Comment réagir face aux résultats plus que mitigés de la COP26 ? Doit-on penser que c'est mieux que rien, que c'est moins que mieux ou que c'est une occasion de se remettre en question pour avancer autrement ? Par Bertrand Piccard, Président de la Fondation Solar ImpulseLe clap de fin aura été gâché par la claque de la fin, cette exigence indienne et chinoise de dernière minute de remplacer les mots « abandon du charbon » par « diminution du charbon ». Les larmes du président de la conférence en disent long sur la déception des participants après deux semaines de négociations ardues et montre aussi que l'intention des organisateurs était sincère. On peut bien sûr en rester là pour déclarer qu'on savait déjà que cette COP serait un flop. Ou même regretter que la recherche d'un compromis a minima ait été préférée au fait de rejeter cette déclaration finale insuffisante. Car les participants auraient pu choisir une autre stratégie : refuser de sortir un document final, assumer un véritable échec pour provoquer l'électrochoc nécessaire et repartir sur de nouvelles bases.
Se concentrer sur la rentabilité économique de la transition
On doit cependant aller au-delà des apparences. Il est tellement plus intéressant de se pencher sur le contexte général que de garder les yeux rivés sur les clivages. Les gouvernements indiens et chinois n'ont pas beaucoup de marge de manœuvre, question préservation des emplois et lutte contre la pauvreté, quand il s'agit de leur approvisionnement énergétique. C'est pour cela qu'il faut absolument se concentrer sur la rentabilité économique de cette transition climatique. On sait maintenant que les solutions existent et j'espère beaucoup que la rencontre à laquelle le premier ministre indien Narendra Modi m'a convié à New Delhi permettra d'en implémenter quelques-unes.
Nous pouvons aussi nous demander qui sommes-nous pour leur donner des leçons ? La Suisse a refusé cet été une loi CO2 en votation populaire et le gouvernement français vient d'être condamné par le Conseil d'Etat à 10 millions d'euros d'amende pour mauvaise gestion de la qualité de l'air ! Il est tellement plus facile de voir le problème chez les autres et de les accuser pour faire oublier le mal qu'on fait à son propre niveau.