Comment forcer la main à l'Allemagne ?

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Drapeau européen s'affiche en haut du Bundestag. Reuters
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Comme l'a souligné la rédaction du Monde dans la présentation de l'article publié le 31 juillet 2012 « Pourquoi Paris et Berlin s'opposent », son auteur, de Hans-Werner Sinn, est considéré comme l'économiste le plus influent en Allemagne : un expert de haut niveau reconnu par ses pairs doublé d'un intellectuel médiatique encensé par le tabloïd Bild. Il est donc intéressant d'analyser son texte pour mieux comprendre le système de représentation de la majorité des dirigeants politiques et économiques de la RFA.

Personne ne contestera que l'élimination du risque de changes au sein de la zone euro y a favorisé les flux de capitaux. De même, il est indéniable que l'afflux massif de capitaux allemands dans les pays actuellement en crise y a généré une croissance inflationniste et qu'il a d'autant plus contribué à la dégradation de leur compétitivité par rapport à l'Allemagne que le produit intérieur brut (PIB) de la RFA a relativement peu progressé pendant cette période et que des réformes sociales « douloureuses » y ont conduit à la quasi-stagnation des salaires et à la réduction des prestations sociales.

Par contre, il est plus difficile d'être d'accord avec Hans-Werner Sinn quand il affirme que ce sont les flux de capitaux de l'Allemagne vers l'étranger qui ont été la cause de la faiblesse de la croissance et des investissements intérieurs allemands, ainsi que des « réformes sociales douloureuses » du chancelier Gerhard Schröder.

Une confusion symptomatique

À vrai dire, Hans-Werner Sinn est pour le moins confus à propos des flux de capitaux de l'Allemagne vers l'étranger dans les six paragraphes où il est supposé montrer qu'elle « a subi sa propre crise de l'euro » et expliquer pourquoi « Berlin rejette le projet de mutualisation de la dette ». En effet, il y traite sans précaution méthodologique de deux phénomènes qui relèvent de logiques différentes : les mécanismes internes à la zone euro, d'une part, et le départ des « deux tiers de l'épargne allemande (...) vers l'étranger » y compris hors de cette zone. Contrairement à ce qu'il laisse entendre, les « deux tiers de l'épargne allemande » n'ont pas été destinés uniquement aux PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), comme cela ressort d'un autre de ses articles. Une partie non négligeable a servi à créer ou à financer des filiales dans et hors de cette zone qui ont grandement contribué à l'amélioration de la compétitivité des entreprises allemandes. Une autre fut l'objet d'investissements financiers, notamment aux États-Unis où les banques allemandes perdirent environ 70 milliards de dollars lors de la crise des subprimes de 2007, sans que ni le traité de Maastricht, ni les gabegies grecques ou andalouses y soient pour grand chose.

Or, seule la décomposition des flux de capitaux allemands vers l'étranger permet de savoir s'il est vrai que leur augmentation est à l'origine de la faiblesse des investissements intérieurs allemands et donc de la croissance, comme l'affirme Hans-Werner Sinn, ou si on doit inverser le rapport de causalité en considérant que la politique austéritaire mise en ?uvre en RFA pendant plus d'une décennie a tellement réduit les opportunités d'investissement que les détenteurs de capitaux ont été forcés d'en chercher à l'extérieur.

Cette alternative n'est pas anodine, puisque c'est de la réponse qui lui est donnée que dépend le choix des solutions à la crise de la zone euro. Si on choisit la première explication, on en déduira que les pays en difficulté de la zone euro pourraient supporter la fuite des capitaux tout en améliorant leur productivité, comme l'Allemagne l'a fait. Si on choisit la seconde, il en découlera non seulement que l'expérience allemande du début de ce siècle ne prouve pas que la politique austéritaire qui est imposée aux pays en difficulté suffira pour résoudre leurs problèmes, mais encore qu'il est raisonnable de penser que la politique économique de chacun des pays de la zone euro peut avoir, dans certaines conditions, un impact déterminant sur la situation des autres. Or, la dénégation de cette interdépendance est au c?ur du système de représentation ordolibéral qui inspire la plupart des dirigeants politiques et économiques de la RFA, si on en croit deux spécialistes allemands des relations européennes.

Les circonstances font que nous disposons d'une preuve irréfutable que ce n'est pas l'élimination du risque de changes au sein de la zone euro qui est à l'origine de la faiblesse de la croissance et des investissements intérieurs allemands et que la politique austéritaire qui a été menée dans ce pays a conduit les épargnants allemands à investir à l'étranger du fait du manque d'opportunités locales. En effet, si la première thèse était juste, l'augmentation des flux de capitaux vers l'étranger n'aurait eu que deux explications : le financement de dispositifs destinés à améliorer la compétitivité de l'industrie nationale et l'investissement dans les autres pays de la zone euro pour profiter de l'élimination des risques de changes. On peut même supposer que, dans ces conditions, les autres flux auraient diminué. Or, c'est l'inverse qui s'est produit.

