Lyon-Turin : pourquoi il faut stopper le projet

Coût pharaonique, non examen des alternatives: il y a tout lieu de s'opposer au projet loi sur la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Par Bertrand Pancher, député de la Meuse, responsable du Pôle Écologie de l'UDI

3 mn

Pour Betrand Pancher, député UDI de la Meuse, ce n'est pas le meilleur moment pour dépenser les 26,1 milliards d'euros que coûteraient le projet de TGV transalpin... | DR
Pour Betrand Pancher, député UDI de la Meuse, ce n'est pas le meilleur moment pour dépenser les 26,1 milliards d'euros que coûteraient le projet de TGV transalpin... | DR (Crédits : DR)

 Le parlement s'apprête à examiner le projet de loi autorisant l'accord entre la France et l'Italie pour la réalisation et l'exploitation de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin.

Ce traité est le fruit d'une longue histoire qui a pris racine dans les années 90 et a déjà fait l'objet de deux accords internationaux, en 1996 et en 2001 puis d'un 3e le 30 janvier 2012. Le nouvel accord, objet du présent projet de loi, porte notamment sur le tracé définitif, la prise en charge financière, les principes de gouvernance de l'opération, les modalités de réalisation et la politique de report modal.

S'interroger sur la poursuite du projet

La création de cette nouvelle ligne ferroviaire se fondait sur plusieurs arguments : la concentration des flux de poids lourds sur seulement trois axes, la saturation de la voie ferrée sur la côte méditerranéenne, les caractéristiques très difficiles de la ligne historique de la Maurienne et l'insuffisance des liaisons ferroviaires entre les grandes agglomérations alpines du versant français, en particulier la liaison entre Lyon et Chambéry. Elle devait permettre de basculer de la route vers le fer le trafic de marchandises traversant les Alpes entre la France et l'Italie, d'améliorer les liaisons entre les grandes agglomérations alpines des deux pays  et de réduire le temps de trajet Paris-Milan à 4 heures (contre 7 heures aujourd'hui).

Crise économique et budgétaire, chute drastique des moyens, endettement de la SNCF tout comme de son homologue transalpine Ferrovie dello Stato, prise en compte des arguments des associations environnementales et d'usagers, mise en évidence d'autres alternatives : il y a bien lieu aujourd'hui de s'interroger sur la poursuite du projet.

 

Un coût  pharaonique

Alors que l'accord n'évoque à aucun moment le financement de ce projet, la Cour des Comptes évalue son coût total à 26,1 milliards d'euros au total, contre 12 milliards à l'époque. L'Union Européenne est invitée à participer à hauteur de 40 % pour la section internationale, mais tout reste à faire, compte tenu de la baisse des moyens à l'échelle de l'Union et d'autres projets à soutenir.

D'importants tronçons français, comme le contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise ne seront pas soutenus. Comment, d'ailleurs, sera précisément répartie la prise en charge des 60% restants dans un contexte de surendettement du secteur ferroviaire en France et des marges de manœuvre budgétaire de l'AFITF considérablement rognées par la non affectation de la moitié de la taxe poids lourd ?

 

En contradiction avec  la Commission "Mobilités 21"

Le rapport de la Commission "Mobilités 21" mandatée par le gouvernement pour préciser les grandes orientations de la France en matière d'infrastructures de transport a conclu que, dans un contexte économique et budgétaire contraint, la priorité des investissements en matière d'infrastructures de transport doit aller vers la modernisation et la mise à niveau du réseau existant plutôt que vers des projets de développement dispendieux.

Il est étonnant de constater que le Gouvernement soutient un projet qui va absorber une large part des financements dévolus aux projets d'infrastructures de transport, alors même que la Commission Duron a littéralement enterré toute une série de projets tout aussi essentiels et qui appelaient également des financements européens.

 

L'intermodalité dans la région doit être renforcée

L'actuelle ligne historique du Mont-Cenis, entre Lyon et Turin, est très largement sous-utilisée avec moins de 4 millions de tonnes par an de marchandises, alors qu'une étude commandée par l'Union Européenne estime que le trafic de marchandises pourrait atteindre 17 à 19 millions de tonnes par an, soit 4 à 5 fois plus qu'actuellement. La Cour des comptes a d'ailleurs récemment rappelé qu'il fallait utiliser au mieux le réseau existant et a déploré l'insuffisance du ferroutage dans cette région, faute d'une politique volontariste.

