RSA, des ratés à l’allumage

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Le RSA, le revenu de solidarité active, démarre mal. D'après les chiffres révélés ce matin par « La Tribune », 10% seulement des nouveaux bénéficiaires potentiels l'ont touché en août. Une déception pour Martin Hirsch, le père de cette réforme...

Oui, trois mois après son lancement, on peut dire que le RSA a, pour l'instant, du mal à s'imposer. Bien sûr, le million de bénéficiaires du RMI sont passés, automatiquement au RSA. Idem pour les 200.000 titulaires de l'allocation pour parent isolé. Mais l'innovation du RSA, c'est qu'il devait apporter un  complément de revenu aux « travailleurs pauvres », à ceux qui ont un job peu payé et à temps partiel par exemple. On en attendait 2 millions. Les Caisses d'allocations familiales ont versé 200.000 compléments de revenu au titre du RSA à peine en août. Alors, c'est vrai, on peu parler - sinon d'un échec, c'est un peu tôt - en tout cas, d'un démarrage poussif.

Le public concerné, ces fameux deux millions de « travailleurs pauvres » serait mal informé ?

Difficile à soutenir. Le RSA, c'est une réforme emblématique du gouvernement, on en a énormément parlée ces derniers mois, notamment avant l'été, lors de son lancement. C'est une réforme qui vise à favoriser la reprise du travail par les bénéficiaires de minima sociaux. Une réforme de gauche mise en oeuvre par la droite. Une réforme qui a été testée, avant d'être généralisée, dans certains départements, qui vient en outre soutenir le pouvoir d'achat des plus modestes au moment où ils en ont besoin.

Bref, le RSA avait tout pour démarrer sur les chapeaux de roue. Il était aidé d'ailleurs pour cela par d'excellents sites d'informations, mis en place par les caisses d'allocations familiales. Des sites massivement consultés...

Alors, comment expliquer alors cette difficile montée en puissance du RSA ?

Deux grandes raisons. Premièrement : la peur des contrôles. Un grand nombre de bénéficiaires potentiels du RSA craignent que s'ils le réclament, ils ne soient l'objet de contrôle accru de la part des services sociaux - sur l'origine de leurs revenus, sur leurs activités au noir éventuellement, sur l'utilisation de leurs revenus aussi.

Second raison : la complexité du dispositif, de ses procédures aussi. Ca, c'est un grand classique. L'enfer est, on le sait, pavé de bonnes intentions. On a, au départ, de bonnes intentions. On invente des dispositifs pour les satisfaire. On les affine. Ils deviennent de plus en plus compliqués. Et finissent par être incompréhensibles, voire inaccessibles... Prochain cas d'école : la taxe carbone ! En tout cas, le RSA démarre mal. Martin Hirsch, le père de cette réforme, va devoir reprendre son bâton de pèlerin pour aider son enfant à marcher.

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