En effet, il y a eu au début de ce siècle un troisième flux de capitaux allemands fort important que le système de représentation de Hans-Werner Sinn ne peut pas expliquer : les investissements financiers aux États-Unis, qui s'avérèrent fort imprudents puisque les dépréciations d'actifs et les pertes de crédits des banques allemandes y atteignirent environ 70 milliards de dollars lorsque la crise des subprimes a éclaté. Certes, me dira-t-on, mais cela peut être expliqué par un banal appât du gain et non par la politique austéritaire des gouvernements allemands. Mais alors, dîtes-moi pourquoi les banques françaises n'ont perdu dans l'affaire « que » 29 milliards de dollars, soit moins de la moitié que leurs collègues d'Outre-Rhin (57 % par euro de PIB si on prend en compte le fait que celui de l'Allemagne était alors supérieur de 34 % à celui de la France). Leurs dirigeants étaient-ils moins fascinés par les mirages spéculatifs ou leurs employés étaient-ils plus clairvoyants ? Que nenni ! Il n'y a qu'une seule explication qui tienne : du fait de la quasi-stagnation des salaires et de la réduction des prestations sociales en Allemagne, les opportunités d'investissement y avaient été raréfiées et d'énormes masses de capitaux étaient disponibles pour des engagements étrangers aventureux, à Miami comme à Sevilla.

Il est donc clair que ni les investissements allemands dans les autres pays de la zone euro ni le traité de Maatschricht ne constituèrent des causes déterminantes de la faiblesse de la croissance et des investissements intérieurs allemands dans leur pays au début du XXI° siècle, contrairement à ce présuppose Hans-Werner Sinn en affirmant que « l'Allemagne a subi sa propre crise de l'euro ». Mais alors pourquoi a-t-il tenu à prétendre le contraire ? Une des principales explications possibles est la conformité du système de représentation activée par son assertion avec le moralisme ordolibéral qui l'inspire et donc avec les mesures qu'il préconise pour résoudre la crise de la zone euro. À l'inverse, il aurait concédé un argument à ses adversaires s'il avait reconnu le rôle de la politique austéritaire de l'Allemagne dans l'accroissement des flux financiers au sein de la zone euro.

En effet, si une puissance telle que l'Allemagne était incapable d'empêcher la fuite des capitaux pendant près d'une décennie dès lors que le risque de change a été éliminé, on devrait en déduire que les nations ne maîtrisent pas leurs relations à leur environnement économique et ne peuvent donc réussir qu'en adoptant un ethos à usage interne, aisément formulable en termes moraux. A contrario, si Hans-Werner Sinn avait admis que les politiques austéritaires des gouvernements allemands ont contribué à l'exportation des capitaux à destination des pays qui sont en difficulté et donc à la dégradation de leur compétitivité, il aurait dû reconnaître qu'il est nécessaire de prendre en compte l'interdépendance des pays membres de la zone euro pour trouver une solution à la crise actuelle. De ce point de vue, il ne diffère guère que par des nuances de la chancelière Angela Merkel à laquelle il s'est publiquement opposé au mois de juillet dans l'acceptation des présupposés ordolibéraux, si ce n'est qu'il est plus dogmatique et plus nationaliste et qu'elle apparaît plus pragmatique et plus marquée par le moralisme luthérien.

L'ethos ordolibéral est insuffisant pour assurer le succès des politiques austéritaires

Si on admet que l'interdépendance entre les pays membres de la zone euro est un élément déterminant de son fonctionnement, mais aussi de la crise qu'elle traverse, il en résulte des conséquences importantes non seulement pour la compréhension de l'origine de cette crise, mais aussi pour la recherche de solutions et pour l'explication du succès des mesures austéritaires allemandes.

Il est en effet réducteur d'attribuer le succès des politiques austéritaires allemandes à la seule qualité des stratégies industrielles de la RFA sans tenir compte de l'environnement macroéconomique dont leurs mises en ?uvre ont bénéficié. En effet, il ne suffit pas de bien produire, encore faut-il avoir les capacités de vendre ce qui est produit. Or, le pouvoir d'achat des salariés allemands a quasiment stagné, notamment dans la partie occidentale où il n'a progressé que de 2 % entre 1991 et 2011, à en croire l'Institut der deutschen Wirtschaft. Le marché intérieur aurait été donc insuffisant pour absorber la croissance de 26 % en monnaie constante du PIB par habitant pendant cette période. Ce supplément de production n'a pu être absorbé que grâce à l'augmentation des exportations, qui sont passées de 29 % du PIB en 1999 à 50 % en 2011 et, surtout, de celle de l'excédent commercial qui, après avoir oscillé aux alentours de 1 % de ce même PIB de 1995 à 2000, est passé à 2 % en 2001, est monté jusqu'à 7 % en 2007 pour revenir à 5 % en 2011. Or, la zone euro absorbait 40 % des exportations allemandes de 2011 et générait 50 % de son excédent commercial. Plus précisément, les exportations de la RFA étaient supérieures de 29 % aux importations dans ses échanges avec l'Italie, 50 % avec le Portugal, 53 % avec la France, 55 % avec l'Espagne et 160 % avec la Grèce.

Il en découle que la politique austéritaire de l'Allemagne aurait probablement échoué si tous les pays de la zone euro avaient fait la même chose qu'elle au même moment. Non seulement ils n'auraient pas eu les moyens nécessaires à l'absorption de l'excédent de sa production, mais encore l'avantage compétitif de ses entreprises aurait été moindre.

Dès lors qu'on veut tirer les leçons du succès des programmes austéritaires des gouvernements allemands pour résoudre les problèmes de la zone euro, il faut les tirer toutes. Certes, un effort de rigueur est indispensable dans de nombreux pays afin d'améliorer la compétitivité de leurs entreprises, mais il devrait être entrepris dans un environnement économique comparable à celui dont l'Allemagne avait bénéficié. Or la focalisation sur la préservation de la pureté de l'ethos ordolibéral escamote la seconde condition.

