Engie et sa patronne Isabelle Kocher dans le viseur du pouvoir
Marc Endeweld
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Les relations entre Isabelle Kocher (en photo) et l'actuel hôte de l'Élysée n'ont jamais été simples.
Reuters
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Les relations entre Isabelle Kocher (en photo) et l'actuel hôte de l'Élysée n'ont jamais été simples.
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Les jours de la directrice générale d'Engie, Isabelle Kocher, sont-ils comptés à la tête du groupe énergétique ? Dans le petit Paris des affaires, et au sein de l'entreprise, c'est la question que tout le monde se pose depuis qu'un article de BFM Business a mis le feu aux poudres : « Le conseil d'administration s'oriente vers un changement de gouvernance », annonçait-il début décembre. Ce conseil de tous les dangers pour Isabelle Kocher, dont le mandat arrive à échéance en mai 2020, doit se tenir ce mardi 17 décembre.
Le groupe français, issu d'une fusion menée tambour battant sous Nicolas Sarkozy entre GDF et Suez, dispose encore de quatre métiers dans l'énergie : la production d'électricité, les infrastructures gazières (terminaux de GNL, gazoducs et réseaux de distribution, stockage...), les services et le nucléaire en Belgique. Ce mastodonte représente ainsi 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires et rassemble 170.000 salariés. Dans la distribution, Engie dispose d'un portefeuille de 10 millions de clients, hérités de Gaz de France. Ce profil intégré déplaît fortement à des marchés financiers soucieux avant tout de maximiser la rentabilité immédiate du groupe.
C'est dans ce contexte que le conseil d'administration pousse à une scission des infrastructures gazières de l'ancien Gaz de France, contre l'avis d'Isabelle Kocher. Ces activités gazières représentent encore près de 40 % des bénéfices d'Engie. Au sein du groupe, les salariés craignent le scénario d'un démantèlement.
Pour éviter l'amplification des rumeurs, Isabelle Kocher a répliqué dans Le Figaro :
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Isabelle Kocher a dénoncé aussi des « attaques malveillantes, probablement venues de l'extérieur », qui visent à « déstabiliser » l'entreprise. Car l'État détient 23,64 % du capital du groupe (et 34,38 % des droits de vote) et prévoit d'alléger sa participation en 2020. Il a donc tout intérêt à soutenir des décisions allant dans le sens du marché. Au final, la décision de maintenir ou non la seule femme dirigeante d'une société du CAC 40 reviendra au président Macron. C'est là que les choses se compliquent pour Isabelle Kocher, car ses relations n'ont jamais été simples - et c'est un euphémisme - avec l'actuel hôte de l'Élysée.
Marc Endeweld