Chômage : de la cohérence Monsieur le Président !

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Jean-René Boidron (DR)
Jean-René Boidron (DR) (Crédits : DR)
Les chiffres du chômage en France sont alarmants: 39.800 demandeurs d'emplois supplémentaires ont pointé à Pôle Emploi au mois d'avril. Pour l'entrepreneur Jean-René Boidron, ce chiffre ne fera qu'augmenter si le gouvernement ne prend pas les mesures attendues en faveur des entrepreneurs: assouplissement des contrats de travail, du temps de travail, des charges... Car soutenir la compétitivité des entreprises, c'est aussi favoriser les investissements, et en définitive, l'embauche.

Le record du nombre de chômeurs en France vient encore d'être battu : c'est une symbolique forte mais le plus grave est ailleurs : dans les conditions actuelles, ce chiffre ne peut que monter et personne ne peut raisonnablement espérer une inversion sans une réelle prise de conscience de la gravité de la situation.

Quand le Président Hollande déclare lors de sa dernière intervention télévisée qu'il ne pensait pas que la crise allait durer si longtemps, il prouve que la bonne analyse n'a toujours pas été faite. Comme l'a fort justement diagnostiqué le candidat à la Présidence du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, nous ne sommes pas dans un énième creux conjoncturel, comme nous les avons connus depuis 40 ans,  mais dans une mutation très profonde. Nos responsables politiques n'ont toujours pas pris la mesure de la globalisation des marchés avec une Amérique qui innove, une Asie qui fabrique et des BRICs qui tirent leur richesse de la manne des matières premières ; la France doit se réinventer et redonner à tous ceux qui peuvent créer de la richesse et de l'emploi l'oxygène nécessaire pour innover, investir et prendre des risques.

Encourager les entreprises à investir avec des mesures cohérentes
Notre salut ne viendra pas d'un « choc de compétitivité » pour les besoins de la communication mais d'une série de mesures cohérentes et homogènes dans le temps. L'accord du 11 janvier sur la sécurisation de l'emploi est une avancée majeure pour notre pays mais qui doit être suivi d'autres négociations sur des sujets précis qui depuis trop longtemps brident notre potentiel d'emploi : rigidités du contrat de travail, du temps de travail, poids des charges, fléchage de la formation professionnelle vers les plus vulnérables, renforcement de l'accompagnement individualisé des demandeurs d'emploi, insuffisantes incitations au retour à l'emploi, mise en place de contrats aidés dans la sphère privée et pas seulement publique.

Dans le même temps, le Gouvernement n'a d'autre choix que de soutenir massivement la compétitivité de nos entreprises pour rattraper le terrain perdu depuis des années par rapport à nos voisins anglo-saxons. Le CICE est une mesure qui va dans la bonne direction mais qui ne suffit pas. La maison France souffre d'une maladie économique très sévère qui justifie une stimulation fiscale forte : les entreprises doivent retrouver un niveau de profitabilité compatible avec le nécessaire investissement et la prise de risque qui sont les seuls moteurs de la création d'emplois de demain. Espérons que le tout récent profond remaniement de la taxation du capital soit annonciateur d'une nouvelle dynamique qui fasse oublier des mesures qui ont été nocives pour les créateurs d'emploi.


L'Etat doit se moderniser
Enfin, la mutation actuelle n'est pas catégorielle, elle concerne aussi la sphère publique : les entrepreneurs ont besoin d'engagements clairs sur la modernisation de l'Etat et la baisse de la dépense publique. Sur ce sujet, le décalage entre le discours et les actes sape la confiance des chefs d'entreprise qui doivent obtenir des gages que la sphère privée va arrêter de financer des dépenses à un niveau bien supérieur à celui de ses voisins européens.

Nul doute que si toutes ces mesures étaient mises en ?uvre, la voix de la France serait alors plus crédible auprès de nos partenaires européens. D'abord sur notre besoin de relâcher la cible de la baisse des déficits : il serait compris comme l'indispensable investissement pour retrouver notre place dans un marché globalisé et non comme une relance qui ne résout aucun de nos problèmes structurels. Ensuite sur la nécessaire coopération européenne : dans le débat actuel sur l'hyper-compétitivité allemande et un euro surévalué, la France se donnerait de vrais atouts pour qu'une approche économique et budgétaire commune nous aide à recréer la croissance et à inverser la courbe du chômage.
 

*Jean-René Boidron est président de la commission sociale de l'association d'entrepreneurs Croissance Plus et président de DL Santé

