Demain s'ouvre à l'Assemblée nationale, en commission des lois, l'examen du projet de loi asile et immigration tel qu'il est sorti du Sénat. Nous, présidents d'associations engagées auprès des plus démunis, souhaitons aujourd'hui alerter solennellement les députés sur l'importance du débat qui s'ouvre devant eux. Car ce texte pourrait, s'il n'était pas profondément remanié, redéfinir notre pacte social et nuire, par son aveuglément, à toute notre société, à son économie, à son rayonnement.
Notre propos n'est pas de nous prononcer sur la politique migratoire en tant que telle : c'est le rôle de la représentation nationale, et à travers elle de l'État, de s'interroger sur le degré d'ouverture du pays et de réguler l'immigration économique en fonction des défis que le pays doit relever à court et moyen termes. Mais c'est aussi son rôle de s'interroger sur la place de la France dans le monde, et de garantir l'existence d'une société juste et fraternelle. Or, en attisant les peurs, les rejets, voire la haine de l'autre, on ne prépare pas l'avenir d'une société, on la referme sur elle-même et on prépare son déclin.