Le plan de relance européen face au risque de Karlsruhe

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(Crédits : Reuters)
ANALYSE. Le plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par Ursula Von der Leyen, qui prolonge la proposition Macron-Merkel, cherche à contourner la décision des juges de Karlsruhe qui empêche l’Allemagne de participer à une “mutualisation monétaire” des dettes nationales. Si ce projet échoue, c’est la survie même de la zone euro qui est compromise, risquant de se fracturer sous la pression des marchés financiers. (*) Par Guillaume Grégoire, aspirant F.R.S.-FNRS et doctorant à l'Université de Liège.

L'économie européenne est en récession et les marchés financiers retiennent leur souffle. Quelques semaines après le coup d'arrêt brutal imposé, le 5 mai, par la Cour constitutionnelle allemande à la politique monétaire "anti-crise" de la BCE, le plan de relance de 750 milliards de la Commission, financé par la création d'"eurobonds", semble redonner espoir au projet européen. Au refus a priori et absolu de toute "mutualisation monétaire" des dettes nationales opposé par les juges de Karlsruhe, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, soutenue par Angela Merkel et Emmanuel Macron, avance donc l'idée d'une "mutualisation budgétaire", conséquente mais limitée.

La ligne de crête est étroite, l'enjeu colossal. En cas d'échec des tractations au niveau du Conseil européen, et vu l'intransigeance monétaire affichée par les juges allemands, la panique sur les marchés financiers semble assurée, rouvrant le spectre d'un éclatement de la zone euro à coup d'attaques spéculatives sur les États du Sud, en particulier l'Italie. Si à l'inverse le projet aboutit, une accalmie est certes possible, mais les dangers ne sont pas pour autant  écartés : le plan ne pallie que partiellement le refus de "mutualisation monétaire" ; il devra du reste passer l'obstacle de la Cour constitutionnelle allemande, une nouvelle plainte constitutionnelle étant à prévoir. En toute hypothèse, l'ombre de Karlsruhe plane donc sur l'avenir de la zone euro.

Lire aussi : En Europe, la Commission propose un plan 750 milliards d'euros pour relancer une économie atrophiée

La "mutualisation monétaire" des dettes publiques sous l'égide de la BCE...

Pour saisir l'importance prise au niveau européen par la juridiction suprême allemande, encore faut-il resituer le contexte dans lequel ses dernières décisions ont été rendues. Le 26 juillet 2012, à l'occasion d'un discours tenu à Londres en pleine crise des dettes souveraines, Mario Draghi, alors président de la BCE, annonçait sa doctrine du "whatever it takes" : « Dans le cadre de notre mandat, la BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire (ndlr : whatever it takes) pour préserver l'euro ». Dans la foulée étaient adoptés les programmes Outright Monetary Transactions (OMT) et de quantitative easing, dont le Public Sector Purchase Programme (PSPP) aujourd'hui en cause. Pour certains, dont une partie importante de l'opinion publique allemande, le fait est clair : en se positionnant comme "prêteur en dernier ressort", la BCE a mis ses instruments monétaires au service d'un objectif proprement politique, à savoir sauver à tout prix la zone euro en venant au secours des États au bord du défaut de paiement, quitte à en passer par une mutualisation, indirecte et monétaire, des risques de défaut d'un État impécunieux.

Le premier programme mentionné n'a finalement jamais été activé, mais sa simple énonciation a produit l'effet escompté : calmer les marchés financiers et diminuer drastiquement les taux d'emprunt des États en difficulté. D'où un premier bras de fer juridictionnel entre la CJUE et les juges de Karlsruhe, au terme duquel ces derniers avaient finalement cédé, non sans maintenir de « sérieuses objections ».

Loin de rester cantonné à la sélectivité et à l'exceptionnalité de ce programme OMT, la seconde batterie de mesures mises en place par la BCE (en particulier le PSPP) a quant à elle mené au rachat, depuis 2015, de plus de 2000 milliards d'euros de dettes publiques émises par les différents États membres de la zone euro. Pour ce faire, chaque banque centrale nationale a acheté, en proportion de la clé de répartition de chaque État au capital de la BCE, des titres éligibles provenant d'émetteurs publics de sa propre juridiction. Au-delà des montants considérables engagés, la perspective de voir les éventuelles pertes issues d'un défaut souverain être réparties et partagées entre les différentes banques centrales de l'Eurosystème (comme semble le permettre l'article 32.4 des Statuts de la BCE) a joué un rôle considérable dans l'apaisement des marchés obligataires et dans l'abaissement important des taux d'emprunt des États membres, jusqu'à les rendre parfois négatifs.