C'est en effet au nom de leur phobie de l'inflation que les ordolibéraux refusent de discuter de l'attribution à la Banque Centrale Européenne d'un statut de prêteur en dernier ressort aux États, bien que l'expérience montre que c'est une des principales conditions du retour à des niveaux acceptables des taux d'intérêt des dettes souveraines des pays membres de la zone euro en difficulté. C'est également parce qu'ils sont focalisés sur la préservation de la pureté de leur ethos qu'ils refusent de constater que des dévaluations internes qu'ils exigent des PIIGS sont non seulement cruelles socialement et dangereuses politiquement mais encore inefficaces économiquement, comme l'a démontré l'économiste néo-keynésien Paul Krugman qui préconise que les pays en bonne santé économique tels que l'Allemagne acceptent un taux d'inflation suffisamment élevé (4 % à 5%) pour que les programmes austéritaires n'asphyxient pas ceux à qui ils sont imposés.

Une autre confusion symptomatique

C'est également à cause de leur focalisation sur la préservation de l'intégrité de leur ethos que les ordolibéraux allemands dénient l'interdépendance entre les membres de la zone euro et donc des dangers qu'ils font courir à leur propre pays en poussant les PIIGS vers la sortie.

L'ambivalence de Hans-Werner Sinn à l'égard de la perte que pourrait subir la la Bundesbank si les pays en difficulté faisaient faillite et abandonnaient l'euro est à cet égard symptomatique. D'une part, il a consacré six paragraphes de son article publié par Le Monde pour exposer les risques considérables qui découleraient selon lui principalement du financement des échanges entre les États membres par leurs banques centrales nationales depuis qu'elles ont pris, en 2007, le relais des banques commerciales dans le cadre du système européen de paiements interbancaires Target 2. D'autre part, il conclut son descriptif détaillé en écrivant que les chiffres spectaculaires qu'il donne « ne doivent pas être interprétés par le lecteur comme des prévisions. » Alors pourquoi leur a-t-il consacré tant de place ? La question est d'autant plus pertinente qu'en tant que coauteur de l'article qui a signalé ce problème, il est mieux placé que quiconque pour savoir ce qu'il en est. Ferait-il référence à l'argument du ministère des finances allemands selon lequel des garanties seraient attachées à Target 2 ? Cependant, ces actions et/ou obligations ne vaudraient plus grand chose après que les PIIGS aient abandonné l'euro, puisqu'elles auraient été émises par des États ou des banques en faillite dans des pays en récession avec des monnaies fortement dévaluées.

Il me semble que la confusion de Hans-Werner Sinn sur ces chiffres peut être expliquée par les présupposés ordolibéraux, comme celle relative à l'exportation des capitaux allemands. Il a cité ces chiffres dans le cadre d'une pédagogie morale : monétiser l'irrespect de l'ethos ordolibéral par la zone euro. Cependant, il s'est probablement rendu compte qu'il y avait quelque paradoxe à préconiser la sortie de l'euro par les « pays affectés » par la crise -c'est-à-dire y compris l'Italie et l'Espagne- six paragraphes après avoir expliqué que le seul coût financier de cet abandon pourrait coûter à l'Allemagne jusqu'à 30 % de son PIB. Dit autrement, ces chiffres sont précieux pour lui quand il s'agit de dénoncer les atteintes à l'ethos ordolibéral, mais doivent être relativisés dès lors qu'ils risqueraient de prouver l'interdépendance des pays membres de la zone euro.

Le coût pour l'Allemagne de l'abandon de l'euro par les pays en difficulté

Le PIB allemand serait affecté par l'abandon de la zone euro par les PIIGS pour une seconde raison, découlant de son extrême vulnérabilité au risque de la perte de clients de ses exportateurs. Hans-Werner Sinn n'y a même pas fait allusion, probablement parce que son évocation aurait pu être perçue comme une preuve de l'interdépendance des pays membres de la zone euro.

En effet, il résulterait de l'abandon de la zone euro par les PIIGS une réduction des exportations de la RFA et, donc, de son PIB et, surtout de son tissu industriel. Ils représentaient en 2011 11 % de ses exportations et 15 % de son excédent commercial (20 % si on exclut l'Irlande qui a un solde de 5%). Leurs achats diminueraient pour deux raisons : d'une part, la baisse brutale de leur pouvoir d'achat provenant elle-même de la dévaluation importante de leur monnaie et de l'approfondissement de la crise et, d'autre part, de l'amélioration de la compétitivité de leurs producteurs qui pourraient d'ailleurs concurrencer les produits et services allemands les moins spécifiques en dehors de leurs frontières. De plus, il est plus que probable qu'il en résulterait de graves répercussions sur les économies déjà fragilisées mais qui n'ont pas encore sombré dans la spirale déflationniste, telles que celles de la France et de la Belgique, qui représentent 14 % des exportations de l'Allemagne et 28 % de son excédent commercial, ne serait-ce que parce que 18 % des exportations françaises sont vendues aux PIIGS. Qui plus est, on ne peut ne pas imaginer qu'un tel choc n'ait pas de répercussions sur les autres pays de la zone euro (15 % des exportations de l'Allemagne), sur les autres pays de l'Union européenne (13%) et sur les autres pays européens (18%).

Ce ne serait pas la Chine, souvent présentée comme le nouvel Eldorado des exportateurs allemands, qui pourrait les sauver de la crise. En effet, ses achats de produits et services allemands ne représentent que 63 % de ceux de la France et moins de 9 % de ceux du continent européen. En tout état de cause, la plupart des experts estiment qu'une sortie de l'Italie de la zone euro provoquerait une onde de choc dans l'économie mondiale au moins aussi grave que celle qu'a générée la crise des subprimes.

