Encore un 8 mars ! À l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, on entend déjà soupirer une partie de la population lassée, quand ce n'est pas agacée, par le rituel annuel qui permet de pointer les inégalités de genre. « Que veulent-elles donc encore, les femmes ? N'ont-elles pas déjà tous les droits ? » fulminent tout bas des personnes mal informées, pour qui l'égalité est une affaire réglée, considérant des revendications justifiées comme des « jérémiades » de féministes toujours insatisfaites.
Affaire réglée ? En droit, certes, l'égalité est quasi atteinte. Mais en pratique, les inégalités, pas plus que le sexisme, ne sont pas de l'histoire ancienne. Quelques chiffres dessilleront les yeux des plus sceptiques. Égalité des salaires ? Les hommes gagnent en moyenne 32 % de plus que les femmes, lesquelles ont une retraite inférieure de 40 %. Le rapport du HCE sur l'index d'égalité professionnelle, dit index Pénicaud, qui est remis cette semaine au gouvernement, rappelle ces quelques tristes réalités statistiques et leurs causes structurelles.
Égalité des fonctions ? Malgré de multiples dispositions favorisant la parité, on ne trouve encore que trois femmes à la barre des 40 entreprises du fameux CAC, trois aussi seulement à la tête des 36 fédérations sportives olympiques et moins de 20 % de maires au féminin alors que les élues constituent la moitié des conseils municipaux. Rares sont les professions qui échappent au phénomène du plafond de verre, quand ce n'est pas du plancher collant, avec son cortège de salariées précaires ou à temps partiel.