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Opinions

Pour défendre l'Europe, on ne change pas de monture au milieu du gué

Le groupe de réflexions Mars*

Publié le 27 mai 2024 à 05:00 - Mis à jour le 27 mai 2024 à 08:28

L'Eurodrone « conçu en commun entre les principales puissances européennes, représente par ailleurs l'archétype de la mauvaise coopération : trop cher (7 milliards d'euros annoncés), trop lourd (plus de dix tonnes), trop tardif (la techno dépassée quand les premiers exemplaires sortiront des chaînes) et par-dessus tout inutile à nos besoins (le maître d'ouvrage allemand a imposé une double propulsion et une certification aviation civile centre-Europe) » (Le groupe Mars)

L'Eurodrone « conçu en commun entre les principales puissances européennes, représente par ailleurs l'archétype de la mauvaise coopération : trop cher (7 milliards d'euros annoncés), trop lourd (plus de dix tonnes), trop tardif (la techno dépassée...

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OPINION - Pour le groupe Mars qui affirme mettre ses pas dans la tradition mitterrando-gaullienne, la France doit s'inscrire dans la défense collective organisée au sein de l'OTAN tout en restant stratégiquement indépendante des Etats-Unis. En revanche, l'Union européenne ne semble pas apte, selon le groupe Mars, à porter une ambition dans la défense. Par le groupe de réflexions Mars.

Le groupe Mars ne se retrouve dans aucun des différents programmes (des 37 listes) présentés à l'occasion des élections européennes du 9 juin. Avec LFI, il considère que la prétendue « Europe de la défense » n'est qu'un « miroir aux alouettes » et que la France doit rester fidèle à sa ligne pacifique (qui ne signifie pas pacifiste, bien au contraire : si tu veux la paix...), mais en aucun cas, surtout aujourd'hui face à la menace russe, il ne faudrait s'éloigner de l'OTAN comme le prônent avec constance les Insoumis.

Avec les listes Hayer, Glucksmann, Bellamy et autres, on peut approuver l'objectif à terme d'un effort de défense porté à 3% du PIB, si tant est que les crédits soient utilisés à bon escient, mais il y a fort à parier que l'utilisation de ce budget soit l'objet de dissensions, en particulier sur la part à dépenser via les institutions européennes. Enfin, contrairement aux nationalistes, nous ne considérons pas que la défense de l'Europe dépende uniquement des efforts nationaux, ni que des coopérations militaires et industrielles à la carte soient une solution de substitution à l'alliance atlantique.

Mars, une vision mitterrando-gaullienne

Plus que jamais, le groupe Mars déplore ne pas trouver de réceptacle politique à la vision des enjeux de défense qu'il défend, et qui n'a pourtant rien de révolutionnaire ni même d'original. Elle s'inscrit en effet dans la plus consensuelle tradition mitterrando-gaullienne d'une défense française à la fois stratégiquement indépendante des Etats-Unis, non pour s'opposer à ces derniers mais pour ne pas en dépendre aveuglement, et totalement impliquée dans la défense collective organisée au sein de l'OTAN, qui constitue un formidable outil pour coordonner les efforts nationaux au service de la sécurité collective.

Le problème est que plus aucun parti politique ne porte cette ligne en France. Quand les uns veulent s'affranchir de l'OTAN, les autres veulent transférer la défense (et son coût) au niveau européen. Or, si cette dernière idée n'est qu'une funeste utopie, la première (d'autant plus facile à réaliser qu'elle serait peut-être populaire, au moins dans un premier temps) serait une terrible erreur stratégique, aux dramatiques conséquences économiques (une défense solitaire tous azimuts aurait un coût exorbitant) et diplomatiques (la défiance de tous nos partenaires européens).

De plus, la France n'est pas la Suisse, et encore moins le Venezuela. Ouverte sur trois littoraux maritimes, présente sur tous les océans et continents, elle se situe sans ambiguïté en Europe occidentale mais la défense de ses intérêts existentiels dépasse ce cadre étroit.

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Défense : une Europe fédérale ou l'OTAN ?

Imaginons un instant notre pays devenu province d'une Europe fédérale. Quel serait le sort de la Nouvelle-Calédonie ? Quel gendarme slovaque ou slovène irait mourir pour y rétablir l'ordre ? Transférer la défense de nos intérêts au niveau fédéral revient à y renoncer. C'est un vieux rêve de droite de réduire le régalien à la portion congrue pour réduire au maximum la pression fiscale et laisser le profit dans les mains des possédants. C'est un vieux rêve de gauche de croire à la fraternité universelle dans l'union des travailleurs de tous les pays. Ces deux visions politiques sont aussi fausses l'une que l'autre en ce qu'elles nient les réalités nationales et leurs inévitables rivalités. Or on ne détruit pas ces rivalités en détruisant les nations : cette utopie ne ferait que transformer la guerre étrangère en guerre civile.

