« Pour les wokistes, la fin justifie tous les moyens » (Chloé Morin, politologue)
Nicolas Prissette
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Chloé Morin.
© ALAIN ROBERT/SIPA
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LA TRIBUNE DIMANCHE -
Le wokisme, ou « éveil », déchaîne les passions entre les extrêmes. Comment définissez-vous ce phénomène, sachant que les militants eux-mêmes n'utilisent pas ce mot ?À lire également
Il est vrai que nous sommes face à une nébuleuse de pensées, qui comprend notamment le néoféminisme et le décolonialisme. Il n'existe pas de définition qui fasse consensus dans le monde académique. Pour moi, le wokisme est une vision manichéenne, où le monde se compose uniquement de dominants et de dominés, chacun étant enfermé dans sa case étanche et sans autre perspective que le conflit. Les dominants, ce sont les hommes, l'Occident, Israël... Les dominés sont les femmes, les anciennes colonies, les Palestiniens... L'objectif poursuivi est simple : renverser les rapports de domina
tion. Ce mode de pensée s'est installé dans les débats, dictant l'agenda médiatique grâce à une grande maîtrise des codes des réseaux sociaux et des médias d'information continue. Les activistes wokes considèrent que la fin justifie tous les moyens. Ainsi, ils n'hésitent pas à piétiner la présomption d'innocence, ou encore à intimider leurs cibles : des pièces de théâtre et des conférences ont été empêchées, la censure gagne dans l'édition et le cinéma, dans les entreprises. Par peur de représailles, de plus en plus de citoyens n'osent plus exprimer leur désaccord.Nicolas Prissette