2028 : les avatars de l’équipe de France sont champions du monde

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Financée par l’industrie médicale de la génétique et les anciens sponsors de la FIFA, la Coupe du Monde des clones est non-lucrative.
"Financée par l’industrie médicale de la génétique et les anciens sponsors de la FIFA, la Coupe du Monde des clones est non-lucrative." (Crédits : iStock)
#30ansLaTribune - La Tribune fête ses 30 ans. A cette occasion, sa rédaction imagine les 30 événements qui feront l'actualité jusqu'en 2045. Ce 8 juin 2028, en finale de la coupe du monde des clones, au stade monumental de Buenos Aires, l’équipe de France a battu celle du brésil par 3 buts à 0. Michel Platini, Zinedine Zidane et Raymond Kopa sont les buteurs des bleus. Pelé, Ronaldo et Garrincha ont été inexistants. Ce premier mondial des avatars est un succès planétaire.

Une - clones football

Et un, et deux, et trois zéro ! Vingt-huit ans après sa victoire à Saint-Denis, l'équipe de France est à nouveau sacrée championne du monde de football. Dans un stade Monumental de Buenos Aires plein à craquer, les Bleus ont terrassé un Brésil bien trop faible physiquement, techniquement et psychologiquement pour contrer la furia tricolore.

En effet, l'équipe auriverde fut mise sous l'éteignoir dès la quatrième minute après le coup franc victorieux de Michel Platini 1984, l'un des deux numéros dix des Bleus, consécutif à une faute aux abords de la surface de réparation sur son jumeau au milieu de terrain bordelais, Zinedine Zidane 1996. Une faute sifflée par Ian Foote 1976, cette fois impartiale. Les moins jeunes se souviendront que l'arbitre écossais s'était distingué le 9 octobre de cette année-là en prenant, avec ses décisions douteuses, fait et cause pour la Bulgarie contre la France. Non seulement, le Brésil fut incapable de revenir au score, mais il ne parvint qu'à limiter les dégâts face à une équipe de France déchaînée qui aggrava le score dès l'entame de la seconde période sur un coup de tête de Bernard Lacombe 1978 tout heureux de revenir sur la terre de ses premiers exploits marquants en bleu. Le 2 juin 1978, dans la station balnéaire de Mar del Plata, lors du premier tour de la Coupe du Monde, l'attaquant lyonnais avait marqué le but le plus rapide de l'histoire de la compétition en mystifiant, également de la tête, l'Italien Dino Zoff. Un record qui sera battu par l'Anglais Bryan Robson en 1982 contre... la France.

Première compétition privée au monde

Ce fut ensuite Raymond Kopa millésimé 1958, au sommet de son art, qui clôtura le score. Rentré à la place de l'ange vert Dominique Rocheteau 1977 blessé sur un croc-en-jambe maladroit de Garrincha 1958 - l'attaquant de Botafogo n'a jamais su défendre - l'artilleur du Real de Madrid qui n'a pas eu à forcer son talent pour dribbler et tromper d'un petit pont le portier brésilien, Taffarel 1986, sous les hourras des spectateurs argentins toujours prêts à fêter une défaite de leur rival historique en Amérique du Sud.

Autre motif de satisfaction pour les supporters de l'albiceleste, la sélection argentine, Diego Maradona 1986 a été désigné meilleur joueur du tournoi, loin devant Johan Cruyff 1974 et Pelé 1970. Avec ce titre, l'équipe de France peut-elle accrocher une seconde étoile sur son maillot, symbole de sa suprématie mondiale dans le domaine du ballon rond ? Non. Cette compétition qui réunit pour la première fois trente-deux équipes de joueurs clonés, ne dépend pas de la FIFA mais d'un projet privé. Totalement discréditée après les scandales qui ont émaillé les deux dernières Coupes du Monde, la FIFA est actuellement hors-jeu.

L'histoire salie du football

Un rappel des faits s'impose. Trois ans après le séisme qui a secoué le FIFA, la Coupe du Monde 2018 organisée en Russie devait être celle de la rédemption. Résultat, les quatre équipes demi-finalistes - l'Allemagne tenante du titre, l'Italie, la Russie et le Brésil - ont été exclues de la compétition avant même de jouer leurs matchs, leurs joueurs ayant été convaincus de dopage. Leur mise au ban a permis à des jeunes nations d'émerger. Après avoir respectivement battu le Guatemala et la Corée du Nord, le Chili et l'Algérie se sont affrontés, avec la victoire finale des Fennecs dans un stade Loujniji quasi vide, preuve du dégoût des spectateurs pour la tricherie organisée. Quatre ans plus tard au Qatar, la Coupe du Monde FIFA était à nouveau salie après les révélations de La Tribune. Selon le quotidien économique, tous les matchs étaient truqués pour satisfaire aux pronostics des paris sportifs en ligne. Du premier tour jusqu'à la finale qui a vu le Qatar l'emporter contre l'Arabie Saoudite. Qui étaient les fraudeurs ? On ne connaît toujours pas leur identité exacte.

L'organisation de la Coupe du Monde 2026, initialement confiée aux Seychelles, n'ayant pas eu lieu pour cause de réchauffement climatique et de montée des eaux, les derniers amateurs de ballon rond, devaient se résoudre à prendre leur mal en patience jusqu'au lancement du projet Panini.

Naissance d'une nouvelle génération sportive

Imaginé et monté par les collectionneurs des fameuses vignettes Panini à travers le monde, ce projet avait alors pour ambition de créer une compétition de joueurs clonés dont la sélection était assurée par un vote en ligne. Les progrès de l'industrie génétique le permettant, plusieurs avatars de scientifiques, de stars du cinéma ont été créés dès 2022, il ne restait plus qu'à rassembler les énergies. Conscient des retombées en termes d'image et de valorisation de leur savoir-faire d'une telle aventure, le monde médical s'est immédiatement mis en alerte. Un an plus tard, la toute jeune « Fédération mondiale de football vintage » décernait à l'Argentine l'organisation de la première Coupe du Monde de football entre clones l'année suivante. Financé par l'industrie médicale de la génétique et les anciens sponsors de la FIFA, le projet originel n'a quasiment pas été dénaturé. Soucieux de se démarquer de l'ancien système FIFA, les argentiers de la compétition ont accepté que celle-ci soit non-lucrative.

Concrètement, si publicité il y a, elle est gratuite. Les sponsors les plus puissants n'ont pas le droit d'apparaître dans les stades et doivent laisser la place aux entreprises locales, en l'occurrence argentines, désignées par tirage au sort. Les tickets des spectateurs et les droits audiovisuels, radiophoniques et Internet sont également gratuits. Quant aux bénéfices des produits dérivés, ils sont intégralement reversés aux bonnes oeuvres de la Confédération suisse dont l'économie ne s'est toujours pas remise de la faillite spectaculaire en 2021 de son système bancaire provoqué par la concurrence de la Chine et du Nigéria, devenus les nouvelles places fortes bancaires et financières du monde industrialisé.

Un bilan prometteur

Quel bilan tirer de cette première expérience génétique et footballistique ? Les stades argentins étaient pleins à craquer. Tirées au sort lors d'une tombola géante retransmise en direct sur tous les réseaux sociaux, les 65 000 personnes ayant rempli les travées du Monumental peuvent s'estimer chanceuses. Plus de 4 millions de personnes ont effectué des demandes de billets pour assister à cet événement. Des billets nominatifs, non échangeables et non commercialisables, puisqu'ils contenaient l'identité génétique, jusqu'ici non falsifiable, de leurs possesseurs.

Les autres motifs de satisfaction sont nombreux pour les amateurs de football : après dix années consécutives de chute, le nombre de licenciés repart enfin à la hausse dans les fédérations nationales de football « classique ». Quant au « Mouvement mondial de la coiffure de style », il se réjouit de l'engouement de la jeunesse du monde entier pour le souffle nouveau que cette Coupe du Monde a su insuffler. La longue chevelure brune de Jürgen Sparwasser 1974, de Dominique Rocheteau 1977 et la mèche d'Oleg Blokhine 1974 sont à nouveau à la mode. Et après ? Cette Coupe du Monde était-elle un feu de paille ? Une seconde édition est-elle envisageable, préalable à l'institutionnalisation de l'épreuve ? Bien que muselés, les sponsors n'osent penser que cette Coupe du Monde restera sans lendemain. Les amateurs de football voteront dans un an pour trancher sur la question. Reste une interrogation. En 1990, l'argentin Diego Maradona était-il dopé ? Dans ce cas, sera-t-il envisageable de le sélectionner ?

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