Il est bien sûr difficile de faire des prévisions, mais il me semble raisonnable d'estimer qu'il résulterait de l'abandon de l'euro par les PIIGS une baisse des exportations allemandes d'environ 10 %. Puisque les exportations représentent 50 % du PIB de la RFA, ce dernier baisserait de 5 % et la production industrielle d'environ 7 %. Certes, l'Allemagne a pu surmonter en 2009 une chute de ses exportations encore plus importante (16%) que celle que j'envisage (ce qui, soit dit en passant, montre l'extrême prudence de mon hypothèse). Cependant, elles avaient quasiment retrouvé leur niveau de 2008 en 2010, en grande partie grâce aux plans de relance vilipendés par les ordolibéraux, alors que, cette fois-ci, la majeure partie des pertes subies ne pourrait pas être rattrapée avant cinq à dix ans. En admettant qu'elles soient progressivement réduites au cours du temps, on peut estimer leur effet cumulé à 15 % à 20 % du PIB.

En prenant les hypothèses les moins pessimistes possibles, on peut donc estimer que l'abandon de la zone euro par les PIIGS coûterait à l'Allemagne au moins 10 % de son PIB en perte financière sèche immédiate et 15 % de baisse découlant de la chute de ses exportations sur plusieurs années, soit un total de 25 %. J'exagère ? Mais alors que faut-il penser de l'estimation du Conseil allemand des experts économiques selon lequel, d'après Der Spiegel, un effondrement du système monétaire européen pourrait coûter à la RFA jusqu'à 3 300 milliards d'euros, c'est-à-dire approximativement 130 % de son (PIB) ?

Forcer les ordolibéraux à prendre conscience de l'interdépendance des pays de la zone euro

Ce serait bien cher payer la protection de l'intégrité de l'expression de l'ethos ordolibéral. C'est pourtant ce que préconise l'économiste le plus influent en Allemagne et ce que la chancelière Angela Merkel ne fait rien pour empêcher au nom de son moralisme luthérien. Mais on aura compris que l'intérêt de leur pays importe moins aux ordolibéraux que la maîtrise absolue de leurs relations avec leurs partenaires, comme le manifeste, d'ailleurs, le recours incessant au thème du hasard moral dans leurs discours. Et cette maîtrise passe pour eux par le triomphe de l'ordolibéralisme. Comme l'a écrit l'économiste allemand Wolfgang Münchau favorable aux thèses néo-keynésiennes dans sa chronique du Financial Times, « ceux qui présentent la stratégie de l'Allemagne comme un 'bluff'' présupposent un degré de rationalité qui est totalement absent (...). Dans le récit allemand, l'économie est comme un match de football que l'Allemagne est en train de gagner. ». Cette incapacité à accepter quoi que soit qui ne soit pas conforme à l'ethos ordolibéral ressort également du document de ces deux compatriotes spécialistes des relations européennes que j'ai déjà cité.

Alors comment forcer les ordolibéraux allemands à prendre conscience de l'interdépendance des pays membres de la zone euro, ainsi que les interrelations en son sein entre les marchés et les processus de décision politique ? Je ne vois qu'un seul moyen : organiser un boycott des produits allemands à l'échelle européenne avant qu'il ne soit trop tard, jusqu'à ce que le gouvernement de Berlin cède aux trois revendications qui suivent : attribuer à la BCE un statut de prêteur en dernier ressort aux États-membres ; encourager une relance inflationniste dans son pays et dans tous ceux dont la situation économique est saine pendant au moins trois à quatre ans ; s'associer à toutes les autres mesures nécessaires pour que les inévitables dispositifs austéritaires des pays en difficulté ne les fassent pas sombrer dans l'engrenage mortifère des dévaluations internes. Ce ne serait, après tout, qu'un bref avant-goût de ce que l'élite ordolibérale allemande ferait subir à ses concitoyens pendant au moins cinq années si elle ne faisait pas les concessions indispensables au maintien des pays en difficulté dans la zone euro.

Je propose de donner un nom allemand à ce mouvement -Boykott deutscher Waren- afin que tous les peuples d'Europe puissent se l'approprier pour manifester leur colère à l'égard d'Angela Merkel et de ses alliés ordolibéraux.

Antigermanisme primaire ? Oseriez-vous alors accuser d'antigermanisme primaire l'ancien ministre des affaires étrangères de la RFA Joschka Fischer qui a conclu récemment un de ses articles en écrivant qu'il « serait à la fois tragique et ironique qu'une Allemagne unifiée provoque la ruine, par des moyens pacifiques et les meilleures intentions du monde, de l'ordre européen pour la troisième fois ». D'ailleurs, en quoi y aurait-il la moindre haine du peuple allemand dans l'exigence que son gouvernement redonne enfin aux salariés et aux plus démunis de leurs concitoyens la part qui leur est due après qu'ils aient contribué pendant deux décennies à l'augmentation de la production nationale de 26 % en ne recevant que des miettes.