Si, par malheur pour elle, l'Europe devenait fédérale, elle pourrait connaître un destin semblable à feue la Tchécoslovaquie (dans le meilleur des cas, avec un délitement sans guerre civile grâce à une personnalité hors du commun de la trempe de Vaclav Havel) ou la Yougoslavie (dans le pire des cas : l'idéal des premières années se tourne en dictature et finit par exploser en guerre civile et en haines inexpiables). Le saint empire romain germanique, liquidé par le rasoir français à deux lames de Napoléon et de Clemenceau, était devenu une « prison des peuples », bien avant l'Union soviétique.

On ne tire pas un trait sur des différences culturelles héritières de mille à deux mille ans d'histoire. Le rêve yougoslave de 1918 s'est achevé en cauchemar pour l'Europe entière 75 ans plus tard. 75 ans : précisément l'anniversaire que l'OTAN célèbrera dans quelques semaines. Mais l'OTAN a fait la preuve de sa capacité à durer justement parce qu'elle ne prétend pas fédérer les peuples qu'elle protège. L'Europe ne sera l'Amérique que lorsque ses peuples premiers auront été exterminés. Est-ce vraiment cela que proposent les partis européistes ?

Halte à l'arrosage du sable...

A l'inverse, dans un monde dominé par les rivalités de grandes puissances, que pèsent les petites nations européennes ? Telles les cités italiennes du Moyen-âge, elles passeraient leur temps à se faire la guerre entre elles au lieu de trouver leur juste place dans un système mondial en évolution permanente. Tels les guelfes et les gibelins, les unes s'allieraient au voisin de droite, les autres à celui de gauche. Mais il est peu probable que la sécurité et la prospérité en soient renforcées.

Dans le monde d'aujourd'hui où les nations européennes et leurs valeurs sont désormais physiquement menacées, chacun devrait faire preuve de responsabilité. Les uns en ne cherchant pas à se défausser de la responsabilité de protéger, qui est la première justification d'un pouvoir quelconque. Les autres en n'accréditant pas l'illusion qu'en matière de défense, « small is beautiful ». C'est tout l'inverse, mieux vaut être grand pour être puissant, mais pas obèse.

Car lancer l'idée d'un effort de défense à 3% ou d'un « fonds » de cent milliards d'euros est une belle et bonne chose. Mais pour quoi faire ? Comme toujours, la communication politique ne s'intéresse qu'aux moyens là où il faudrait commencer par les fins et la définition des objectifs attendus, ce que les militaires appellent l'effet final recherché. Sinon, on crée un tonneau des Danaïdes et on arrose le sable.

Vers un objectif stratégique réaliste

C'est là que la méthode que nous privilégions trouve tout son sens : nous ne commençons pas par fixer un objectif de dépense, nous fixons un objectif stratégique, un but à atteindre. Réaliste. A moyen terme, pas à un horizon glissant. Cette vision, c'est celle d'une France, puissance nucléaire crédible apte à étendre, en cas de nécessité, ses intérêts vitaux jusqu'aux limites des frontières européennes de l'alliance atlantique. Non pas seule, mais dans le cadre d'une défense collective organisée par l'OTAN, avec (si possible) ou sans (si nécessaire) l'aide américaine. Donc épaulée par les forces conventionnelles de ses alliés pour dissuader tout éventuel agresseur, ou tout chantage atomique, et contenir la montée aux extrêmes jusqu'à l'éviter. Et non la provoquer ou l'encourager par des propos ineptes.

Cela ne signifie pas qu'il faille rejoindre les plans nucléaires de l'OTAN, comme le propose une députée dans un récent rapport parlementaire qui conforte l'idée de Jean-Dominique Merchet grand connaisseur du milieu de la défense. Cette idée, qui repose sur un raisonnement purement diplomatique, en méconnaît les conséquences doctrinales, capacitaires et opérationnelles. Or il ne saurait être question pour la France de s'engager dans la bataille nucléaire à coup de frappes « tactiques ». Si la France étend un jour son « parapluie », ce doit être à ses conditions, qui excluent absolument l'utilisation tactique, en premier ou en riposte, de l'arme atomique. Le missile de croisière à tête nucléaire porté sur Rafale n'est conçu que pour délivrer un « ultime avertissement » avant une éventuelle frappe stratégique.