Une question « hypothétique » selon la CJUE...

Or, c'est bel et bien cette hypothèse d'un défaut souverain et d'une éventuelle répartition des pertes issues d'opérations de rachat d'obligations souveraines par les banques centrales de l'Eurosystème qui se trouve ciblée par la Cour constitutionnelle allemande. Dans sa décision de renvoi préjudiciel à la CJUE du 18 juillet 2017, elle s'en inquiétait déjà ouvertement en ces termes : « En cas de défaillance des obligations émises par une administration centrale, il semble probable, voire inévitable, que le Conseil des gouverneurs de la BCE réagisse en adoptant une décision en vertu de l'article 32.4 des statuts du SEBC qui entraînerait un partage complet des risques ».

Sur cette base, les "sages" de Karlsruhe ont demandé à leurs homologues du Luxembourg, dans leur cinquième et dernière question préjudicielle, si un tel partage illimité des risques ne violait pas l'interdiction de financement monétaire des États membres (article 123 TFUE) et la clause dite de "non-renflouement" (article 125 TFUE). En cas de défaut de paiement d'un État membre, un mécanisme de partage des pertes pourrait en effet nécessiter une recapitalisation des banques centrales nationales par interventions de l'État dont elles relèvent respectivement - en l'occurrence, pour l'Allemagne, de la Bundesbank par décision budgétaire du Bundestag. Ceci signifierait alors, in fine, que chaque État serait budgétairement garant des autres.

La CJUE a néanmoins rejeté cette dernière question préjudicielle au motif qu'elle serait « hypothétique », puisqu'aucune décision en ce sens n'avait encore été explicitement prise par la BCE et que seuls les titres des émetteurs internationaux (approximativement 10% du montant total des rachats au titre du PSPP) étaient soumis à un régime de partage des risques.

... donc une hypothèse juridiquement impossible selon Karlsruhe

Sans doute particulièrement courroucée par ce refus de répondre, mais loin de s'en laisser conter, la Cour constitutionnelle allemande a retourné l'argument du caractère « hypothétique » de la question pour en déduire une interdiction absolue de toute "mutualisation monétaire" des dettes souveraines nationales, fût-ce par modification des traités.

Pour ce faire, elle note tout d'abord que la valeur des obligations achetées (plus de 2000 milliards d'euros) « dépassait largement le montant des réserves existantes, du moins en cas de défaut de paiement d'un État membre important », de sorte que « si la BCE était autorisée à adopter un tel régime de partage des pertes sur la base des traités actuels, la cinquième question n'aurait pas été hypothétique au moment où la CJUE a rendu sa décision ». Il en découle alors que ce caractère « hypothétique » proclamé par la CJUE devrait recouvrir non seulement la nature « factuellement incertaine » mais également « juridiquement impossible » de cette question.

L'inverse impliquerait en effet, selon les juges allemands, une violation du principe d'autonomie budgétaire nationale, qui constitue pourtant un principe constitutif de l'Union économie et monétaire garantissant que les États membres restent soumis à la logique du marché lorsqu'ils s'endettent. A ce stade du raisonnement, le constat est donc clair : un tel partage des risques, impliquant une  "mutualisation monétaire" des dettes souveraines, devrait en tout état de cause passer par une révision des traités.

Les juges de Karlsruhe ne s'arrêtent cependant pas là : ils affirment qu'un régime de répartition et de partage des risques aussi conséquent serait par ailleurs contraire à la "responsabilité budgétaire générale" du Bundestag. Or, cette responsabilité budgétaire du parlement est reconnue par la Cour constitutionnelle allemande comme l'émanation économique du "principe démocratique", qui relève lui-même de l'"identité constitutionnelle" allemande, donc hors de portée de toute révision constitutionnelle (car protégée par la "clause d'éternité" de la Loi fondamentale).

Autrement dit, après avoir affirmé la nécessité d'une modification des traités, ne serait-ce que pour concevoir un tel partage de risques, les juges allemands ont dès à présent compromis, sinon anéanti, cette possible révision (déjà pourtant difficilement envisageable au vu de l'unanimité requise). Habilités à contrôler toute loi nationale d'approbation qui lui serait soumise, ils viennent ici de laisser augurer, quoiqu'incidemment, leur position sur la question. Et celle-ci équivaut à l'enterrer avant même de l'avoir formulée.

