Le Brexit présente de nouveaux défis : les industriels britanniques sauront-ils s’adapter ?

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Adeline Javaudin, responsable Marketing et innovation de Syncron pour publication dans La Tribune.
Adeline Javaudin, responsable Marketing et innovation de Syncron pour publication dans La Tribune. (Crédits : Reuters)
L'origine préférentielle confère certains avantages aux marchandises échangées entre certains pays au sein de l'union douanière, à savoir l'importation à un taux réduit ou à un taux nul. Or les gouvernements européens viennent de recommander aux industriels de ne plus se fournir en pièces détachées en provenance du Royaume-Uni pour produire leurs biens devant être exportés. Par Adeline Javaudin, responsable marketing et innovation chez Syncron.

Le retrait officiel du Royaume-Uni de l'Union Européenne l'an prochain résulte en un grand nombre d'incertitudes, tant au niveau des échanges commerciaux que des relations frontalières - et plus particulièrement au sein de l'industrie, où le Royaume-Uni reste extrêmement dépendant  de sa relation avec l'UE.

Les pièces détachées britanniques hors jeu ?

Récemment, la tournure des événements semble évoluer plus rapidement que les entreprises britanniques ne l'ont envisagé. Selon le média Sky News et en anticipation du Brexit, les gouvernements européens recommandent aux industriels de ne plus se fournir en pièces détachées en provenance du Royaume-Uni pour produire leurs biens devant être exportés. Dans une récente annonce, le gouvernement néerlandais a ainsi informé les entreprises exportatrices locales que "si une part importante de leurs biens étaient composée de pièces britanniques", ils pourraient se voir révoqués les accords de libre-échange existants. Et de préciser également que "le Brexit aura des conséquences sur les exportations en dehors de l'Union Européenne. À la suite du Brexit, les pièces fabriquées au Royaume-Uni ne seront plus prises en compte pour la production minimum dans l'Union Européenne".

L'annonce fait référence à ce qui est connu sous le nom de règle d'origine, qui définit qu'une certaine proportion (environ 55% des pièces d'un produit) doit provenir de l'UE pour être admissible dans les accords de l'Union. À présent, le gouvernement néerlandais ne souhaite plus appliquer cette règle d'origine aux pièces britanniques. Cette conséquence du Brexit est un avertissement qui a été souligné dans les notices techniques de l'UE sur le sujet, précisant qu'"à compter de la date officielle du retrait, le Royaume-Uni devient un pays tiers ", et rend par conséquent les produits et pièces britanniques non originaires de l'Union Européenne.

Risque sur la compétitivité des constructeurs

L'industrie automobile est plus particulièrement touchée par ces bouleversements, chaque voiture étant constituée d'environ 30.000 pièces uniques. Dans un dossier paru dans Le Monde en décembre 2017, l'industrie automobile britannique serait en effet la grande perdante du Brexit, en raison de la complexification de la chaîne logistique transfrontalière. Dans le "scénario du pire" - sans accord sur le Brexit - le Royaume-Uni redeviendrait un simple membre de l'OMC, et les tarifs douaniers sur les pièces détachées de 4,5 % seraient appliqués, mettant alors à mal la compétitivité des constructeurs automobiles.

Optimiser la supply chain pour contrer les effets du Brexit

Mais les supporters du Brexit continuent d'affirmer que "tout va bien", comme le démontre un sondage mené par le Chartered Institute of Procurement and Supply, attestant que 63% des responsables supply chain des 27 pays membres, collaborant avec des fournisseurs britanniques, envisagent de déplacer une partie de leur chaîne logistique hors du Royaume-Uni. L'impact d'un tel fractionnement, tant au niveau financier qu'opérationnel semble évident. Pour contrer les effets du Brexit, les constructeurs peuvent d'ores et déjà se préparer en optimisant de bout en bout leur supply chain, et particulièrement leur supply chain des pièces de rechange.

La plupart des industriels sont aujourd'hui conscients qu'optimiser la gestion des pièces détachées représente est un levier clé de croissance, mais ils sous-estiment encore trop souvent les opportunités liées à l'optimisation des stocks et de la tarification des pièces. Ces deux stratégies d'optimisation combinées, associées à une politique forte orientée services, permettront aux entreprises de rester dans la course, d'améliorer leurs bénéfices et de réduire les inefficacités - quelles que soient les conséquences du Brexit.

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Commentaires
a écrit le 01/07/2018 à 19:50 :
Je suis en train de lire le livre de Coralie Delaume « La fin de l’Union Européenne »
On y apprend des trucs invraisemblables sur la technique de l'évasion l'optimisation fiscale en s'appuyant sur le Luxembourg ou sur l'Irlande.

Sur le bidouillage des statistiques de ces 2 pays qui se sont désindustrialisés comme la France.
Ex : Une production manufacturière irlandaise multipliée par 2,5 entre 2000 et 2015 alors que l'emploi industriel a baissé de 22 % !!!

