"Climate Act" : plus de 100 entreprises en hypercroissance s'engagent pour le climat

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Trop peu contraignante, la réglementation permet encore aux startups de se focaliser sur leur hypercroissance tout en ignorant leur empreinte carbone, dénoncent 106 pépites de la French Tech, à l'initiative de Shine, réunies dans le collectif "Climate Act", dont Alan, BlaBlaCar, Back Market, Evaneos, Le slip français, Malt, Openclassrooms, Payfit, Swile, Ulule ou encore Vestiaire Collective. Dans cette tribune exclusive, les signataires s'engagent à réaliser un bilan carbone complet avant la fin de l'année et à agir concrètement pour limiter les émissions identifiées. Ils souhaitent que ces mesures deviennent des critères obligatoires pour toutes les entreprises du Next40 et du French Tech 120.

"Si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et éviter une catastrophe planétaire, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) indique que les émissions de dioxyde de carbone causées par l'homme doivent baisser de 45% d'ici à 2030.

L'action de toutes et tous est nécessaire : celle des citoyens, celle des États, mais aussi celle des entreprises. Ces dernières, par leur place et par leur poids, ont un rôle crucial et historique à jouer. Et pour initier leur engagement contre la crise climatique, nous considérons que chaque entreprise doit mesurer son impact, en commençant par les émissions de CO2 dont elle est responsable. Cette étape est un préalable indispensable à toute politique de lutte contre le dérèglement climatique. C'est dans cet objectif que nous, dirigeants et entrepreneurs, rejoignons le collectif signataire du Climate Act, et nous engageons à avoir réalisé un bilan carbone complet avant la fin de l'année.

Les contraintes réglementaires s'appliquent peu aux startups

Malgré l'urgence climatique, seules les entreprises de plus de 500 salariés, soit à peine 5% des entreprises françaises, ont pour obligation d'évaluer une partie de leurs émissions de gaz à effet de serre. Et cette obligation ne porte que sur une petite partie seulement de leurs émissions : ce que l'on appelle les émissions directes (ou scopes 1 et 2). Les émissions indirectes (scope 3) ne sont pas prises en compte. Autrement dit : le transport des marchandises, les déplacements professionnels ou encore la gestion des déchets ne sont par exemple pas comptabilisés.

Ainsi, pendant que seule une minorité d'entreprises comptabilisent une faible part de leurs émissions, les autres, plus petites, peuvent se concentrer sur leur croissance sans prendre en compte leur incidence sur le climat. Nous jugeons le seuil réglementaire trop élevé et son envergure trop restreinte. Nous pensons qu'il est de notre responsabilité de prendre les devants pour nous placer dans l'action dès aujourd'hui.

Mesurer le bilan carbone présente de nombreux avantages

Mesurer ses émissions de CO2 est un processus simple, abordable (*) et préliminaire à toute transition écologique. D'expérience, nous pouvons par ailleurs avancer que la réalisation d'un bilan carbone lorsque l'entreprise n'est qu'aux prémices de son hypercroissance présente plusieurs avantages :

  • Il est plus simple de construire une entreprise responsable dans ses fondements que de transformer, en aval, une entreprise qui ne l'est pas. Il est plus aisé et moins coûteux pour une startup de mettre en place de nouvelles initiatives et de changer des habitudes que pour une grande entreprise. L'agilité chère à la "startup nation" révèlerait ici son plein potentiel.
  • Réaliser un bilan carbone est un excellent moyen de motiver ses équipes et d'attirer des talents. Les salariés réalisent l'empreinte environnementale de leur travail, acceptent plus facilement les changements et deviennent eux-mêmes force de proposition.
  • Réduire certaines dépenses liées aux énergies fossiles (transport, chauffage, achats) permet de réaliser des économies substantielles, qui peuvent ensuite être réinvesties dans des dépenses moins polluantes et utiles à la croissance.

Entreprises innovantes, futures leaders potentielles sur leur marché : les startups sont parfaitement armées pour s'engager en faveur de l'environnement. Si elles réussissent aujourd'hui, elles seront les grandes entreprises de demain. Nous portons également la responsabilité de ne pas reproduire les erreurs du passé.

