Michelin, un Bibendum blessé
Le blog édito d'Erik Izraelewicz
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Oui. La crise n'est pas finie. Celle de l'automobile en particulier.
Les primes à la casse n'y suffisent. S'il n'y a pas de clients, pas la peine de produire des voitures. Si on ne produit pas de voitures, pas la peine de fabriquer des pneus. C'est tout le problème du moment.
La production d'automobiles s'est effondrée - en France comme ailleurs. On est à - 40% ou - 50%. Idem donc pour les pneumatiques. Alors, Michelin semblait mieux résister que ses concurrents. Le groupe clermontois avait quand même fermé son usine Kléber de Toul l'an dernier. Il avait eu recours, massivement, au chômage partiel. Il avait demandé à ses salariés de prendre tout leur RTT et leurs congés payés. Tout cela, aujourd'hui, ça ne suffit plus. Les usines ne tournent qu'à 50% de leur capacité. Sauf à couler dans sa totalité, le beau Bibendum doit donc réduire la voilure, supprimer des postes donc. Il y aura sûrement un plan social, des mesures d'accompagnement, des aides au reclassement...Il y aura des emplois en moins. Clermont Ferrand, le siège devrait être épargné. C'est vrai qu'à Clermont, restent surtout les équipes de recherche et développement, qu'il est difficile, voire dangereux d'y toucher aujourd'hui.
L'automobile et ses fournisseurs sont violemment affectés. Ce n'est pas le seul secteur...
Non. Les plans sociaux, c'est vrai, il y en a partout. Dans tous les secteurs. Des plans de plus en plus massifs aussi. Sur les derniers jours, on en a relevé une dizaine en France - au total, 3000 emplois supprimés ! Ce sont les 550 de TDF, la diffusion audiovisuelle. Les 700 de Marionnaud, la distribution de parfums. Les 360 de New Fabris, l'usinage auto. Les 100 d'Aubade, la lingerie...
La crise, ce n'est pas un peu un alibi pour certaines entreprises...
Non. On n'en est plus là, vraiment. Ces entreprises n'ont généralement pas le choix. Leur marché s'est littéralement effondré. Impossible de vendre, de faire rentrer de l'argent, de continuer à entretenir des salariés sans pouvoir les occuper ! La survie de ces entreprises, elle passe, malheureusement, bien souvent, par ces plans sociaux...
L'Etat n'a-t-il pas les moyens de s'opposer à ces plans sociaux ?
L'Etat a déjà pris ces derniers mois beaucoup de dispositions - il a facilité le chômage partiel. Il a amélioré l'indemnisation des salariés licenciés. Il a accordé ses secours à certaines entreprises en difficulté. Il peut exiger, il doit exiger le respect du droit social, de ses procédures. Il peut participer au reclassement des salariés, à leur formation. Il ne peut guère, au cas par cas, en faire davantage. Cette hémorragie risque donc de se poursuivre. Elle devrait amener le gouvernement à s'interroger sur son plan de relance, sur l'ampleur et l'efficacité de ce plan.
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Chez Michelin, on disait qu'un pneu, il faut, tôt ou tard, le remplacer - que donc, tôt ou tard, le marché finira par se regonfler. Le problème, c'est que comme on roule moins, comme la qualité du pneumatique s'est beaucoup améliorée, ce sera plutôt tard que tôt. C'est aussi cela le problème !
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