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Commentaires
a écrit le 06/06/2013 à 11:20 :
l énorme trans conteneur arriver a Marseille serai en grande partie charger de produits chinois et tout cela a bas prix je suppose comment lutter contre cela en plus les charges patronal les petites entreprises sont la force et la richesse d un pays avec l Europe tout ca est tombé a l eau avant que nous soyons contrôler par les trop payés de Bruxelles , tout allez bien , la ils ont créé une usine a gaz
a écrit le 06/06/2013 à 8:08 :
moi meme entrepreneur , petite boite de 10 p j'organise la décroissance et m?apprête a licencier 3 p parce que , aujourd hui je suis puni de créer de la richesse et de l'emploi , puni par des charges absolument sans précédent , fatigué de travailler pour une redistribution non contrôlée
ce gouvernement est la RUINE DE LA FRANCE
a écrit le 05/06/2013 à 10:44 :
Monsieur Normal 1er après s'être improvisé mécano avec sa boîte à outil le voilà aujourd'hui sommelier en s'autorisant à dilapider un patrimoine dont il est sensé être le gardien ...Triste France
a écrit le 05/06/2013 à 7:43 :
La rigueur entraîne le chômage, nous les français le savons bien. La demande tombe, des usines ferment, ce qui entraîne une nouvelle baisse de demande. La relance par l'exportation, pari risqué de l'exécutif, ne peut inverser la courbe du chômage dans la moyen terme. À long terme il faut faire mieux que les Allemands, les Espagnols, les Italiens, les Britanniques, les Américains, sans compter les Chinois, Indiens, Vietnamiens, etc. Pas évident, et cela ruinera vraisemblablement le pays.
a écrit le 04/06/2013 à 22:21 :
Que chaque parlementaire aille dans sa circonscription pour rencontrer 20 gérant de TPE (commerçants, artisans,...). Qu'il leur pose les simples questions : "pourquoi n'embauchez-vous pas ? et n'avez-vous pas besoin de vous faire seconder dans votre travail ?" ... Ils auront les mêmes réponses : Oui j'aurais besoin de quelqu'un, mais non je n'embaucherai pas !" et cela sera expliqué par un des deux compléments suivants : "il y a trop de charges" pour une petite part, mais surtout par : "une fois embauché, vous ne pouvez-plus revenir en arrière, vous êtes pieds et poings liés et le code du travail est tel que ça peut ruiner la boite que vous avez créée ... un salarié, ça vous colle au doigts comme le bout de scotch au doigt du professeur Tournesol !!!" Voilà en tout cas ce quemoi j'entends à chaque fois que je parle "salarié" avec des petits patrons, qui, soit dit en passant, préfèrent réduire leur activité plutot que d'embaucher avec le droit du travail actuel !!! Le code du travail qui devrait être protecteur pour les salariés, n'est plus aujourd'hui qu'un épouventail à créer des chomeurs !!! en tout cas, faites le test !!
Réponse de le 06/06/2013 à 8:09 :
parfaite analyse , moi meme chef d'entreprise , suis victime de créer de l'emploi et de la richesse
a écrit le 04/06/2013 à 21:49 :
Nous faisons une erreur fondamentale,c'est de ne pas considérer l"énergie comme le moteur de notre développement économique;l'énergie remplace le travail et doit prendre en charge les prélèvements affectées au travail qu'il remplace.On a le travail,le capital et l'énergie.
a écrit le 04/06/2013 à 21:18 :
Excellent article. A titre personnel, et me trouvant dans une phase d'innovation, j'étudie sérieusement la localisation d'une partie de mes activités en Espagne ou au Portugal. Ces pays sont en train de bouger dans le bon sens malgré les efforts. Le smic portugais est à 450 ? net et il y a beaucoup de salariés qualifiés. Il y a très peu de gens qui tirent une économie, la plupart des salariés ou des citoyens profitent seulement. Ne rien faire pour les créateurs est suicidaire, l'euro au moins permet une mobilité sans pareille.
a écrit le 04/06/2013 à 20:27 :
Oui on sait tous ce qu'il faut faire : arrêter la sur protection des rentiers mais comme ils pèsent lourd électoralement, on préfère ponctionner les actifs et les entrepreneurs ...
a écrit le 04/06/2013 à 19:40 :
Notre Normal 1er qui n'a jamais travaillé se retrouve avec une boite à outils ......
Que voulez vous qu'il en sorte ??? Il improvise ......Pas possible que ça dure encore 4 ans !!!
a écrit le 04/06/2013 à 19:27 :
On sait tous, plus ou moins, ce qu'il faut faire. C'est quoi le problème pour ne pas le faire ? Tout simplement que nos élus sont des hauts fonctionnaires d'état et qu'ils ne vont donc pas réformer ce même état !!!!!!!!!!!!!!!!! Tant que le privé se laissera "tondre", les choses ne changeront pas ou peu. Et si la solution était aux extrêmes ?
a écrit le 04/06/2013 à 18:57 :
Que n'est-il ministre, ce Monsieur, à la place des autres!!!
a écrit le 04/06/2013 à 18:23 :
Excellente synthése que devrait lire, comprendre, ..... et appliquer nos dirigeants. Il y manque la suppression des "avantages acquis en terme de fiscalité" pour un certain nombre de professions protégées et qui n'ont plus lieu d'etre dans la dynamique actuelle d'économies, mais ou l'état oublie de faire passer en priorité lui meme pour réduire ses abus (cf le train de vie de nos ministres en comparaison de la Suède, Allemagne, et autres).
a écrit le 04/06/2013 à 18:00 :
le cice va etre utilise par moins de 10% des entreprises... pour le reste, tt le monde sait ce qu'il faudrait faire; apres ce qu'il ft, c'est une grosse paire de c..., pas un nieme rapport sur les retraites ou la competitivite a la francaise
a écrit le 04/06/2013 à 17:56 :
Il faut éradiquer la fonction publique et territoriales et sa cohorte de fonctionnaires enfin de baisser les charges des entreprises du secteur marchand et augmenter les salaires du privé créateur de richesse et non de dépense astronomique comme le public ainsi on retrouvera la croissance et la prospérité...
a écrit le 04/06/2013 à 17:02 :
C'est le cri du coeur! Merci du sacrifice! Mais notre président se pavane à Paris au milieu de ses fonctionnaires et de ses copains élus, alors que vous êtes sur le front et que la logistique fait défaut.
a écrit le 04/06/2013 à 16:56 :
Mais notre président a pris la mesure des enjeux ! Regardez, il agit en s'attaquant aux créateurs d'entreprises innovantes, aux auto-entrepreneurs et aux riches qui sont la sources de tous les maux de la France... Tandis qu'un fonctionnaire, c'est efficace, productif et cela coûte si peu à la collectivité. ;-)

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