Strasbourg : Une première "Question hour" sans mordant

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Les célèbres « Questions au gouvernement » sur France 3 ont encore de beaux jours devant elles. La toute première « Heure des questions » diffusée hier après-midi au même moment sur la web TV du Parlement européen a manqué de panache. Face aux travées animées du Palais Bourbon pleines à craquer d'élus chahuteurs devant les caméras, le très clairsemé hémicycle strasbourgeois n'avait qu'un débat feutré en 23 langues à proposer. Et pourtant, les eurodéputés avaient, pour la première fois, l'opportunité de mettre José Manuel Barroso sur le grill en lui posant des questions d'actualité spontanées, sans que le président de la Commission n'ait pu par avance faire plancher ses collaborateurs sur des réponses calibrées et aseptisées. Cette « Heure des questions » faisait partie des engagements de campagne du candidat Barroso, dans le cadre du « partenariat spécial » qu'il proposait aux eurodéputés.

« Ce sont souvent des petites modifications de procédure qui introduisent bien plus de changement que les traités », expliquait l'eurodéputé Graham Watson avant ce mini-événement dans la vie parlementaire européenne. Jean-Dominique Giuliani, le président de la Fondation Robert Schuman, y voyait même «  un premier pas vers la maturité politique des institutions européennes à condition que la spontanéité soit la règle des deux côtés ».

José Manuel Barroso, à l'aise à l'oral et bon en improvisation, était prêt à jouer le jeu mais n'a trouvé face à lui que des questions sans piquant, du moins pas au point de passionner les électeurs. L'exercice avait tout de même le mérite d'être plus rythmé que d'habitude, chaque intervention devant se limiter à une minute. Répondant à une question sur le traité de Lisbonne, le Portugais a déclaré que la ratification serait tenue « pour acquise une fois la décision de la Cour constitutionnelle tchèque connue », court-circuitant au passage la signature de Vaclav Klaus. Les eurosceptiques n'ont pas pris la peine de siffler. Evoquant la composition de son futur collège, José Manuel Barroso a expliqué avoir adressé aux dirigeants européens une lettre leur demandant « qu'ils envoient à Bruxelles plus de femmes au risque sinon de se retrouver avec une Commission d'hommes uniquement. » Même là, les quelques femmes présentes n'ont pas pris la peine d'applaudir.

A Strasbourg, Daniel Cohn-Bendit se livre régulièrement à des discours enflammés. En juillet 2008, Nicolas Sarkozy avait su provoquer un vrai débat politique pendant plus de 3h30 lors de l'ouverture de la présidence française. Cette torpeur strasbourgeoise n'a donc rien d'une fatalité.

Y.-A.N.

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