Le PEA-PME, chronique d'un échec annoncé ?

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Les contours du Plan d'épargne en actions-PME devraient être précisés début février. Mais, faute de réel engagement de la part de la place financière, cette réforme risque d'être un coup d'épée dans l'eau. Par Sandy Campart, directeur de l'IUP Banque Finance Assurance, université de Caen

 Pierre Moscovici a annoncé comme priorité le renforcement des fonds propres des PME (Petites et Moyennes Entreprises) et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire). En effet, leur taux d'investissement ne cesse de reculer, il est en retrait par rapport aux entreprises de plus grande taille. Faute d'un accès suffisant à des financements de long terme, ces PME-ETI, qui concentrent l'essentiel de l'emploi salarié, peinent à innover et à se développer. Alors que leurs consœurs du CAC 40 se financent à 85% sur les marchés financiers, les PME-ETI font appel quasi exclusivement aux établissements bancaires.

Orienter l'épargne financière des ménages vers le financement des PME-ETI et inciter les entreprises à faire appel aux marchés pour se financer sont les objectifs complémentaires du PEA-PME (Plan d'Epargne d'Actions  dédié aux PME-ETI) et d'Enternext. 

 Comme un PEA classique, qui ne rencontre pas un franc succès

 Le PEA PME-ETI fonctionne en tout point comme un PEA classique et permet de bénéficier des mêmes règles d'exonération. Son succès pourrait donc être assuré si celui du PEA était avéré. Mais il faut reconnaître que le PEA dont l'encours a baissé de 25% depuis 2006 ne suscite pas, comparativement à l'assurance-vie, un fort engouement des français. La demande de titres correspondant à des PME est donc loin d'être assurée.

 Des problèmes aussi, du côté de l'offre

 Mais l'offre pose également problème. Le marché des PME-ETI cotées est très étroit. Elles ne sont aujourd'hui en France que quelques centaines à êtres cotées sur plus de 130 000. Il existe donc des freins à la cotation rédhibitoires pour la presque totalité d'entre elles. Le lancement d'EnterNext en mai dernier, dont l'objectif est un triplement des introductions en Bourse de petites capitalisations, constitue une initiative de la plate-forme de marché NYSE Euronext à destination des PME-ETI.

 Un manque d'accompagnement

EnterNext est une entité commerciale destinée à promouvoir les bourses existantes auprès des PME-ETI  et des investisseurs. Mais force est de constater que les dirigeants des PME-ETI cotées sur le NYSE Euronext continuent à souffrir d'un manque d'accompagnement tout en devant s'acquitter de frais qu'ils jugent très élevés au regard du service rendu.

 Où est l'ambition de d'Euronext ?

Enfin, la reprise du NYSE Euronext par InterContinentalExchange (ICE) va aboutir dans les prochains mois à la séparation entre le New York Stock Exchange (NYSE), qui fusionnera avec ICE, et Euronext (qui regroupe les places de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne). Cette dernière entité sera vraisemblablement introduite en bourse. Cette opération, qui aurait pu constituer une opportunité pour le développement du compartiment parisien, semble susciter actuellement en France très peu d'intérêt de la part des acteurs de la place. Aussi le risque est-il grand, sans une ambition affichée de la part des futurs actionnaires d'Euronext et un très fort volontarisme,  de voir les initiatives récentes visant à favoriser l'accès aux marchés financiers des PME-ETI aboutir à des résultats non conformes aux enjeux.

 

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Commentaires
a écrit le 28/01/2014 à 4:03 :
Un avantage fiscal plus marqué comme une déduction fiscale lors du plan Monory en son temps pourrait rapidement doper le Pea Pme et attirer pas mal de capitaux avec des retombées globales au final positives. Reste effectivement à simplifier et multiplier les introductions en bourse et par ailleurs créer des fonds et trackers peu chargés en frais et diversifiés. Il est en outre possible d'élargir à des entreprises de tailles un peu plus importantes pour moins de volatilité, plus de liquidité et de diversité. Tout cela étant établi çà peut être un formidable outil dopant l'économie comme les recettes comme le fût en son temps le plan Monory, surtout si l'on peut y intégrer par exemple une part d'obligations aussi pour diversifier encore plus. Presque sûr que les français apprécieront de nouveau mais il faut faire un effort.

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