Prendre les devants pour éviter l'hypercroissance... des émissions carbone

Parce que nous souhaitons contribuer à construire un monde durable, nous prenons aujourd'hui les devants dans la lutte contre le dérèglement climatique, et nous choisissons d'aller au-delà du cadre de la réglementation. Nous n'attendrons pas qu'il soit trop tard, sous prétexte que nos entreprises n'ont pas encore atteint les paliers fixés par la loi pour mesurer et réduire notre empreinte carbone. Aujourd'hui, nous nous engageons donc à :

  • 1. Avoir réalisé avant la fin de l'année un bilan carbone complet (incluant les scope 1, 2 et 3)
  • 2. En partager ouvertement les conclusions
  • 3. Agir concrètement pour limiter les émissions identifiées

En démystifiant la réalisation d'un bilan carbone pour toutes les entreprises et en rendant notre action publique, nous proposons que nos engagements deviennent des critères obligatoires pour toutes les entreprises du French Tech 120 et du Next 40.

Ce n'est qu'au moyen de signaux forts que nous pourrons entamer une véritable transition écologique. Sans eux, l'hypercroissance de nos chiffres d'affaires entraînera inéluctablement l'hypercroissance de nos émissions.

Il est de notre responsabilité, en tant qu'entrepreneur·e·s et dirigeant·e·s, d'agir dès aujourd'hui pour endiguer le réchauffement climatique."

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Liste des 106 premiers signataires900.care, 2050, Ad Vitam, Agreenculture, Alan, Alegria.tech, Amenitiz, Armis tech, AXIOMA, Back Market, Big Mamma, Barnabe.io, Blablacar, Bluedigo, BonneGueule, Braxton, Breega, Buster.ai, Captaincontrat, Castalie, Caval, Cityscoot, Cleany, Colis Privé, Comparadise, Convelio, Crystalchain, Daphni, e-attestations.com, Eldorado, Ethikdo, Evaneos, Finfrog, Foodles, Formalizi, Gallia, Green-Got, Gymlib, hemea, Heuritech, Hiflow, HubCycle, Hublo, ilek, Insideboard, Iroko, Isahit, Jenji, Kard, Le Petit Ballon, Le slip français, Legalstart, Leocare, Luko, Malt, Meilleursagents, MiiMOSA, Monsieur Tshirt, Morning, Myeasyfarm, OCUS, Ohbibi, Ombrea, Omie, Openclassrooms, Ouihelp, Ovrsea, Payfit, PayPlug, Phenix, Plast'if, Platform.sh, Pretto, Proprioo, Rosaly, Rzilient, Save Market, Scality, Sellsy, Sendinblue, Sereema, Shine, Showroomprive, Snapdesk, Spareka, Spendesk, Splio, Storefront, Swan, Sweep, Swile, Talent.io, Tchek, Testamento, Transaction Connect, Tudigo, Typology, Ulule, Vestiaire Collective, Wedogift, Welcome to the jungle, Wemind, Wenabi, XAnge, Yemanja, Ynsect.

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(*) Le tarif dépend évidemment de la taille de l'entreprise et de son activité. Il est possible de réaliser un bilan carbone complet pour quelques milliers d'euros seulement. Par ailleurs, l'ADEME a mis en place un programme d'aide pour les TPE et PME, permettant de financer des projets entre 5 000 € et 200 000 €.

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Commentaires
a écrit le 21/04/2021 à 18:05 :
Bonjour, où pouvons-nous signer cette tribune et s'engager à vos côtés afin de renforcer ce signal collectif ?
Merci
a écrit le 21/04/2021 à 10:16 :
Cool , avec les chouchous de l’économie itech, la cause du climat sera entendue.
Bien qu’il est temps d’écouter les spécialistes pour les États du Monde : les géo - ingénieure du Climat .
a écrit le 21/04/2021 à 10:16 :
A savoir des entreprises qui déjà ont peu de conséquences sur la pollution de part leurs petites tailles tandis que 100 entreprises dans le monde produisent 70% des GES. Ca pue la défaite. Je rappelle que la couche d'ozone a été sauvée parce que la production des gaz qui la détruisaient a tout simplement était interdite.

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