« Retraite : quels contours à la réforme 2013 ? »

 |   |  616  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)
La réforme des retraites est en route. 2013 sera une année décisive pour les experts, les partenaires sociaux et... finalement les parlementaires qui plancheront sur la question. Dans cette tribune, Françoise Kleinbauer soulève plusieurs points clés du débat : quels types de solidarité doit-on privilégier ? Quelle part de la richesse nationale souhaite-t-on consacrer à la retraite ? Privilégie-t-on une nouvelle fois le court ou moyen terme ou s'engage-t-on sur le long terme ?

Annoncée dans la loi Fillon de 2010, confirmée par l'annonce d'un calendrier en juillet 2012, la réforme des retraites de 2013 est en route. Elle est aujourd'hui jalonnée de points d'étapes tels que la remise du rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) attendu le 19 décembre devant statuer sur des hypothèses économiques et sociales de projection, une commission d'experts, désignés en début d'année 2013, en charge de la formulation de pistes de réformes, des concertations avec les partenaires sociaux tout au long de l'année et enfin, des décisions législatives attendues pour la fin 2013.

Mais quels sont les axes privilégiés de ces différents organes de réflexion et de décision ? Différentes questions se posent effectivement aujourd'hui, avec une acuité d'autant plus aiguisée que le contexte économique et social ne laisse que de très faibles marges de man?uvres pour les prochaines années.

Quelles solidarités ?

Une première question, assignée dès juillet à la future commission ad' hoc, est de s'interroger sur les solidarités à mettre en ?uvre. Leurs réflexions seront appuyées par les conclusions que le COR a remises dans un rapport d'octobre 2012, dressant un état des lieux des dispositifs de solidarité en place, et identifiant des pistes d'évolution possibles.

Au-delà des éléments chiffrés proposés dans ces rapports, on peut effectivement se demander quel type de solidarité privilégier. Solidarité intergénérationnelle ? C'est le pacte sur lequel repose nos systèmes actuels, qui n'est pas rompu aujourd'hui mais qui est plus faiblement ancré dans l'esprit des jeunes. Il sera sans doute nécessaire de corréler ce volet « retraite » avec le volet « emploi » si l'on souhaite consolider ce pacte. Solidarité intra-générationnelle ? Cette option pose un certain nombre de questions. Comment réconcilier les professions ? Comment compenser les accidents de carrière ? Quel est le rôle des régimes de retraite dans la réduction des inégalités hommes / femmes, les écarts de pension étant criants (1.489 euros pour les hommes et 777 euros pour les femmes).

La question de l'horizon de la réforme en débat

Une seconde question porte sur l'horizon que l'on se donne pour réformer : privilégie-t-on une nouvelle fois le court ou moyen terme ou s'engage-t-on sur le long terme ? Tout dépend de la place que l'on souhaite donner aux régimes de retraite et au rôle de redistribution qu'on entend leur donner. Il n'est donc pas simplement question d'un choix dichotomique entre une réforme paramétrique ou systémique : il s'agit de définir si on est prêt à se fixer des objectifs clairs pour un nouveau système, vers lequel tous les systèmes de retraite convergent progressivement, que ce soit par des ajustements de paramètres ou par des refontes globales des règles de calcul des droits.

Une troisième question est bien sûr liée aux moyens que l'on se donne : quelle part de la richesse nationale souhaite-t-on consacrer à la retraite ? Avec 13.5 % du PIB aujourd'hui (au dessus de la moyenne Européenne), ce sont effectivement des choix politiques et sociétaux qu'il convient de formuler.