La production est donc bien artificielle et personne ne dit rien.

Un exemple avec des matelas est assez cocasse. Une histoire à dormir debout (humour)

« Des matelas fabriqués en France mais restant dans un dépôt bien français sont vendus à prix coûtant en Irlande afin d’éviter de payer des impôts sur les bénéfices en France. Ces produits devenus irlandais par un tour de passe-passe sont alors sortis du dépôt et vendus en France avec une marge conséquentes et les bénéfices sont taxés en Irlande » .
Moi j’appelle cela de la téléportation fiscale écologique ...

Heureux anglais!!!!!!
Réponse de le 02/07/2018 à 0:18 :
Coralie Delaume, la compagne de Frederic Lordon, le chef nuitdeboutiste. Vous avez de sacrées références. Pour des histoires à dormir debout, vous avez ouvert le bon livre assurément.
Réponse de le 02/07/2018 à 0:19 :
Coralie Delaume, la compagne de Frederic Lordon, le chef nuitdeboutiste. Vous avez de sacrées références. Pour des histoires à dormir debout, vous avez ouvert le bon livre assurément.
a écrit le 30/06/2018 à 19:09 :
Si l'UE de Bruxelles se reforme en suivant un dogme, les britanniques ont la liberté de s'adapter!
a écrit le 29/06/2018 à 16:38 :
Merci de réfléchir aux problèmes vous au moins maintenant, hélas, si le brexit fait tellement peur à nos dirigeants politiques et économiques c'est parce que ça va les obliger à bouger et ça bouger ils détestent, ils sont bien installés sur leurs rentes acquises grâce à leurs politiciens, tellement que s'ils bougent ils seront un peu moins bien et comme actuellement bien trop encroutés incapables de réagir. De véritables zombi qui dirigent notre économie qui s'écroule étonnant non .?

La preuve aujourd'hui même, un accord sur l'immigration a été trouvé, ils ont du travailler toute la nuit cela a du les irriter et dès ce matin Salivini se félicite de cet accord mais il précise intelligemment que maintenant on va voir si ça va être appliqué. Il la connait bien notre vieille europe: "L'accord sur les migrants sera difficile à mettre en oeuvre, déclare Tusk" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1JP1WI/l-accord-sur-les-migrants-sera-difficile-a-mettre-en-oeuvre-declare-tusk.html

Gagnons du temps: vite un frexit.
Réponse de le 01/07/2018 à 6:54 :
vous avez bien une idee fantaisiste du Brexit. Notre économie va être décimé. Nous allons soit devenir un pays tier mondiste soit un pays terriblement inégalitaire quasi esclavagiste. Les français qui rêve d'un frexit sont aussi niez que les brexiteurs anglais. Tout les jours ils découvrent effaré comment le monde fonctionne réellement et non pas dans leurs reves. Vite le frexit?
Réponse de le 01/07/2018 à 18:03 :
@anglais vous avez agité les peurs avant, pendant, et demain après ... Restez cool les anglais n' ont jamais reçu autant de demandes ^pour devenir citoyen britannique....
Voilà des gens éclairés qui veulent échanger une démocrature, l' UE contre une démocratie !


En 2017, 3 474 Français ont déposé un dossier pour acquérir la citoyenneté britannique, contre seulement 920 en 2015 et 1265 en 2016. Au total, 2 862 procédures ont abouti l’année dernière, soit près de quatre fois plus que deux ans auparavant.

Sur les talons des Français, 3 129 Allemands ont demandé la nationalité au Royaume-Uni en 2017, alors qu’ils n’étaient que 757 en 2015. La progression la plus importante vient des pays scandinaves : en 2017, huit fois plus de Danois et cinq fois plus de Finlandais ont obtenu la double nationalité qu’au cours de l’année 2015.


https://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2018/04/20/brexit-plus-de-3-000-francais-ont-demande-a-devenir-sujets-de-sa-majeste-en-2017_5288380_4872498.html
Réponse de le 02/07/2018 à 9:24 :
@ multipseudos:

"Nous allons soit devenir un pays tier mondiste soit un pays terriblement inégalitaire quasi esclavagiste. "

La prédication, profondément grotesque en plus dans votre cas, n'est pas une science c'est une dérive de la pensée.

Vos messes répétitives et insipides sont bien entendu signalées.
a écrit le 29/06/2018 à 16:19 :
On peut reformuler en un, les unionistes pourront-ils s' adapter à la GB sortie de l' emprise dictatoriale de Bruxelles ...?
Réponse de le 01/07/2018 à 7:00 :
l'angleterre va sombre dans une dictature des entreprises, roix des medias et groupes de lobby. l'ouvrier, l'infirmière, le policier n'auront pas droit au chapitre. Le modele économique britannique est basé sur sa position géographique et son marche du travail a bas cout. Le brexit va lui laisser comme seul avantage sont marche du travail, insuffisant pour garantir sa salvation. Ouvrez vos yeux, arrêtez vos fantaisies

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