Axel Kahn, un type bien, une pensée toujours actuelle
Denis Lafay
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... talEnergies.
Le conflit n'est pas récent, mais il est d'une vive acuité maintenant que les travaux doivent débuter : le centre de recherche et d'innovation TotalEnergies (ex-Total), sur les terres de Paris-Saclay, auquel s'oppose, depuis 2019, une importante cohorte d'étudiants et d'alumnis de l'Ecole Polytechnique. Des pancartes (« Hypocrisie Total »), des sondages, des pétitions mobilisent les futurs ingénieurs contre ce projet, au départ sis dans l'enceinte même de leur établissement et finalement déplacé de quelques hectomètres sous la pression. En cause, fulmine une jeunesse bien plus exigeante aujourd'hui sur le « comportement » social et environnemental des entreprises : les défaillances éthiques du géant des hydrocarbures - 19e entreprise « la plus polluante au monde » selon un rapport de l'organisme indépendant Carbon Disclosure Project publié en 2017. Et, concomitamment, une appréhension très lucide des visées du soft power et des véritables aspirations du groupe présidé par Patrick Pouyanné, déjà très impliqué dans le financement de la vie associative de l'école : séduire les talents. Lesquels, ne peut plus s'en cacher le successeur de Christophe de Margerie, tournent massivement le dos aux entreprises comme la sienne.
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Mais le « cas Polytechnique » est singulier : les élèves étant sous statut militaire et soumis au devoir de réserve, quelle limite à leur liberté d'expression sont-ils sommés de respecter ? Et d'ailleurs les règles de la prestigieuse école créée il y a deux cent dix-sept ans peuvent-elles encore résister à l'évolution des émancipations individuelles et des libertés d'expression lorsque celles-ci ont pour objet le bien commun, l'exigence éthique, l'intérêt général ? Le colonel Bertrand Leduc, directeur de la formation humaine et militaire, aura tranché ; selon Le Monde, dans un mail adressé fin juin aux étudiants rebelles, il affirme que « la règle du « Je me soumets ou je me démets » s'applique en entreprise comme dans les armées ». Dilemme éthique passionnant. Au discernement duquel « il » aurait apporté une lumineuse contribution.
Honnêteté
Denis Lafay