Ce faisant, c'est bien au renversement de la ligne politique du « whatever it takes », proclamé en juillet 2012 par Mario Draghi, que nous venons sans doute d'assister avec cette décision du 5 mai 2020 : quoi qu'il en coûte, et même si cela doit mener à l'implosion de la zone euro, l'Allemagne ne participera pas à une "mutualisation monétaire" des dettes nationales. C'est donc une véritable bombe à retardement qu'ont déposé, dans le cœur nucléaire de l'Union économique et monétaire et en pleine crise économico-sanitaire, les juges constitutionnels allemands.

La "mutualisation budgétaire", une alternative insuffisante ?

Pour contourner ce veto judiciaire et tenter de déminer la situation, qui entame la position de "prêteur en dernier ressort" de la BCE, la Commission européenne, soutenue Emmanuel Macron et Angela Merkel, propose donc un plan de relance de 750 milliards financé par des emprunts de l'Union sur les marchés, donc par la création d'"eurobonds". Ceci permettrait de redistribuer ensuite l'argent aux États les plus en difficulté, les exemptant donc partiellement d'emprunter eux-mêmes sur les marchés pour faire face à la crise. Autrement dit, un début de solidarité européenne, conditionnée toutefois à l'adoption de "réformes structurelles".

La mutualisation des dettes, sortie par la porte, reviendrait donc par la fenêtre. Mais sous une autre forme, et particulièrement atténuée. Si les montants en question peuvent effectivement sembler considérables, ils restent toujours limités. C'est ce caractère limité par avance qui pourrait cependant sauver la mesure d'un nouveau veto de la Cour constitutionnelle allemande. Nul doute en effet que, malgré la volte-face d'Angela Merkel, les opposants traditionnels saisiront la Cour pour chercher à empêcher l'Allemagne de participer à cette mutualisation.

Dans la ligne de leur jurisprudence relative au traité instituant un mécanisme européen de stabilité, les juges allemands pourraient néanmoins valider le principe, l'action de la Commission étant soumise à un certain contrôle parlementaire et la responsabilité budgétaire générale du Bundestag n'étant pas compromise si les montants sont strictement limités à l'avance - double condition qui semble ici remplie.

Mais ce caractère limité constitue également le talon d'Achille de la proposition de "mutualisation budgétaire", puisqu'il échoue à répondre au caractère illimité de la potentielle "mutualisation monétaire" promise par Mario Draghi et censurée par Karlsruhe. Il reste dès lors à savoir si ce pas en avant européen, qui ferait sauter un verrou longtemps tabou dans les États du Nord (et en particulier l'Allemagne), suffira à stabiliser la monnaie unique dans cette crise économique et financièrement d'ampleur systémique. Car une chose est sûre : si le plan de la Commission n'est peut-être pas suffisant pour répondre au défi de Karlsruhe, l'échec de son adoption par le Conseil européen risquerait très certainement de faire imploser la zone euro.

Lire aussi : Budget de crise : la prévision de déficit public s'établira à 9,1% en 2020 (185,4 milliards)

