Les femmes seront-elles les patronnes du XXIe siècle ?
Marion Genaivre
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Femmes et numérique
Istock
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Organisation matricielle, entreprise « libérée », « opale » ou « apprenante », nouvelle conception du travail portée par des « Millennials », autant de tendances ou de modèles récents qui témoignent du fait que le management du siècle passé se voit remis en question dans ses principes. Lentement mais sûrement, l'exercice d'une autorité très hiérarchique et l'organisation du travail en silo sont un peu partout poussés vers la sortie par des volontés d'instaurer plus de transversalité. Tandis que la montée en puissance de la digitalisation intime de remettre plus que jamais l'humain au coeur du travail. Fortes des qualités qu'on leur attribue communément (empathie, humilité, capacité d'écoute et de dialogue, souci du long terme...), les femmes seront-elles les actrices majeures de cette révolution managériale du XXIe siècle ?
Oui, mais la réponse doit se payer de finesse. D'abord parce que les théories du genre nous interpellent depuis la fin du XXe siècle sur le fait que les qualités prétendument reconnues aux femmes (et aux hommes) n'ont rien de naturel. Ce sont des différenciations sociales construites et entretenues par un système qui repose sur elles. Lorsque Simone de Beauvoir déclarait le célèbre « On ne naît pas femme, on le devient », elle voulait dire que le sexe ne détermine aucune qualité.
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Ce que tendent à prouver les témoignages recueillis dans le cadre de la dernière étude de Grandes Écoles au Féminin (« Le pouvoir n'a pas de genre », étude menée en 2018), qui portait spécifiquement sur l'exercice du pouvoir : des codes dits « masculins » s'imposent aux hommes comme aux femmes mais, au-delà d'eux, l'exercice du pouvoir serait au fond une affaire de sensibilité personnelle. Tant et si bien que des femmes peuvent avoir un management plus autoritaire que leurs homologues masculins. Pour leur part, les Millennials concluent tranquillement : les dérives du pouvoir ne sont pas genrées.
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