Que le plus gros salaire se lève

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Dans le collimateur des petits actionnaires, il y a les bonus des traders, il y a aussi la rémunération des grands patrons. « La Tribune » publie ce matin une étude sur ce que gagnent les PDG des grands groupes en Europe. Beaucoup de surprises...

Oui, une étude destructrice de mythes, un véritable antimite, c'est ainsi que se présente cette enquête du cabinet Alphavalue.

Premier mythe : celui d'une crise qui épargnerait les grands patrons. Eh bien, c'est faux. Oh, nos grands Pdg ne sont pas à plaindre. Ils gagnent encore, en moyenne, en salaire fixe, 1,2 million d'euros dans l'année. De quoi vivre. Mais la crise est passée par là. Cette rémunération a baissé en un an, l'an dernier, de 10%. La baisse a été particulièrement violente pour les patrons des grandes banques européennes (moins 40%). Dans quelques secteurs, moins touchés par la récession, comme les logiciels, les services informatiques, voire le luxe, les salaires des grands PDG ont continué en 2008 à augmenter, modestement. Ce sont d'ailleurs ces secteurs qui paient le mieux en ce moment en Europe...

L'Europe, justement, elle existe pour les grands patrons ?

Non. Second mythe justement, celui d'un marché européen des PDG. On nous disait qu'il fallait augmenter les salaires des PDG français, sinon, les meilleurs allaient partir à l'étranger - dans d'autres pays européens plus favorables. Eh bien, tout cela n'a aucune réalité. Il n'y a pas de marché européen des Pdg. Il y a en Europe d'énormes disparités dans la rémunération des patrons. Ces disparités ne conduisent pas à une mobilité des Pdg. Exemple : un PDG espagnol gagne en moyenne cinq fois plus qu'un Pdg norvégien. Ce Pdg espagnol est toujours espagnol ; il n'est jamais français, allemand ou anglais ! L'Europe du Sud est plus généreuse avec ses patrons que l'Europe du Nord. Les postes, en Europe du Sud, restent monopolisés par des locaux. Ces disparités, elles sont importantes pour le salaire, elles le sont encore plus pour les jetons de présence. Là, il vaut mieux être suisse, l'Eden des administrateurs, qu'Italien.

Et les PDG français, dans tout cela ?

Dernier mythe, justement : les grands patrons français seraient mal logés, mal payés, moins bien lotis que leurs homologues européens. Là encore, c'est faux, archi-faux. Ils ont largement rattrapé leur retard. Ils sont maintenant dans la moyenne européenne. Ils ont d'ailleurs subi la même baisse que l'ensemble des européens, de 11%. Là où ils ont encore du retard, c'est vrai, c'est sur les jetons de présence, la rémunération qu'ils touchent au titre d'administrateur. Ils compensent en cumulant les postes d'administrateurs.

Pour conclure, il y a quand même un mythe que cette étude conforte. C'est que la rémunération des grands Pdg n'a rien à voir avec celle des petits patrons, des entrepreneurs, de ceux qui ont créé leur boîte. Et ça, c'est partout la même chose en Europe !

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