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a écrit le 09/06/2020 à 13:31 :
"Si une Banque Centrale achète irréversiblement une obligation souveraine de son pays, cette obligation souveraine est de fait annulée. En effet, les Banques Centrales reversant leurs profits aux États, cette dette souveraine devient gratuite (les intérêts payés par l’État à la Banque Centrale sont rendus par la Banque Centrale à l’État). De plus, si la dette publique est conservée par la Banque Centrale dans son bilan et est renouvelée à l’échéance, elle n’est jamais remboursée. Si elle est gratuite et n’est pas remboursée, elle est de fait annulée."
C’est le mécanisme de monétisation de la dette publique par une banque centrale décrit par un expert économique qui serait rendu impossible par les exigences de la cour constitutionnelle allemande si toutefois elles étaient prises en compte par la BCE. La France et l’Italie seraient alors en grosse difficulté après la crise du Covid19. Je conseille également la lecture d’un article intitulé : "Le 4 juin 2020, un mois après l’ultimatum de Karlsruhe, la BCE déclare la guerre à l’Allemagne" par Sébastien Cochard.
Après une éventuelle implosion de la zone euro et un retour aux monnaies nationales la Banque de France pourrait certes monétiser la dette publique comme décrit ci-dessus mais apparaîtraient alors, pour la France, les inconvénients de sa désindustrialisation dramatique et de son énorme déficit de balance commerciale liés précisément à sa participation à la zone euro et à l’UE. La France risquerait d’avoir à gérer, dans un premier temps, une crise de la balance des paiements (chute exagérée du taux de change de la monnaie, hausse des prix des produits importés...). En situation normale ce serait une affaire moins grave que la crise sanitaire actuelle, mais là cela interviendrait dans la foulée de la crise sanitaire !
a écrit le 09/06/2020 à 8:32 :
puisque les juges de Karlsruhe sont allergique a l'Europe
il faut refusé que ses personnes soit rémunéré en euro
et leur interdire de sortir de leur pays
en cas de voyage dans un pays d'europe
la case prison direct
a écrit le 09/06/2020 à 8:23 :
Karlsruhe, c’est un organisme qui met les partisans de l’euro face à leurs agendas cachés. Est-il si sûr que l’euro soit une bonne chose?
a écrit le 09/06/2020 à 1:05 :
L'article ne précise aucune date pour l'application d'un plan d'actions ou une décision de Karlsruhe.
a écrit le 08/06/2020 à 16:53 :
On parle de "risque" alors que l'on est en face de prévoyance et même d'amener a réfléchir par précaution au lieu de toujours vouloir faire de l'UE une vitrine!
a écrit le 08/06/2020 à 12:43 :
Donc nos états doivent résoudre ce problème tout simplement. Si les traités actuels ne le permettent pas, changeons les traités.
a écrit le 08/06/2020 à 11:34 :
Il y a 15 ans les paiements en euros de nos clients etaient frequents.
Aujourd'hui nous demandons a etre payes en dollar. L'euro est condamne a tres court terme. Achetez de l'or pendant qu'il est temps, ou mieux tirez-vous.
a écrit le 08/06/2020 à 11:32 :
Préférer l'effet multiplicateur Boule de Neige, que l'effondrement avec effet Domino.
Un effondrement de la zone euro interviendrait au pire moment de son existence, avec des dettes souveraines qui se sont envolées chez les Etats mbres, y compris l'Allemagne, pour parer au plus pressé : la mise sous perfusion des économies à l'arrêt.
Immédiatement, l'hyper inflation s'installerait avec son effet Domino destructeur entraînant des faillites en cascade et leur cortèges de chômeurs, réduction drastique du train de vie des Etats avec baisse catastrophique des prestations, couvertures des risques élémentaires, indemnités, retraites et dc la ruine de la puissante classe moyenne européenne entraînant de fait la chute brutale de la consommation et l'arrêt du MU. Avec en corollaire, un état d'insurrection généralisée, scènes de pillage, menace de guerre civile...
Le séisme serait tel, qu'il se repercuterait sur l'économie mondiale vu le poids de l'UE ds les échanges internationaux, avec certainement intervention massive de la Chine pour soutenir son marché exportateur déjà bien malmené par la crise.
Avec le déconfinement, l'éloignement massif de la pandémie ds les pays du sud et un fort espoir de rebond par l'activité touristique estivale au poids conséquent ds leur PIB, nul doute que la menace d'un défaut sur leur dette ne sera pas à l'ordre du jour.
Le plan de relance de la Commission vise à conforter les plans de relance mis en place par chaque Etat mbre pour sauver in fine le MU ppal zone d'échange mondiale de biens et services entre États mbres.
Ds les tractations avec la Commission pour consentir à minima une mutualisation budgétaire européenne, corollaire à un accroissement du budget de l'UE, la Cour constitutionnelle allemande va chercher à faire monter la mayonnaise pour obtenir des garanties de réformes économiques au moins ds les Etats qui en bénéficieront le plus.
Réponse de le 08/06/2020 à 13:03 :
C’est du whishfull thinking. Ce que vous exposez est de perpétuer une situation qui remet à plus tard des ajustements monétaires nécessaires. Ce n’est pas aussi sage que ça en a l’air et même risqué. Mieux vaux laisser fluctuer une monnaie que de renégocier avec des syndicats des millions de contrats, ce qui s’est avéré impossible ces 20 dernières années. Franchement, a part la CGT, qui veut encore de l’euro?