Combien est-ce que cela coûterait ? Nous sommes incapables de répondre à ce stade, il est trop tôt. Il faut d'abord faire « mouliner » les états-majors et commencer par s'entendre entre alliés pour planifier qui fait quoi et avec quels moyens. De notre point de vue, annoncer que cela coûtera 3% ou cent milliards n'est pas sérieux.

Une vision économique avant tout autre chose

Une chose est sûre en revanche : toutes les autres options proposées seraient plus coûteuses, beaucoup plus coûteuses. Avant d'être stratégique, la vision du groupe Mars est d'abord économique. Nul besoin de longs développements pour comprendre combien l'autonomie totale en matière de défense militaire, dans ses composantes opérationnelles, capacitaires et industrielles, serait ruineuse pour des finances publiques déjà en piteux état, à moins de se contenter d'un outil militaire déclassé, conséquence inévitable de l'autarcie. N'y a-t-il pas mieux à faire ailleurs ? A l'inverse, verser notre quote-part au syndic de copropriété qu'est l'Union européenne serait au mieux inefficace, au pire une catastrophe pour la défense de nos intérêts vitaux, car les crédits dilapidés au niveau européen manqueraient à notre effort de défense.

Arrêtons-nous un instant sur ce point, car il est moins évident que le précédent, et surtout en contradiction avec la communication qui ne cesse de marteler les mêmes slogans en faveur de « l'Europe de la défense ». Et la récente nomination d'une pure communicante au poste de conseiller spécial du ministre sur les questions stratégiques ne rassure pas...

Politique européenne : un bilan minime

Cela fait déjà une dizaine d'années que l'UE a commencé à se doter d'instruments d'intervention en matière d'industrie de défense. La compétence régalienne de défense n'ayant pas été transférée à l'UE par les traités, Bruxelles ne peut intervenir qu'au nom de la compétitivité industrielle. C'est d'ailleurs pourquoi, soit dit en passant, il ne peut y avoir de commissaire européen à la défense. « Chaque institution de l'Union agit dans les limites des attributions qui lui sont conférées », rappelle l'article 13 §2 du TUE. C'est comme si le président de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) se mêlait d'organiser les Jeux olympiques. Tout juste existe-t-il un commissaire à l'industrie de défense, comme cela existe déjà, ainsi que le rappelle à juste titre Thierry Breton. Et le moins qu'on puisse en dire, c'est que les résultats se font attendre, comme le montrent les limites de l'aide européenne à l'Ukraine en volume de munitions livrées.

Prenons les instruments européens les uns après les autres, en laissant aux plus récents (ASAP, EDRPA) du temps pour faire leurs preuves. On passera un voile pudique sur les projets dits « PESCO » (ou CSP pour « coopération structurée permanente »), qui ne bénéficient d'aucun financement communautaire puisque la CSP est intergouvernementale et n'ont à ce jour produit aucun résultat, au point que certains (1) de ces prétendus projets sont purement et simplement sortis de la liste officielle. Dans la même veine intergouvernementale, « la facilité européenne pour la paix » (FEP), déjà évoquée dans de précédentes chroniques (2) , ne bénéficie pas non plus des largesses du budget européen, puisqu'elle est financée uniquement par des cotisations nationales assises sur le PIB : ainsi « libérée » des contrôles tatillons de l'administration bruxelloise, elle fait à peu près n'importe quoi avec les fonds des principaux bailleurs que sont l'Allemagne et la France, au point que l'instrument est délaissé en pratique.

Le très fameux « fonds européen de défense » (FEDEF), par lequel l'UE cette fois s'engage à subventionner des projets de R&D à hauteur d'un milliard d'euros par an, n'a pour l'instant que peu de résultat concret à présenter, au moins à court terme. C'est parfaitement normal, car il n'y a rien à en attendre. C'est simplement un hochet dans les doigts de la Commission européenne par lequel elle appâte les industriels (européens, et pas que) pour les forcer à se parler en constituant des consortiums pour solliciter des financements. Au final, les industriels (et leurs interlocuteurs étatiques) dépensent une énergie formidable pour constituer ces groupements et élaborer leurs offres concurrentes, le résultat étant d'une pauvreté qui satisfait tout le monde, à commencer par les industriels qui ne veulent pas livrer leurs secrets pour un plat de lentilles, mais ne voudraient pour rien au monde rater l'occasion de rafler une subvention au nez et à la barbe de leurs concurrents européens.

L'UE, avant tout une puissance commerciale

Il ne faut se faire aucune illusion : l'UE a été conçue pour devenir une puissance commerciale via l'ouverture des marchés, elle l'est devenue et n'a pas vocation à changer d'objectif. Tous les instruments européens sont donc conçus dans ce but. Et cela passe forcément par une logique de compétition entre industriels européens, y compris pour les « produits de défense ».