Un statu quo désormais impossible

En tout état de cause, ce que l'on peut affirmer aujourd'hui, c'est qu'un statu quo n'est plus possible. Et, quelle que soit la voie choisie, la réforme engendrera des gagnants et des perdants. Comme actuellement, et comme par le passé. Espérons simplement que chacun de ces groupes aura préalablement été identifié et que chacun de nous bénéficiera d'une information claire, juste et objective sur ses droits.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/01/2013 à 13:24 :
Collectif "Sauvegardes Retraites"
2013 sera l année de la réforme des retraites, public, privé doivent être remis sur la la table
Retraite : comparaison public-privé.
http://www.sauvegarde-retraites.org/campagne-d-action-retraite.php
Désindexation des pensions : les efforts doivent être partagés par tous
http://www.sauvegarde-retraites.org/dossier-retraite-du-mois.php

Réponse de le 20/02/2013 à 4:54 :
Collectif "Défense Retraite" : Non au partisanat sectaire / Pour une défense de toutes les retraites
a écrit le 23/01/2013 à 11:11 :
Au lieu de manifester pour un mariage pour tous qui ne regarde que quelques milliers de personnes , les 20 millions de travailleurs du privé devraient descendre dans la rue pour obtenir un calcul de retraite égalitaire avec le public.
Le privé se fait ponctionner sur tous les tableaux , pendant ce temps la retraite des fonctionnaires coute 5 milliards d'euros de plus tous les ans !
Ne compter pas sur les syndicats inféodés aux fonctionnaires pour agir , ni sur les médias amis et collaborateurs de ce systéme inégalitaire.
Faites-vous entendre dans toutes les entreprises de France POUR EXIGER CELA
Réponse de le 08/02/2013 à 8:59 :
Oui seule une manifestation nationale de plusieurs millions de personnes peut contraindre le gouvernement à aligner les retraites du public sur le privé et à supprimer tous les régimes spéciaux de retraite élus inclus.
Réponse de le 14/02/2013 à 13:17 :
Et dire que 1789 marque l'egalite mais encore 'l'abolition des privileges .On a fait tout le contraire et ce ne sont pas les socialistes qui corrigeront ,la majorite des injustices provient de leur electorat ,c'est donc leur fond de commerce .
Réponse de le 20/02/2013 à 4:58 :
77 milliards d'aides en tous genre du privé. Arrêtons cette gabegie. Marre que les fonctionnaires soient montrés du doigt. Arrêtons le soutien financier aux entreprises du privé Soyons pour une meilleure répartition de l'argent de TOUS les contribuables.
a écrit le 21/01/2013 à 21:07 :
et le plafonnement, personne n'ose en parler
Réponse de le 20/02/2013 à 4:59 :
et le déplafonnement, personne n'en parle non plus
a écrit le 17/12/2012 à 17:37 :
L'équation est simple : il faut impérativement remettre l'ensemble des différents régimes de retraites de base et des régimes complémentaires pour y voir clair (les régimes des salariés du privé Taux de pension calculé sur 25 meilleurs années pour le régime de base ,régimes complémentaires : ce sont les seuls équilibrés
car depuis 20 ans , le taux pour acquérir 1 point AGIRC ou ARRCO est de plus en plus cher et la valeur du point au final est de moins en moins revalorisé ).
Le régime des fonctionnaires extraordinairement favorable avec un taux de remplacement SYSTEMATIQUE de
75% de la valeur du salaire des 6 derniers mois (merci aux promotions de dernière minute) .
Ne parlons pas des régimes spéciaux (EDF,GDF,Cheminots ,RATP,militaires,hopital...et de nos chers élus).

Il serait intéressant de faire un tableau comparatif pour un même niveau de salaire dans le privé , dans la
fonction publique chez EDG , à la sncf ... entre ce niveau de salaire et la retraite correspondante .
Les différences peuvent aller de 30% à 100 % d'écart .

Je ne parle pas non plus des commerçants ,artisans, professions libérales ou le taux de remplacement est plus proche de 30% que de 75 % .

Cherchons l'erreur et il est urgent d'avoir dans les différents conseils d'orientation et décideurs un peu plus
de gens du privé et non pas uniquement des fonctionnaires .

