La République des initiés
Marc Endeweld
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... e dossier du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, et dont l'ancien avocat est maître Dupond-Moretti, le nouveau garde des Sceaux.
Quelque part du côté de l'avenue d'Iéna, dans le « triangle d'or » parisien, entre la Seine et les Champs-Elysées, Alex tourne en rond dans le grand appartement qu'un de ses amis lui a prêté depuis qu'il est sorti de prison. Sa libération, il l'attendait depuis plusieurs semaines, et elle est intervenue, comme par ironie, un jour avant le confinement national décidé par le président Macron. Le 16 mars, l'intermédiaire Alexandre Djouhri, mis en examen dans le dossier du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, fut ainsi libéré de la prison de Fresnes, pour raisons médicales. La nouvelle passa quasiment inaperçue au moment même où le pays tout entier sombrait sous l'épidémie de Covid-19. Les exégètes des coulisses parisiens se perdirent pourtant en conjectures.
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Depuis, « Monsieur Alexandre » prend son mal en patience. Pour occuper son temps, il ne loupe aucune miette des dernières actualités politiques... « On l'a sauvé ! Son quinquennat était foutu, il n'avait plus rien à dire... », expose ainsi Alex à l'un de ses amis. La personne au centre de son attention ? Emmanuel Macron, bien sûr. C'est du reste ce que les sarkozystes du premier cercle aiment se dire depuis le dernier remaniement. Le policé Camille Pascal, ancienne plume de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et ancien directeur de cabinet de Dominique Baudis au CSA, s'amuse de la situation, en envoyant le SMS suivant à son ancien patron : « Vous êtes revenu ? » De son côté, Alex est doublement satisfait, car son ancien avocat, maître Dupond-Moretti n'est autre que le nouveau garde des Sceaux. Il n'a pas essayé de le joindre bien sûr, il sait qu'il ne le prendra plus au téléphone. Comme l'ami Jean-Louis (Borloo) aime à le dire : « Toute la République a été mise sur écoutes par le PNF ! » Les masques sont tombés depuis les révélations du Point, mais cela faisait des années que l'ancien ministre de l'Écologie de Nicolas Sarkozy pestait contre ce qu'il considérait comme « le cabinet noir de François Hollande ».
Marc Endeweld