La dernière édition du « FEDEF » est significative à cet égard : 581 industriels issus de 26 États (sur 26 potentiels) se partageront le milliard de l'année, soit une moyenne de plus de dix participants par projet. Ingérable ? Bien-sûr ! mais mission accomplie : tout le monde a été servi. Le presse parle pudiquement de « saupoudrage ». Traduire : une vaste entreprise de dilapidation de l'argent public.

Une exception confirme la règle : en raison de son antériorité et de son caractère emblématique, un projet échappe à la règle de la mise en concurrence. Il s'agit du fameux programme de drone MALE européen, dit RPAS, qui bénéficie périodiquement d'une subvention de cent millions du FEDEF : une exception parmi les projets PESCO, déconnectés de ceux du FEDEF. Pourtant, au terme de plus de dix ans d'études, le programme vient à peine de passer le jalon de « conception préliminaire » et le premier prototype est encore loin. Personne n'est capable de dire à ce jour si un drone MALE 100% européen volera un jour. 100% européen ? A vrai dire, le choix de la motorisation fait par l'assembleur allemand (Airbus Gmbh, l'héritier de Messerschmitt) repose sur une technologie américaine. Un détail, mais qui fait enrager chez Safran. Merci FEDEF !

Ce programme, conçu en commun entre les principales puissances européennes, représente par ailleurs l'archétype de la mauvaise coopération : trop cher (7 milliards d'euros annoncés, mais on ne sait pas si c'est en euro 2013, année du lancement du programme), trop lourd (plus de dix tonnes), trop tardif (la techno sera complètement dépassée quand les premiers exemplaires sortiront des chaînes, si le drone parvient un jour à prendre son envol) et par-dessus tout inutile à nos besoins (le maître d'ouvrage allemand a imposé une double propulsion et une certification aviation civile centre-Europe). L'état-major des armées françaises peste depuis dix ans contre un « éléphant blanc » qui ne répondra pas à ses besoins capacitaires et l'empêche aujourd'hui d'acquérir les systèmes indispensables à nos forces. En attendant, nos armées dépendent des Reaper américains, grâce auxquels leurs activités n'ont aucun secret pour l'oncle Sam. Vous avez dit autonomie ?

Personne en France depuis dix ans n'a eu le courage de sortir d'une coopération délétère. L'occasion aurait pu être saisie de l'abandon unilatéral par notre partenaire allemand du programme de rénovation de l'hélicoptère Tigre. Comme chacun sait, il n'en a rien été. Pas question de perdre la face pour un exécutif qui a investi toute sa crédibilité dans l'idéal européen (3) : la communication avant tout ! L'armée de terre a mangé son képi : elle aura moins de Tigre, voilà tout.

Europe de la défense, un modèle actuel inefficace

Il y a donc fort à craindre que les progrès de l'Europe de la défense dont on nous rebat les oreilles ne se fassent sur le même modèle : inefficace et contraire aux intérêts industriels et capacitaires de notre pays. C'est d'ailleurs ce que suggère un récent rapport parlementaire des députés Larsonneur et Thiériot. Cela ne veut pas dire que toute coopération soit vouée à l'échec ou au fiasco. Le programme franco-belge CAMO et son prolongement dans l'armement de petit calibre semble des plus prometteurs. C'est qu'il repose sur la prise en compte des intérêts réciproques, tant capacitaires qu'industriels.

Dans les temps durablement troublés dans lesquels nous sommes entrés, si l'on veut vraiment « réarmer l'Europe », « un tien valent mieux que » 27 « tu l'auras ». L'OTAN, avec toutes ses faiblesses, a fait la preuve de son efficacité, à défaut de son efficience. L'Europe de la défense a fait la preuve du contraire. On ne change pas de monture au milieu du gué.

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(1) Par exemple le commandement médical européen (EMC) et le noyau opérationnel EUFOR de réaction aux crises (EUFOR CROC)

(2) Comment les Français financent l'effort de guerre polonais et l'industrie de défense extra-européenne

(3) https://www.latribune.fr/opinions/defense-l-europe-qui-protege-l-europe-comme-le-gui-sur-l-arbre-qu-il-parasite-968533.html

https://www.latribune.fr/opinions/elections-allemandes-que-restera-t-il-des-cinq-programmes-d-armement-emblematiques-de-2017-892845.html

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  • Les huit points clés de l'assistance militaire de la France à l'Ukraine (2/2)

* Le groupe Mars, constitué d'une trentaine de personnalités françaises issues d'horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l'industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

Le groupe de réflexions Mars*

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