Réponse de le 19/12/2012 à 13:36 :
Non ,le taux de remplacement des fonctionnaires n'est pas SYSTEMATIQUEMENT de 75%. Il est bien entendu proportionnel au nombre de trimestres cotisés ! Une décote est systématiquement appliqué par trimestre manqant. Par exemple, pour 90 trimestres cotisés, le taux est de 41,47% de l'indice atteint au moment du départ ! Il faut être précis et informé avant de répéter ce que l'on entend, hélas, bien trop souvent. D'autre part, il n'y avait pas, jusqu'en 2003, de retraite complémentaire...
Réponse de le 03/01/2013 à 9:28 :
Lorsque l'on parle d'un taux de 75 % pour les fonctionnaires il est important de préciser qu'il s'agit de 75 % du brut et encore il est rarement acquis. Il faut effectivement avoir toutes ses annuités, sinon une décote s'applique. Depuis 2005 il existe une complémentaire mais uniquement sur les primes. Autant dire rien du tout. Et dire qu'il y a changement d'échelon juste avant la retraite c'est faux, c'est le fonctionnaire qui diffère son départ s'il y a promotion. et tout dépend des catégories (chez les cadres c'est valable mais pas chez les catégories C et B).........Je dois aussi préciser qu'un handicapé qui travaille dans l'administration avec une quotité de 50% du fait de son handicap ne peut bénéficier d'aucun complément de revenu contrairement au privé où il perçoit une allocation de 30%.........chaque système a ses avantages et ses inconvénients.....
a écrit le 17/12/2012 à 17:36 :
Comme une rengaine, on répète ici ou là que le systèmes de retraite du public serait plus favorable que celui du privé. Or, c'est faux ! Calculé différemment, oui, mais sur un nombre d'annuités identique, le résultat est identique, en comparant les % de retraite en net par rapport au dernier salaire . Vous pouvez le vérifier avec vos amis ! Ne pas oublier aussi que les avantages familiaux du public sont moins favorables (1 an par enfant dans le public, 2 dans le privé ). Je précise que je n'étais pas fonctionnaire !!
Réponse de le 19/12/2012 à 19:05 :
E D F 1 année de travail egal 5 trimestres valides
Réponse de le 23/12/2012 à 17:55 :
Vous dites n'importe quoi. A EDF 1 année travaillée égal 4 trimestres validés et non pas 5. Je suis bien placé pour vous le dire, j'y travaille.
Réponse de le 20/02/2013 à 5:00 :
EDF = secteur public mais non fonction publique
a écrit le 17/12/2012 à 10:01 :
Il faudra bien en arriver à une réfonte totale du système, sans doute retraite par points qui règlera une fois pour toutes les possibilités pour chacun de partir quand il le voudra en connaissance de cause de ses droits essentiellement au niveau des retraites complémentaires; mettre le secteur public et privé sur le même pied d'égalité en exigeances d'âge, de durée, et de montant de cotisations, surtout au niveau d'une soit-disante réforme des régimes spéciaux de 2008 qui n'a rienh apporté en économies au contraire et des retraites du public dont le déficit s'accroît d'année en année et donc payé par le contribuable et non par les intéressés. Tous nos voisins sont à 65 et 67 ans pour les âges de départ en retraite, qu'attends-t-on pour s'y aligner ?
Réponse de le 15/01/2013 à 11:14 :
Faudrait il encore pouvoir travailler jusqu'à cet age là! Il n'y a déjà plus de boulot pour les plus jeunes!!!
Dans ma boite à 40 ans ils commencent à nous pousser vers la sortie.... On coute trop cher!
a écrit le 15/12/2012 à 15:55 :
elle est en manque pour parler ainsi
a écrit le 15/12/2012 à 1:10 :
Pour respecter enfin une ou deux devises de notre pays
Retraite Public / Privé sur le même mode de calcul.
Arrêt des retraites pour les sénateurs et autres députés au bout de 5 ans de mandat.
Suppression des avantages pour ces hauts fonctionnaires (primes de chauffage de 4000 euros par exemple)
...
...
...
Réponse de le 21/10/2014 à 14:11 :
si les medecins faisaient la greve plus souvent ils seraient mieux payes

a écrit le 14/12/2012 à 23:38 :
BCE et déréglementation du droit du travail n° 254 de la revue hebdomadaire Golias. Du 13 au 19 septembre 2012.

a écrit le 14/12/2012 à 23:36 :
Le taux de retraite du régime du privé n a cessé de baisser depuis la réforme Balladur faite en catimini pendant l été 1993 et s?est traduite comme vous le savez par la prise en compte pour son calcul des 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures années sans oublier l?indexation de revalorisation des pensions qui se fait non plus sur l augmentation des salaires mais sur l?inflation des prix ce qui a eu pour conséquence une perte de pouvoir d achat d?environ 20 %.