Réponse de le 08/06/2020 à 22:10 :
Que vient faire la CGT ds ce débat ?
Soyez pas traumatisé. Cool...C'est fini la gde époque des accords de Grenelle de l'ère pompidolienne, qd les 2 Gds Georges s'affrontaient.
Laissez la mourir tranquillement mais sûrement, elle qui n'a pas pu empêché la fin du statut du cheminot ds son bastion phare et peut remercier le virus pour le renvoi aux calendes grecques de la suppression des régimes spéciaux.
D'ailleurs, quel jeune de nos jour rêve d'un encartage à la CGT pour booster sa carrière ??
Tiens, l'Allemagne vient de créer près de 2 millions de chômeurs, tandis que l'Europe du Sud et ses 200 millions de consommateurs se confinait grave. Croyez vous qu'elle va mettre en péril son marché extérieur européen et son économie tte entière, ss prétextes que ses juges suprêmes ont des états d'âme existentiels ???
a écrit le 08/06/2020 à 10:52 :
Merci pour la qualité de cet article. on sent bien que le sujet est technique et aura des conséquences. Si l'on veut rester très basique, il parait certain que laisser des dettes énormes aux générations suivantes est une ignominie. Croire qu'il suffit d'en haut d'ouvrir les vannes des dettes au prétexte de soutenir l'économie, sans que dans le détail on sache comment construire l'avenir est une ânerie (on ne peut se satisfaire raisonnablement des prétextes sur la transformation écologique et énergétique). Pour s'en assurer, il suffirait d'ailleurs d'avoir (enfin!!!) des décomptes sur les grands succès des financements centralisés par la BPI. Pour mes "camarades" qui prônent un frexit, que le Franc serait bien mal si la France était seule devant les prêteurs, entrainant de facto de sérieuses dévaluations monétaires et la ruine de la Nation... On aura beau dire qu'un état ne peut être comparé à un ménage, il y a un moment où l'argument paraît bien faible. Enfin, je crois que ces tombereaux d'argent public seront créateurs de bulles, dont les plus favorisés profiteront, entrainant encore accroissement des inégalités (et ne crois pas que ce soit le but recherché). Merci à la rigueur allemande qui peine à s'exprimer, mais qui cantonne l'irresponsabilité française.
Réponse de le 08/06/2020 à 14:17 :
Enfin un commentaire dans lequel je me retrouve. Un article de qualité qui explique froidement les conséquences de nos errements. Pendant que l'on cherche partout une façon de s'endetter davantage, on oublie que le péché originel et d'avoir laissé filer les déficits au détriment de nos enfants. Et le pire, c'est que c'est un endettement sans vision, qui n'apporte rien à nos pays que de repousser l'inéluctable. Un endettement sans vision. On espère que l'Allemagne tiendra bon.
Réponse de le 08/06/2020 à 16:07 :
Pas trop d’accord avec vous. Pour moi, l’irresponsabilité est de s’arrimer à un pays qui a une culture monétaire et une histoire sociale différente de la nôtre. On peut très bien être heureux avec une monnaie faible. Les gens étaient bien avec le franc. Au début de l’histoire de l’euro, ça s’est passé moyen et maintenant, ça va très mal. Comment voulez-vous gérer la folie socialiste avec une monnaie forte. Ça n’a aucun sens, et pourtant c’est ce que l’on doit faire car la CGT est là, elle est de France, en France et elle ne changera pas. Après elle, vous avez les écolos, les vegans, les importateurs (grande distribution). Tous ces gens sont des irresponsables qui n’ont que faire du bien commun. Pensiez-vous qu’ils allaient partir sur la lune avec l’adoption de l’euro? C’est ce que toutes les personnes sensées ont voulu croire pour les résultats que l’on voit: frustration sur les rémunérations, dettes, balance commerciale flinguée et impôts lourds. Ces dérives auraient pu être évitées sans l’euro. Voilà pour moi où se situe l’irresponsabilité: prendre une décision politique sans examiner les faits.
Réponse de le 08/06/2020 à 17:08 :
Certes mais à part les retraités et les fonctionnaires, la grande majorité des autres français sont en danger sur leurs revenus et sans forcément un gros patrimoine.
Que fait-on ?
Moi je vous rejoins, laisser filer les déficits n'est pas une solution pérenne.
Il est une solution qu'aucun politique ne prendra : une taxe exceptionnelle de 2% sur le patrimoine de tous les français sur ce mois de juillet...
Quel politique prendra ce risque ?
Réponse de le 08/06/2020 à 18:39 :
Vous avez raison sur le fait qu'il n'est peut être pas viable de s'accoter sur la culture allemande quand on accueille CGT et politiques demagos. Mais cela veut dire qu'il n'y a que deux voies. L'europe devient un pays fédéral avec une intégration poussée et des systèmes de péréquation entre états (comme le Canada), ou bien l'euro doit disparaitre. Dans tous les cas, la décision de Karlsruhe va peut être décider de la forme de l'europe à venir en poussant nos nations à faire ce choix décisif. Mais dans tous les cas, notre pays doit apprendre que l'équilibre budgétaire doit être la norme, et que l'endettement tout azimuth n'est pas durable (@Kermao1800. Je ne suis pas d'accord avec l'idée que la solution passe par davantage de taxes, sans compter qu'une telle taxes engendrerait une fuite immense de capitaux.)
a écrit le 08/06/2020 à 10:32 :
Depuis le temps qu'on dit que cette Europe est mortifère!!!
a écrit le 08/06/2020 à 9:29 :
Vous vous rendez compte quand même que l'on ne parle là que de la première annonce de relance proposée par la chancelière européenne il y a trois mois !?

