Transports : innovons pour faire rouler l'Europe !

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Máire Geoghegan-Quinn en Renault Twizzy électrique. | REUTERS
Máire Geoghegan-Quinn en Renault Twizzy électrique. | REUTERS (Crédits : DR)
Les transports verts, un remède à la pollution, mais aussi un formidable relais de croissance pour l'Union Européenne... Par Máire Geoghegan-Quinn, Commissaire européenne pour la Recherche, l'Innovation et la Science

La mise en place de la circulation alternée le 17 mars dernier à Paris pour faire face à un pic de pollution est un rappel opportun des défis auxquels nous sommes confrontés pour préserver à la fois la santé publique et la mobilité dans nos métropoles. Les alertes à la pollution ont également touché d'autres capitales européennes au cours des dernières semaines.


Les transports sont encore trop dépendants du pétrole 

Certains ont évoqué les conditions climatiques inhabituelles, mais la principale cause est bien notre trop grande dépendance aux carburants issus du pétrole. Nous avons besoin de nouvelles idées pour nous permettre de préserver notre mobilité à moindre coût pour la société et l'environnement, nous avons besoin de plus de recherche et plus d'innovation.

Nos systèmes et habitudes de transport ne sont pas durables et pas aussi sûrs qu'ils devraient l'être. Beaucoup de progrès ont été faits, mais 26.000 personnes perdent la vie sur les routes de l'UE chaque année. Les embouteillages coûtent plus de 120 milliards d'euros par an en perte de production. Les transports représentent près des deux tiers de la consommation de pétrole de l'UE et un quart des émissions de dioxyde de carbone. Dans le même temps, le transport est crucial pour notre reprise économique et est un élément essentiel de notre vie quotidienne. Le secteur des transports de surface génère à lui seul 11 % du PIB européen et 16 millions d'emplois.


Rendre nos transports plus durables

C'est le défi que doit relever la conférence européenne sur la recherche dans les transports (Transport Research Arena, 14-17 avril) à Paris cette semaine. Nous devons rendre nos systèmes de transport plus sûrs et plus durables. A défaut, nos économies, notre mobilité et notre qualité de vie pourraient souffrir davantage dans les années à venir.

Ce défi est au cœur de la recherche financée par l'UE. Entre 2007et 2013, l'UE a investi quelque 4,2 milliards d'euros dans 620 projets de recherche liés aux transports. Ces projets ont contribué à la conception et au développement de technologies à faible intensité carbonique, de véhicules propres, de systèmes de mobilité intelligents et de services intégrés pour les passagers et le fret. Certains d'entre eux - comme CityMobil2, pionnier dans les transports publics sans conducteur avec le soutien de l'INRIA, ou encore Marathon, qui a fait rouler pour la première fois en Europe des trains de marchandises de 1500 mètres de long grâce la SNCF, Alstom et RFF - seront présentés à la TRA.

 

Des investissements importants 

Les fonds de recherche de l'UE ont également permis à des constructeurs automobiles européens de bénéficier de prêts de la Banque européenne d'investissement pour développer une nouvelle génération de véhicules électriques et hybrides. Renault est parmi les nombreuses entreprises européennes à avoir bénéficié de ce soutien financier. Mais nous n'en sommes encore qu'au début de la révolution technologique nécessaire et attendue et c'est la raison pour laquelle l'Union Européenne va poursuivre ses investissements massifs dans la recherche sur les transports tout au long d'Horizon 2020, son nouveau programme de recherche et d'innovation.

Le but ultime est d'aboutir à un système de « Transport Intelligent, Vert et Intégré ». Les objectifs sous-jacents sont l'économie des ressources, le respect de l'environnement, tout en garantissant une meilleure mobilité et une inter-connectivité efficace avec à la clé moins d'embouteillages et une plus grande sécurité pour tous. Pour relever ces défis, plus de 6,4 milliards d'euros seront ainsi investis, dans des projets réunissant les meilleurs ingénieurs et chercheurs du secteur privé et public en Europe, y compris les PME.

 

Innover pour rester en tête

La motivation sociétale et environnementale pour plus d'innovation est claire. Mais il y a aussi un argument économique de poids. Alors que la reprise économique dans l'UE est une urgence, nous devons faire face à la concurrence croissante des économies émergentes. La croissance économique et la création d'emplois que l'on attend en Europe dépendront de notre capacité à créer des produits et des services innovants et de qualité, y compris dans le domaine des transports. Le système européen des transports est reconnu et sollicité dans le monde entier, mais pour rester en tête il nous faut sans cesse innover.

La connaissance est aujourd'hui le fer de lance de l'économie mondiale. Si l'Europe veut continuer à rester dans la course au 21e siècle, nous devons soutenir la recherche et l'innovation, moteurs efficaces pour générer la croissance et l'emploi, aujourd'hui et demain. L'UE a pour objectif d'investir 3% du PIB de l'UE d'ici à 2020 dans la recherche et l'innovation tous secteurs, public et privé, confondus. Avec un investissement de seulement un peu plus de 2 % aujourd'hui il nous faut faire un effort supplémentaire et le secteur des transports peut nous aider à y arriver.

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Commentaires
a écrit le 15/04/2014 à 15:46 :
Un télépeage europeen ! Plus de ferry inter europeen et electrique.

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