L'entreprise au cœur du nouveau système d'apprentissage français. Enfin  !

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Pierre Goguet.
Pierre Goguet. (Crédits : DR)
Le projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui contient un volet consacré à la formation en alternance, sera discuté prochainement au parlement. Ce texte attribue un rôle central aux entreprises. Ce qui est une chance, car celles-ci peuvent apporter une précieuse expérience à condition de s'impliquer dans la politique de la formation. Par Pierre Goguet, président de CCI France.

L'entreprise est au cœur du nouveau dispositif de formation en alternance souhaité par le gouvernement et du projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » bientôt débattu par le Parlement !

L'entreprise n'a jamais été mise à ce point au premier rang de la responsabilité de la qualification des jeunes sous statut d'apprenti ou d'alternance. C'est une responsabilité, c'est une chance, c'est un risque.

L'exigence d'un saut qualitatif d'ampleur

C'est une responsabilité parce qu'elle exige des entreprises et de leurs représentants d'exprimer avec clarté et anticipation leurs besoins en compétences en s'impliquant au plus près des structures de formation (et notamment des centres de formation en alternance) dans la conception des parcours de formation. Nous ne partons pas de rien, mais le changement voulu exige un saut qualitatif d'ampleur, qui nécessitera des efforts de part et d'autre. Une pédagogie de l'alternance efficace ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, avec des acteurs interfaces, capables de faire se rencontrer les employeurs et les formateurs. Ils ne parlent pas spontanément la même langue ! Il importe de les aider à se comprendre et à construire ensemble les parcours de formation, riches d'employabilité. Les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) entendent rendre aux entreprises, aux CFA et au gouvernement ces services de détection des compétences et de définition des parcours de formation indispensables à la réussite de cette nouvelle réforme.

 Accélérer l'adéquation entre le besoin et l'offre de main d'œuvre

C'est une chance. Oui c'est une chance de placer l'entreprise au cœur du système éducatif en alternance, parce que cela permettra d'accélérer l'adéquation entre le besoin et l'offre de main d'œuvre. Les employeurs auront leur mot à dire quant au rythme et quant au contenu des formations et trouveront ainsi plus aisément les ressources humaines de demain dont ils ont besoin. Les jeunes ne pourront plus se voir  reprochés de manquer d'expérience au moment des entretiens d'embauche, renvoyés de petits boulots en petits boulots pour gagner en expérience et en crédibilité. Les jeunes pourront s'appuyer sur un système éducatif en alternance construit avec les employeurs, fondé sur leurs attentes de court et moyen terme. Les CCI poursuivront leur action d'intermédiation entre les jeunes, les Centres de formation et les entreprises pour faciliter les rencontres, trouver des solutions aux ruptures de contrats, garantir la diplomation et l'insertion sur le marché du travail.

Le risque d'une compétition stérile

C'est un risque. Le gouvernement a fait des choix à fort impact en revoyant l'intégralité du système d'apprentissage français. Du point de vue des responsabilités, en repositionnant l'intervention du Conseil Régional le Gouvernement prend le risque de susciter une concurrence généralisée des structures de formation habilitées à délivrer des formations en alternance, à commencer par une compétition, de notre point de vue stérile, entre les Lycées Professionnels et les Centres de Formation en Alternance (CFA). Du point de vue du financement, en concentrant l'essentiel des moyens entre les mains des seules branches professionnelles, dont il faudra veiller à ce que ne soit pas mis à mal l'apprentissage dans les domaines de compétences généraliste, transversaux et interbranches, et plus fortement encore dans le champ de l'enseignement supérieur, porteur de la croissance des apprentis en France au cours des 10 dernières années. Les CCI doivent disposer des moyens de maintenir leur capacité à gérer des CFA et de contribuer à leurs investissements avec tous les partenaires concernés, y compris pour préserver la continuité territoriale de formation des jeunes.

Les entreprises auront besoin d'appui et de conseil pour réussir cette nouvelle étape de développement du système de formation en alternance français. Les CCI seront à leurs côtés !

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