Arrêtons l?insupportable inéquité entre le régime de retraite du privé et les régimes de retraites des fonctionnaires (prise en compte des 6 derniers mois, durée moins longue), des régimes particuliers des sénateurs, des députés (5ans cotisés = 1600 ?, quand on sait que 56 % des français n atteignent que 1.200 ? de retraite voir moins !), sans oublier les régimes spéciaux :

EDF un exemple des plus emblématiques (c.f. Le journal le Point du jeudi 11 Novembre 2004 : enquête sur un scandale d?état - Incroyable ! Les salariés du privé vont devoir largement mettre la main au portefeuille pour financer les retraites dorés des salariés d?EDF, un tour de passe -passe cautionné par le ministre de l?Economie, Nicolas Sarkozy).

Ne parlons pas de la fausse réforme du régime de retraite des personnels de la SNCF et de la RATP (qui vont quand même garder leurs avantages acquis) et qui va couter encore plus chère que prévue au contribuable : savez-vous que le régime déficitaire des retraités de la RATP coûte 414 millions d?euros au contribuable en 2010!

Rejoignez le Collectif "Sauvegarde Retraite" au 53 rue vivienne, 75105 Paris Cedex 02
Réponse de le 23/12/2012 à 18:00 :
Au sujet de l'article du POINT: méfiez-vous des journalistes, ils déforment souvent la réalité pour faire du sensationnel. Ils vous disent ce que vous voulez entendre au moment où vous avez envie de l'entendre, le but étant de vendre du papier. Apprenez à vérifier par vous-même ce que les journalistes vous disent. Vous serez souvent surpris de découvrir la vraie réalité.
a écrit le 14/12/2012 à 16:14 :
Notre systeme de retraite par redistribution ne marche pas (ou plus), il fuadrait commencer a ce poser la VRAIE question: doit on passer a un systeme par capitalisation? Car si on continu comme ça je vois mal comment on va financer à part travailler 50 ans!
Réponse de le 23/12/2012 à 18:05 :
Effectivement, on essaie de monter les gens les uns contre les autres en montrant tel ou tel avantage et en omettant tel ou tel inconvénient. Ceci dans le but de réduire de plus en plus les pensions des retraités et futurs retraités.
L'honnêteté commanderait de s'orienter vers un système où la part de capitalisation serait prépondérante. C'est la seule façon de s'en sortir. Mais passer à ce type de retraite ne peut se faire que sur plusieurs décennies car ce n'est pas en 10 ans qu'on peut faire des économies pour se payer un retraite.
Tous les systèmes autres que ceux fortement orientés vers la capitalisation de long terme se terminera tôt ou tard par un échec. Et ça tout le monde le sait mais personne n'ose se l'avouer.
Réponse de le 23/01/2013 à 23:05 :
LES CHINOIS VONT PEUT ETRE PAYER NOS RETRAITES VU QUE L ON A DELOCALISE LA FABRICATION DES BIENS CONSSOMMES CHEZ EUX
UNE AUTRE PISTE SERAI DE PRENDRE DES GESTIONNAIRES CHINOIS A LA PLACE DES NOTRES QUI SONT AUX COMMANDE ACTUELLEMENT
a écrit le 14/12/2012 à 16:14 :
Notre systeme de retraite par redistribution ne marche pas (ou plus), il fuadrait commencer a ce poser la VRAIE question: doit on passer a un systeme par capitalisation? Car si on continu comme ça je vois mal comment on va financer à part travailler 50 ans!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :