2040 : La lutte s’organise contre une nouvelle mutation cancéreuse

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En 2015, une immunothérapie était facturée plus de 100.000 euros ; elle coûte aujourd'hui 5.000 à 10.000 euros maximum par traitement.
"En 2015, une immunothérapie était facturée plus de 100.000 euros ; elle coûte aujourd'hui 5.000 à 10.000 euros maximum par traitement." (Crédits : iStock)
#30ansLaTribune - La Tribune fête ses 30 ans. A cette occasion, sa rédaction imagine les 30 événements qui feront l'actualité jusqu'en 2045. Le 2 novembre 2040 : Une nouvelle forme de cancer semble résister à tous les traitements existants. Mais les biotechs, tout comme les plateformes de guidage thérapeutique, sont en train de la modéliser pour adapter leurs armes à ce challenge et relever ce nouveau défi pour l’oncologie numérique.

Une - Lutte contre le cancer

C'est un vrai bug dans la lutte contre le cancer. Alors qu'on pensait cette maladie vaincue depuis le milieu des années 2030, depuis quelques mois, certains patients voient leurs traitements échouer. L'explication vient de tomber. Le spécialiste bio-informatique français GenoSplice annonce avoir détecté une nouvelle forme de mutation cancéreuse. Pour les informaticiens cliniques, cette découverte pourrait bien expliquer ces échecs thérapeutiques, puisque le profil ADN de cette nouvelle génération ressemble à celui d'un autre type de cancer, sans être le même. Cette proximité aura pu induire les systèmes experts de l'oncologie en erreur et orienter les médecins sur des traitements peu pertinents.

Pour le milieu médical et le monde pharmaceutique, l'annonce sonne comme un nouveau challenge. Au Canceropole de Toulouse comme à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, les spécialistes se mobilisent sur cette nouvelle tumeur. Les grandes plateformes de guidage thérapeutique ont aussi placé son profil à l'étude pour déterminer quels types de traitement auront le plus de chance d'en venir à bout rapidement. De leur côté, les pharmas et leurs divisions biotechs commencent à observer l'action de leurs traitements chimio et immuno sur cette petite dernière de la famille cancer. Et dans cette course à la mutation, certains médecins se rappellent les nombreuses mutations de virus qui nécessitaient de reformuler le vaccin contre la grippe chaque année, dans les années 2010/2020.

Une pathologie sous contrôle

Depuis le début du siècle, la manière de considérer le cancer a bien changé. Maladie mortelle jusque dans les années 2030, il est aujourd'hui classé dans la catégorie des pathologies « sous contrôle ». Avec les progrès de la bio-informatique, un cancer se diagnostique sur prise de sang de manière précoce, en fonction des risques identifiés dans le profil génétique et environnemental du patient. Grâce au séquençage, l'équipe médicale catégorise le type de mutation. Et on le sait, les oncologues font aujourd'hui appel aux plateformes de guidage thérapeutique pour adapter leurs prescriptions en fonction du type de mutation et du profil du patient. Depuis quinze ans, la majorité des traitements chimio ou immuno se font à domicile avec des suivis connectés. Et grâce à la personnalisation des prescriptions, tumeurs et métastases disparaissent en moins de deux mois, contre plus de neuf mois dans les années 2010. La fondation de recherche sur le cancer ARC se félicite des performances des nouveaux protocoles pharmas : un patient atteint possède 98 % de chances d'être en rémission à l'issue du traitement (contre 50 % en 2015).

Une médecine personnalisée

En apprenant à identifier les mutations génétiques des tumeurs, le traitement du cancer est devenu une médecine personnalisée. Il faut dire qu'avec plus de 1 000 produits pharmas disponibles en 2020, il a fallu apprendre à savoir quelle molécule ou quelle immunothérapie était la plus efficace en fonction du type de cancer diagnostiqué. Après avoir longtemps choisi les médicaments selon les organes touchés, la médecine a appris à profiler les cancers suivant leur ADN, afin d'administrer des traitements adaptés et d'en finir avec les chimiothérapies pénibles et sans efficacité. Aujourd'hui, seules les nouvelles mutations font évoluer les algorithmes des plateformes de guidage thérapeutiques. Des plateformes inaugurées par Alphabet (Google group) en 2019, avec Caliconcology.

En France, les deux principaux opérateurs de ces plateformes Ariana Pharma et IntegraGen sont confiants. Leurs algorithmes devraient permettre d'adapter les traitements à ce nouveau type de cancer d'ici deux mois, grâce aux médicaments existants ou aux nouvelles formulations. Car le calendrier de la pharmacie a bien raccourci. Chez l'Européen Roche comme chez l'Américain Merck ou chez l'Indien Cadila, l'élaboration d'un nouveau médicament est devenue express. Au-delà des mois de recherche fondamentale pour découvrir de nouvelles molécules à breveter, l'adaptation d'un traitement à une mutation est un processus court.

Efficacité et rapidité des tests

Comme les procédures d'autorisation de mise sur le marché (AMM) ont adopté la modélisation informatique et les tests sur culture cellulaire, démontrer l'efficacité d'un médicament comme son innocuité pour le patient ne prend plus que quelques mois, contre plusieurs années au début du siècle. Grâce à cette simplification, finis les tests sur animaux et les cohortes de patients. Une économie importante qui a largement contribué à la baisse drastique des prix. Alors qu'une immunothérapie était facturée plus de 100 000 euros en 2015, elle coûte aujourd'hui 5 000 à 10 000 euros maximum par traitement, soit dix fois moins.

A Evry, les équipes du Genopole ont déjà commencé à tester leurs molécules sur les tumeurs de cette nouvelle génération. Pour ce premier centre français de bio-production pharma, il semble que la petite dernière nécessite d'ajuster l'existant pour trouver un remède à sa taille. Un ajustement qui se fera sans doute en temps record avec les procédures express d'AMM dans le cadre d'adaptation de médicaments. Hier, la direction a annoncé un nouveau produit dans moins d'un mois et espère ne pas se faire dépasser par le deuxième biopole français de Lyon. Quant au médecin informatique Watson, il ne compte pas se mesurer aux grands prescripteurs numériques, rémunérés au clic sur leurs plateformes thérapeutiques. L'ordinateur d'IBM se concentre aujourd'hui sur sa reconversion.

Depuis qu'il a abandonné l'expertise cancer, Watson s'est réorienté sur un nouvel enjeu médical : le profilage ADN et environnemental de la performance sportive. En s'alliant à différentes fédérations, mais aussi au Beijing Genomics Institute, IBM développe actuellement deux services. D'une part, il annonce un test ADN pour identifier les meilleurs profils sportifs parmi les moins de 6 ans. De l'autre, un second test explorera l'environnement psycho affectif des familles, afin de détecter la solidité mentale et les capacités de dépassement des futurs champions.

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Commentaires
a écrit le 04/01/2016 à 15:10 :
Trop tard mais vraiment trop tard les cellules cancereuses mutantes sont déjà mutées mais mutées d'une façon mutante

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