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Commentaires
a écrit le 17/08/2012 à 17:14 :
Boycott européen des produits allemands ? Vous rêvez, car pour le réaliser il faudrait que les citoyens de tous les pays de l'Europe soient d"accord, seule une décision des Etats des pays concernés pourraient le faire, mais imaginez, un telle "guerre " commerciale est impensable au sein même de l'union européenne. La politique de rationalisation budgétaire de l'Allemagne est certainement trop rigoureuse vis à vis de son peuple mais elle n'est pas la cause des difficultés des autres pays de l'Europe et de l'euro. Les pays de la zone euro ne produisent plus assez et n'exportent pas suffisamment car le coût de fabrication est trop élevé à qualité égale avec les produits industriels de l'Allemagne, ceci accroit le chômage et provoque une régression globale du pouvoir d'achat des citoyens et ruine les économies de ces pays qui doivent emprunter de plus en plus à des taux très élevés car ces Etats doivent dépenser des fortunes en aides en tous genres pour les plus démunis, pour tenter de diminuer la dette d'Etat ils paupérisent l'ensemble des populations en augmentant taxes et impôts. C'est dans nos propres gestions qu'il faut trouver les solutions : politiques économiques et financières, politiques industrielles, politiques des formations de bases et des travailleurs, rationalisation des taxes et impôts, développement des infrastructures routières, développement de la recherche, etc ...
Ce n'est pas en attaquant l'Allemagne que l'europe et l'euro s'en sortiront mieux. Il faut faire une analyse sytèmique de l'ensemble des facteurs nationaux et internationaux et de le leurs interactions, voire des interréactions entre les peuples. Le gouvernement français actuel semble agir au coup par coup sans cette vision d'ensemble et sans tenir compte des risques encourus pour notre économie des mesures qu'il prend. L'Allemagne s'est créé une politique avant-gardiste, reprochons nous de ne pas en avoir fait autant. Mais il n'est pas trop tard pour envisager un réel changement, mais au vu de la politique du gouvernement de gauche actuel , il semble que cette analyse systèmique n'est pas à l'ordre du jour. Combien d'entreprises en France ont été rachetées par des industriels Allemands qu'adviendrait-il s'ils les rapatriaient chez eux ? Avant de prôner cet excessif boycott des produits fabriqués en Allemagne, il faut penser nous-mêmes en France - comment nous pouvons mieux gérer notre pays ? Comment rivaliser avec les pays qui s'en sortent mieux que nous ?
a écrit le 17/08/2012 à 9:54 :
J'ai de la famille en Allemagne, tout est bien dans l'exposé et dans les commentaires.
Le seul problème est que les Allemands sont de plus en plus mécontents du système actuel, et qu'un peuple frustré engendre des révolutions et la prise du pouvoir par des obscures populistes.
Comme en Russie, certaines classes de la société ont la nostalgie de la grandeur passée.
Alors Messieurs à la place de vos BM et autres Mercedes, vous pourriez dans une décennie vous retrouvez devant des Panzer de la même marque.
l'histoire bégaye
a écrit le 16/08/2012 à 18:55 :
Ce commentaire est trés technique.Il oublie les critiques que bon nombres de leaders allemands à droite comme à gauche tiennent surtout contre la Grece qui n'est pas capable et qui ne veut pas se reformer.Le boycot des produits allemands !Qui va le suivre? Moi je suis adepte de Bosch et BMW et personne au monde ne me ferra changer d'avis ,d'autant que meme en deconfiture ,il y aura toujours des classes moyennes /superieures qui acheteront des produits allemands.Quand on a les moyens ,qui que l'on soit au 4 coins du monde ,on n'achette pas du bas de gamme ,de la m.......,et la force absolue de l'industrie allemande c'est de s'etre positionnée sur ces crenneaux moyens /haut de gamme qui sont les mieux générateurs de marges pour satisfaire le social,le capital,et les investissements.L'explosion de ces classes sociales chez les BRICS et leur maintient dans le reste du monde donnera toujours de la force aux exportations allemandes.De plus ,la reciprocité serra de mise,l'Allemagne n'est pas seule en Europe (Finlande +Hollande + Autriche ......ext...) et je suis pas du tout convaincu que les Italiens qui arrivent à vendre de l'automobile sportive haut de gamme aux allemands suivront le mouvement trés loin de là,quand à nous français,nous aurions beaucoup plus à y perdre, ou se redeployer pour y vendre ce que l'on ne vendra plus aux allemands et leurs alliés ?Le serpent monaitere fonctionnait assez bien avant l'? et c'est vers ça qu'il faut revenir ,ça serrait un acte d'addaptation à la crise donc un moment de modernité.Bien sur il faut réinventer ce retour pour le présenter aux marchés comme quelque chose de nouveau et pas comme du rechauffé.De toutes les manieres possibles,l'? restera fort car c'est la volonté de l'Allemagne et de ses alliés,et les pays aux économies faibles ne pourront y prosperer.Quand le mark était haut et fort,l'économie allemande n'était en rien pénalisée.La moitié de la dette grecque à deja été éffacée il n'est pas pensable ni souhaitable d'aller au dela ,preter n'est pas donner,ce serrait la prime aux voleurs et pourquoi ,pour eux,ne pas continuer comme ça ? Les allemands l'ont bien dit ,eux ont fait des efforts se sont restructurés ,pourquoi partager des eurobonds,eux vertueux payeraient plus cher ,et les pays laxistes moins cher !Il n'y a aucune communauté de famille .Consentiriez vous ,M.l'économiste à preter de l'argent à votre frere si il a une réputation sulfureuse de dépensier sans avoir rien à mettre en gage en retour face à votre pret !Posez vous bien la question,un pret vous engage à le rembourser verifiez vous capacités de remboursement avant de vous engager.Cette phrase à une portée universelle et aux USA la FED prete aux états americains en deconfitures avec des exigences au moins égales à celles éxigés de la Grece,c'est un état fédéral,et la casse sociale,dans ces états, y est considerable.