Dans ces conditions, plutôt que de leurrer l'opinion publique, les élus locaux et d'éventuels investisseurs en leur faisant miroiter un énorme projet d'investissement qui ne verra jamais le jour avant au moins 15 ou 20 ans, ne conviendrait-il pas mieux d'abandonner ce projet ? Pour ce qui me concerne, je ne voterai pas la ratification de ce traité.

3 mn

Paris Air Forum

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Commentaires 19
à écrit le 24/05/2018 à 8:43
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coucou comment ca va

à écrit le 02/11/2013 à 9:52
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LE FEROUTAGE N EST PAS AU POINT PARCEQUE LA S N C F .N EST PAS PRETE A REAGIR AU BESSOIN DES ENTREPRISSES QUI VEULENT UTILISE C ETTE METHODE? EN FRANCE ON A BEAUCOUP D IDEES MAIS PEUT DE PRATIQUE ???

le 24/05/2018 à 8:44
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je suis daccord

à écrit le 28/10/2013 à 10:16
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Monsieur le député de la Meuse, venez s'il vous plait dans nos vallées alpines pour y voir la noria de poids lourds longue distance qui les polluent, compromettent la sécurité des automobilistes et dispensent leur nuisances sonores sur les villes et ...

le 24/05/2018 à 8:44
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ok

à écrit le 24/10/2013 à 11:30
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Ce projet est l'équivalent alpin du tunnel sous la Manche. Il va relier efficacement deux grandes régions économiques (Rhône-Alpe et le Piémont) en "effaçant" l'obstacle alpin. Il n'y a actuellement plus de train direct entre Lyon et Turin (ça a po...

le 24/10/2013 à 20:49
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@ Lyon-Turin ; Et les Italiens....ils en pensent quoi ? La Suisse n' a pas le choix , elle est enclavée . Je pense que nous finançons un projet qui profitera à d' autres nations...maintenant les travaux sont bien entamés, l' heure n' est plus à la ré...

le 24/05/2018 à 8:44
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cool

à écrit le 24/10/2013 à 10:40
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L'actuelle ligne historique du Mont-Cenis, entre Lyon et Turin, est très largement sous-utilisée avec moins de 4 millions de tonnes par an de marchandises, alors qu'une étude commandée par l'Union Européenne estime que le trafic de marchandises pourr...

à écrit le 24/10/2013 à 10:24
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Dès qu'un projet permettant de réduire le transport par camion est proposé,les écolos s'y opposent : Lignes TGV ,Liaison Fluviale Rhin -Rhone ,autoroute Grenoble Gap, etc,..,etc .C'est quand même consternant que des gens dits écolos fassent tout pour...

à écrit le 24/10/2013 à 10:08
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jaloux le député de la Meuse ou famille dans le camion?

à écrit le 24/10/2013 à 9:51
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c'est un axe structurant important permettant aux alpins des deux cotés de se rencontrer plus facilement avec coté français des améliorations forte des connexions Lyon Chambéry et Lyon Grenoble et le contournement lyonnais est déjà fait coté SNCF

à écrit le 24/10/2013 à 9:16
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Surtout que l'on va se retrouver le bec dans l''eau lorsque l'Europe va exploser suite a ces travaux inutiles pour gagner de la vitesse "virtuelle"!

à écrit le 24/10/2013 à 7:38
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http://www.alptransit.ch/fr/home.html

à écrit le 24/10/2013 à 2:08
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Une solution qui n'a sans doute pas été étudiée car c'est plus récent c'est la modification du type de motorisation des camions ou l'électrification partielle (5 à 15% seulement) du trajet comme en Corée, Suède, Suisse etc. Le coût est certainement m...

à écrit le 23/10/2013 à 22:18
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Monsieur le député c'est une bonne chose de lire votre message par lequel vous attestez avoir compris dans quel piège ce projet nous conduit. Vous ne voterez pas la ratification, ça tombe sous les sens, mais quel pouvoir de persuasion avez-vous sur l...

à écrit le 23/10/2013 à 21:01
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Encore une fois un écolo cravaté et friqué qui la ramene sans qu'on donne dans la meme rubrique les opinions des partisants ,C'est degoutant cette manipulation;

à écrit le 23/10/2013 à 20:49
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au 1er semestre de cette année , j'ai souvent fait le trajet Lyon-Turin en voiture. très souvent il n'y avait pas grand monde sur la route. peu de véhicules de tourisme , donc il y aura peu de passagers dans un éventuel TGV à certains moment , il y a...

à écrit le 23/10/2013 à 19:30
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Un téléphérique électrique géant pour faire passer les camions par dessus les alpes, bien plus écologique.............!

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