers. Certains acceptent. Ceux de

BNP Paribas

ont annoncé ce week-end qu'ils renonçaient à leur bonus. D'autres hésitent, ceux du

Crédit Agricole

ou de la Société générale notamment. Leur réaction : qu'on nous laisse faire notre métier ; qu'on laisse nos organismes de direction, les conseils d'administration et les assemblées générales décider, comme c'est écrit dans la loi...

L'Etat a apporté une aide énorme aux banques. Il est en droit de poser ses conditions, non ?

C'est tout le problème. C'est vrai que l'Etat a déjà mis à la disposition des banques françaises plus de 10 milliards d'euros, qu'il s'apprête à en mettre 10 milliards supplémentaires. On comprend qu'il leur demande des contreparties. Cela étant, s'il avait voulu prendre en charge directement ces banques, il aurait très bien pu en devenir actionnaire, voire les nationaliser. Comme les autres actionnaires, il aurait pu participer directement à leur direction, à ses décisions. C'est ce qui s'est fait en Grande Bretagne, aux Etats-Unis même. Nicolas Sarkozy n'a pas voulu aller jusque là. Il ne peut donc leur dicter sa loi.

Supprimer les bonus, limiter les dividendes, c'est quand même la moindre des choses en période de crise, non !

La question ne se pose pas vraiment. Les bonus, les dividendes, ça se calcule à partir des profits réalisés. Or comme les profits 2008 seront mauvais, bonus et dividendes seront de fait modestes cette année - s'il y en a. L'injonction de l'Etat est légitime...mais inutile. Elle va de soi. La réaction des banquiers est elle aussi légitime. Il n'est pas mauvais de rappeler que dans les banques, dans les entreprises privées en général, ce n'est pas l'Etat qui fixe le salaire du pilote ou la rémunération des actionnaires : il y a des instances faites pour cela, des conseils d'administration, des assemblées générales, des comités de rémunération...Faire de la politique sur le dos des banques, ce n'est pas obligatoirement de la bonne politique !

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