Mais de quoi avons nous l'air encore une fois bon sang ?

Vite un frexit, l'UE est morte-née seulement entretenue par des paroles sans valeur, quitte à être condamné à la récession autant l'être en étant français et non esclave européen.
Réponse de le 08/06/2020 à 16:10 :
Les grands mots tout de suite... pfoouuu
a écrit le 08/06/2020 à 8:55 :
L'éternel conflit entre le juridique et le politique , ce n'est pas nouveau. A l’exception peut-être dans notre république bananière au pouvoir vertical . Un contre- pouvoir est toujours utile. L'idéal pour l'UE , c'est qu'enfin l'Euro puisse être utilisé comme le dollar , pour régler
les échanges commerciaux. Une façon d'éviter le chantage juridique permanent infligé à nos entreprises utilisant le dollar pour leurs échanges commerciaux.
Une UE dotée d'un vrai budget , une BCE ayant les mêmes attributions que la Fed.
Si les juges allemands ne veulent pas mutualiser les dettes et admettre une UE fédéral, le risque pour l'Allemagne est considérable.
1 L'Euro disparaît , le Deutschemark le remplace et la devise s'envole ce qui ruinera l'économie exportatrice de nos voisins.
2 Les pays du club Med vont retrouver leurs devises qui vont , comme avant l'Euro subir
des dévaluations successives. Les taux vont exploser dans un premier temps.
bien d'autres conséquences encore.
Les juges ont-ils conscience de ce que pourrait donner une implosion de l'UE?
L'Angleterre qui a retrouvé sa liberté éclairera le sujet dans les années à venir.
Réponse de le 08/06/2020 à 11:30 :
Exemple contre productif , l Angleterre à toujours eue sa monnaie en adéquation avec son économie !
Pas les pays du Sud , malheureusement .
Réponse de le 08/06/2020 à 14:13 :
"Les juges ont-ils conscience de ce que pourrait donner une implosion de l'UE?". J'espère que les juges si fichent bien de ce type de considérations. Ils jugent en fonction de la Loi et on espère qu'ils ne se laissent pas aller à de la politique fiction dans leur prise de décision.
Réponse de le 09/06/2020 à 11:48 :
La livre restera une monnaie solide, car c'est une monnaie internationale utilisée ds les transactions gérée par la CITY, ppale place financière mondiale sur les marchés des mat 1eres, des devises...
D'ailleurs, intégré à la CEE ancêtre de l'UE depuis les années 70, le RU a tjrs conservé sa monnaie..
Ce qui n'est pas le cas du Franc, de la lire, de la peseta, de l'escudo ou du drachme, qui sitôt devenus souverains après la sortie de l'UE, deviendront des monnaies de singe, car vu l'énorme poids des dettes des Etats, ils deviendront aussitôt la proie de ts les spéculateurs internationaux qui voudront se refaire une santé, avec une fuite terrible des capitaux ds un 1er tps...
Ce que ne comprennent pas ts ces Frexiter patentés envoutés par leur gourou F. Asselineau.
a écrit le 08/06/2020 à 8:54 :
L' UE doit disparaitre qui confisque et pille les peuples pour servir la seule géopolitique US adoubant l' oligarchie euro-mondialiste, Frexit, vite .. Lire : "
UNE LEÇON D’HONNÊTETÉ POLITIQUE ET INTELLECTUELLE VENUE DES PAYS-BAS : un ancien ministre et haut dirigeant politique européiste constate que l’euro est un échec et qu’il faut revenir partiellement au florin." permet de comprendre la dimension et l' étendue du désastre, notamment celui causé par l évasion fiscale autorisée par l' UE et l' article 63 du TFUE qui retire jour après jour leur substance aux états..

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