a écrit le 16/08/2012 à 17:43 :
Article ô combien compliqué pour tenter d'expliquer des choses simples en oubliant le fondamental des entreprises : leur spécificité : produire des objets et des services dans un contexte économique mais aussi géographique. Or l'allemagne a une particularité capitalistique qui n'est pas la nôtre : un spectre d'entreprises diffus avec longtemps de grandes redondances dans un contexte en écho d'après guerre ou la faute et la peur des dommages était présente, le tout dans un pays aujourd'hui d'un peu plus de la moitié de la France mais il y a peu encore plus réduit. Avec au surplus un choix quasi religieux des anglo saxons de l'allemagne comme grand pays d'europe continentale devant recevoir leurs investissements . Ces entreprises allemandes de niches poussées à l'excellence n'ont rapidment plus trouvé preneur qu'à la grande exportation, mieux : il a fallu constuire clé en main et former pour que leur utilisation se répande. A chaque cycle de nouveauté le marché allemand étant la base puis les autres pays proches puis lorsque se fait sentir la saturation des expéditions d'investissement pour en ouvrir d'autres. C'est tout aussi simple, le Chancelier qui se trouve en fin de l'un de ces cycle a l'impérativité d'agir pour que ces expéditions soient possibles. Elles sont sur les gros marchés pour les destinations lointaines, mais de préférence sur les pays voisins lorsque les subventions de Bruxelles y permettent quelque aide et qu'ils sont nouvellement ouverts. Les économistes ont ainsi parlé d'une économie de "bazar" pour laquelle la production allemande n'est pas entièrement allemande et d'économie de "caravane" pour laquelle les investissements suivent les budgets alloués aux différents pays lors de la création de la monstruosité économique qu'est l'Europe. L'allemagne suit l'eau du caniveau, elle doit probablement conduire à la mer, c'est une question de survie. La France on le sait a choisi la voie d'une matrice plus dure dont le pendant est le chômage comme variable d'ajustement, certaine d'une monnaie non dévaluable désormais elle travaille les gros secteurs en masse exclusive. L'ensemble des éléments décrits dans l'article se croisent dans chaque modèle austérité/investissement mais sur des points d'application différents dont il est interessant de dresser le tableau. la génralisation escomptée n'étant surtout pas de mise. Pour finalité la matrice française a bien plus de chances de gagner.
a écrit le 16/08/2012 à 11:35 :
envoyer Hollande.
a écrit le 16/08/2012 à 8:16 :
Comment forcer la main à l'Allemagne ? En acceptant de faire aussi un "pas" !
a écrit le 15/08/2012 à 13:51 :
La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, climat, ressources et richesse naturelles (matières premières), taille du pays, etc, etc.) S'il est vrai que la France et l'Allemagne pourraient arriver à une compétitivité comparable il n'en est pas de même pour d'autres pays de la zone Euro. Des pays aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce et autres ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne (à moins de devenir des paradis fiscaux). Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
a écrit le 15/08/2012 à 8:43 :
quand nous voyons en france le tres tres grand nombre d"élus avec leurs priviléges exorbitants,genre prime chauffage pour les sénateurs qui ne servent à rien,comment voulez vous que l'allemagne accepte de payer pour eux ? mais ces élus n'acceptant pas d'abolir leurs priviléges il serait bon d'avoir un PRESIDENT COURAGEUX qui régle ce probleme par référendum ou faudra t il copier les pays arabes
a écrit le 15/08/2012 à 8:08 :
En fin de compte, Merkel fait un coup de poker avec les autres états européens " vous vous alignez sur notre politique économique et budgétaire sinon on lâche l'Euro" ...les autres pays européens ont peur car l'Euro veut dire une monnaie forte une chose qu'ils n'oint jamais eu et avec le prix du baril de pétrole c'est appréciable. Mais ou est la faiblesse de Merkel c'est justement l'économie allemande ne peut pas se priver de l'Euro, car cela a doper ses exportations.
Merkel et Allemagne essaye de tirer profit au bénéfice de l'Allemagne du besoin de monnaie forte des pays européens.
l'euro tient car chaque pays européens tire un avantage à son maintien même la France.
les économies européennes aujourd'hui sont trop interdépendants pour que si une partie de l?Europe tousse, les autres ont des contrecoups. Si la récession s'installe durablement en Europe, l?Allemagne sera touché aussi. Une baise de la consommation en Europe touchera les exportations allemandes.
n'empêche que l'Euro porte en lui même ses insuffisances, il n'a pas compris de mécanismes supra-nationales de contraintes financières et budgétaire. d?où le recours à l'emprunt systématique pour pallier à la crise financière. Il fallait faire une euro entre pays de degré d'économie semblables. L'euro à la Grèce et au Portugal n'est pas un cadeau qu'on leur à fait. pour l?Espagne et l?Italie en dehors de l'euro ce serait été un handicap pour les exportations françaises et allemandes vers ces pays.
la mutualisation des dettes n'est pas envisageable sans contrainte financières et budgétaires de nature supra nationale sur les états membres de l'euro.
a écrit le 14/08/2012 à 11:46 :
Merci pour l'article.

J'ai quelques remarques:

1. "Il n'y a qu'une seule explication qui tienne : du fait de la quasi-stagnation des salaires et de la réduction des prestations sociales en Allemagne, les opportunités d'investissement y avaient été raréfiées et d'énormes masses de capitaux étaient disponibles pour des engagements étrangers aventureux, à Miami comme à Sevilla."

Et pourtant, c'est bien cette politique qui est imposée à toute l'Europe... avec les mêmes effets. Est-ce par stupidité ou par cupidité?

2. "En effet, si une puissance telle que l'Allemagne était incapable d'empêcher la fuite des capitaux pendant près d'une décennie"

Qui a imposé dans le Traité européen la liberté de mouvement des capitaux, non seulement entre les Etats membres de l'Union (ce qui est normal, quoi qu'avec des paradis fiscaux comme le Luxembourg ou le Royaume-uni, on peut se poser la question) mais également entre l'UE et le reste du monde? L'Allemagne.

3. "Il en découle que la politique austéritaire de l'Allemagne aurait probablement échoué si tous les pays de la zone euro avaient fait la même chose qu'elle au même moment."

Et pourtant, il ne faut pas un doctorat en économie pour comprendre ça. On hésite à nouveau entre stupidité et cupidité.

4. "ethos ordolibéral", "moralisme luthérien"

Plutôt que de mélanger morale et économie, pourquoi ne pas évoquer une explication toute simple pour tenter de comprendre cette politique aberrante, à savoir une politique qui défend tout simplement les intérêts des possédants?

L'opposition travail/capital est toujours autant d'actualité. On sacrifie le peuple aux intérêts d'une ultra-minorité... dont la consommation est très loin de compenser l'effondrement du pouvoir d'achat, et donc de la consommation, du reste de la population. Beau travail, en vérité.

5. "le recours incessant au thème du hasard moral dans leurs discours"

"hasard moral" = "prise d'otage". On entend rarement parler de celle, carabinée, subie par la société par les banques...

6. "comment forcer les ordolibéraux allemands à prendre conscience de l'interdépendance des pays membres de la zone euro"

Je regrette qu'il ne soit fait mention nulle part de l'origine de la dette publique (a-t-elle toujours existé? Si non, quand est-elle apparu et pourquoi?), ni de cette construction bancale qu'est l'UE depuis au moins les années 70 avec l'entrée du Royaume-uni, qui n'a jamais voulu autre chose qu'un grand marché, sans aucune intégration politique. On voit le résultat.

L'avantage des crises, c'est que ça oblige à se poser les vrais questions et à agir en conséquence. Il est juste triste qu'il faille sans doute en passer par l'effondrement total du système financier, avec les dégâts qu'on peine d'ailleurs à imaginer...

7. "RFA" : le terme date de l'époque de la division de l'Allemagne. La réunification s'étant produite il y plus de vingt ans, plus personne n'utilise ce terme aujourd'hui.

www.dailymotion.com/relevance/search/fr%C3%A9d%C3%A9ric+lordon/1

Bonne journée.
Réponse de le 16/08/2012 à 19:33 :
Sur les capitaux vous vous trompez.Les capitaux investis dans un pays n'appartiennent pas forcement,loin s'en faut aux ressortissants de ce pays.De ce fait ,il est impossible de s'opposer à leurs departs,esseyez de blocquer un fond de pension US par exp...ou un fond souverain russe chinois arabes norvegiens et autres .Non seulement c'est totalement illégal,mais pas du tout souhaitable pour les relations bi-latérales entres les pays .Aux USA,il y a des fonds de pensions privés et publics.Ceux publics englobent les fonctionnaires (qui peuvent etre aussi vous le savez militaires)mais aussi les futures retraites des élus du Congrés du Senat ext.....J'aimerais bien voir comment vous allez vous opposer à leurs departs si ils veulent partir ......Racontez-nous !
a écrit le 14/08/2012 à 11:39 :
Arrêtez tous avec votre crise de la dette, il suffit de réunir le conseil des nations unies et de mettre tous ces bouts de papiers qui ne seront jamais payés à la poubelle. Les banques feront enfin faillitte et nous serrons alors débarassés d'elles et de leur monnaie inutile. Revenons en au troc.
a écrit le 14/08/2012 à 11:23 :
En résumé, tout cela n'est qu'un jeu dont les règles on été définies, après moult palabres, avec nos amis allemands et évidemment l'ensemble des acteurs. Certains ont tenté de les respecter, notamment quant à l'orthodoxie budgétaire, et d'autres ont préféré jouer les cigales. on ne saurait dès lors reprocher aux allemands leur compétitivité, et faire payer leurs efforts au prétexte qu'ils respectaient les règles, et absoudre les mauvais perdants tricheurs. "Forcer" les dirigeants allemands est donc simpliste, déplacé, même si l'analyse de ce qui a conduit à cette situation de crise peut être pertinente.
a écrit le 14/08/2012 à 5:04 :
Soyez sans crainte ?Spartacus? (tout un programme ça, si on parle d?économie), l?union fiscale est dans les cartons sous la protection absolue du principe politique suprême "Il est trop tard pour faire autrement". Il s?agit simplement d?attendrir encore un peu la viande avant de lui infliger de l?inflation à deux chiffres pour réaliser ce noble objectif. Les USA et tout le reste de l?Europe à part quelques épi-pays sont d?accord, les déchiqueteuses de la justice fiscale et sociale vont bientôt pouvoir répandre leurs bienfaits sur l?Europe éblouie.

Ensuite, on organisera une grande chasse aux ordo-ultra-astro-libéraux qui ont osé professer une maîtrise des dépenses, et on unifiera le super-Etat nouvellement créé autour de ce nouvel ennemi public sans lequel on ne saurait créer la cohésion sociale nécessaire à la survie du nouveau régime menacé d?impopularité par l?appauvrissement général. Ça va être formidable.
a écrit le 13/08/2012 à 23:12 :
Bien sur faire repartir l'inflation ruiner l'épargne acquise facilement remplacée par les pétros dollards arrangerait tout les "pseudo économistes" dont l'impéritie nous a montré les conséquences on aé vu beaucoup de gouvernants favoriser les spéculations immobilieres quand ils étaient incapables de développer les économies quand prendrez vous la mesure de la mondialisation? ce type de raisonnement ne favorisera que les anglos saxons gérants de la spéculation mondiale et les grands émergents, respectez donc les allemands!!
a écrit le 13/08/2012 à 21:50 :
Interessant: ce ne sera pas facile de demander au premier de la classe d´arrêter d´avoir de bonnes notes. Il faudrait plutot se relever les manches et prendres les mesures nécessaires en France; et continuer d´être gentil avec son voisin (on aura besoin de lui dans d´autres situation certainement plus graves).

Le cas de l´ndettement me vient à l´esprit: cet endettement est un mal a démarré depuis très très longtemps, bien avant l´Euro. Les cas d´endettement des états n´est pas nouveau: voir wikipedia "dette de la france". Donc, ne nous focusons pas sur l´allemagne avec sa morale actuelle. Réduisons la dette et faisons notre autocritique. Remettre la responsabilité d´autres pays est trop simple.
Les mécanismes de réduction de la dette sont connus: la dépossession.
Cette dépossession peut avoir plusieurs formes:
- (voir l´histoire et les moyens que la france a utilisé pour que ses créditeurs n´existent plus..)
- création d´inflation
- taxes (tout le monde? seulement les riches?)
- non remboursement de la dette
Définissons d´abord ce que nous voulons: quelle vision avons nous pour la france? un équilibre financier? donner nos dettes à l´allemagne ou autres pays et remettre notre gestion économiques entre leurs mains? Il ne faudra pas avoir de tabous:
- abandon de la gestion économique (l´allemagne va avoir nos dettes en contrepartie)
- rallongement de l´age de la retraite
- redessiner le tissus constituant la socité: recherche et pas la subvention d´entreprises mal gérées comme PSA
- taxation importante des retraites (la generation en retraite a genere la dette)
- reduction des soins de santé
- vente de biens de l´état (guadeloupe et d´autres DOM/TOM peu rentables; etc)

Ce n´est pas des mesures économiques qui vont définir notre bien-être mais notre morale/éthique qui rendra nécessaire les mesures économiques adéquates.
a écrit le 13/08/2012 à 18:49 :
La solution au problème allemand proposée "Boykott deutscher Waren" ne serait guère suivie, plus efficace serait une TWA augmentée (+5) sur les produits provenant de l'étranger et une TVA avec abattement (-5) pour les produits fabriqués localement.
Cela encouragerait les entreprises non seulement allemandes mais aussi internationales à investir et produire dans les pays vers lesquels elles exportent le plus.
En découlerait une diminution du chômage et une augmentation des rentrées fiscales dans ces pays, et ce qui devrait leur permettre aussi d'arriver un budget équilibré.
a écrit le 13/08/2012 à 18:37 :
Il y a aussi la Hollande (pays bas)
élections législatives anticipées le 12 septembre.

avec un peu de chance les Hollandais vont nous aider à sortir de l'euro qui ne marche pas.

il faut être honnête, constater que c'est une erreur un peu comme l'URSS et faire une sortie commune pour ne pas aggraver de la dette par de la dette.

Il faut mieux sortir ensemble que de faire sortir en catastrophe pays par pays, cela risque de provoquer une crise de liquidités et inflation des prix.

article 50 du traité sur l'Union européenne
a écrit le 13/08/2012 à 18:37 :
Depuis environs 16 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS en moyenne. Excédent réalisé principalement en Zone Euro et grâce à l'endettement d'autres pays importateurs de bien allemand (y compris l'armement pour la Grèce). Malheureusement les bénéfices ainsi réalisés par les grosses entreprises allemandes et aussi françaises ont très souvent été réinvesti en dehors de la Zone Euro, avec pour conséquence le chômage des jeunes dans les pays déficitaires.
La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, climat, ressources et richesse naturelles (matières premières), taille du pays, etc, etc.)
S'il est vrai que la France et l'Allemagne pourraient arriver à une compétitivité comparable il n'en est pas de même pour d'autres pays de la zone Euro.
Des pays aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce et autres ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne (à moins de devenir des paradis fiscaux).
Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
Seule solution, les accords doivent être modifiés de façon à permettre aux pays ainsi désavantagés de développer et de protéger leur économie contre des économies plus fortes afin d'arriver au sein de l'Union Monétaire à une plus grande convergence des économies.
Il est aussi important d'arriver à un partage horizontal du travail pour éviter l'exil de jeunes, souvent hautement qualifiés, pour cause de chômage dans les pays périphériques.
Il faut tenir compte de la réalité, l'Allemagne étant le pays économiquement le plus fort de la Zone Euro a pu profiter de l'endettement des autres pays pour développer son industrie aux dépens des autres économies de la Zone Euro.
Je ne pense pas que L'UE puisse survivre si l'Allemagne et la France n'acceptent pas de tenir compte de ces réalité et refusent de revoir les accords et de prendre les mesures qui s'imposent et qui permettraient de compenser ces disparités de compétitivité.
Le dumping social imposé à certains pays de l'UE par la Troïka n'est certainement pas la bonne solution et ne fait que renforcer les divergences.
a écrit le 13/08/2012 à 17:35 :
....Finlande ! et les Finnois sont prèts au combat comme en 39-40 quand ils ont été
agréssés par l'oncle Staline, assisté en sous-main par le cousin Adolf !
Les Finnois ont la mémoire longue !

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