Le vrai casse-tête de la commercialisation des énergies renouvelables

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(Crédits : GreenYellow)
OPINION. Avec la compétitivité croissante des énergies renouvelables, les mécanismes de soutien financier tendent à disparaître. Parmi les solutions de commercialisation figure le "Corporate Power Purchase Agreement". Par Basile Bouquet, directeur général d'Enexflow.

Les mécanismes de soutien aux énergies vertes ont évolué au fil des années. Promulgué en 2011, le premier dispositif connu sous le nom d'obligation d'achat garantit au producteur un tarif de rachat pour tout électron injecté et lui assure que l'intégralité de sa production sera absorbée par le système électrique. Ce dernier n'a donc aucune exposition à la volatilité des marchés.

En 2015, un nouveau mécanisme a été mis en place dans le cadre de la Loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte. Il vise à confronter les producteurs d'électricité verte aux enjeux de flexibilité du système électrique. Elle contraint les producteurs à commercialiser directement leur énergie sur les marchés et leur offre une prime additionnelle venant compenser l'écart entre les revenus tirés de cette vente et un niveau de rémunération de référence.

Confrontés à un effet de cannibalisation

Compte tenu de la compétitivité croissante des énergies renouvelables et de la maturité des technologies, les directives européennes encouragent à la disparition progressive des mécanismes de soutien financier. Les développeurs devront définir une nouvelle stratégie pour monétiser leur production. Outre les aspects opérationnels inhérents aux activités de trading, la commercialisation sur les marchés représente un défi pour les producteurs solaires et éoliens confrontés à un effet de cannibalisation. Dans une même zone géographique, les centrales renouvelables bénéficient des mêmes conditions d'ensoleillement et de vent. Possédant des profils de production similaires, chaque nouvelle unité installée, solaire ou éolienne, va gonfler l'offre d'électricité sur les mêmes heures que le reste de la filière. Cela entraîne mécaniquement une dépréciation des prix sur ces créneaux horaires. Ainsi, plus les capacités de production renouvelable vont se développer, plus leurs revenus potentiels sur les marchés vont baisser.

Les risques liés aux effets de cannibalisation et le manque de solution de couverture sur le long terme vont contraindre les développeurs à se tourner vers de nouveaux mécanismes de commercialisation.

Contrat d'achat direct

Les "Corporate Power Purchase Agreement" (CPPA), contrat d'achat direct entre un producteur d'énergie renouvelable et un client garantissant un prix fixé sur toute la durée de vie d'une centrale, semble une option à explorer : ils offrent la visibilité nécessaire aux développeurs réduisant les risques sur le projet et garantissant un financement bon marché. Ainsi, en 2019, le groupe Boulanger et la SNCF ont été les premiers acteurs sur le sol français à signer des CPPA avec le développeur de projet Voltalia. Cette tendance de fond est globale et ce sont près de 19,5 GW de projets renouvelables qui ont été signés de cette manière en 2019, contre seulement 13,5 en 2018 et 6 en 2017.

Principalement conçus pour répondre aux besoins opérationnels du système électrique, les marchés de l'électricité n'apportent pas de solutions aux enjeux financiers liés au développement des énergies renouvelables. Les producteurs vont ainsi se tourner vers de nouveaux mécanismes de commercialisation, à ce titre, les CPPA semblent destinés à un succès croissant.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2020 à 15:08 :
l'électricité produite par les panneaux solaires pourrait servir à produire de l'hydrogène,ce n'est pas exactement le sujet de cet article mais c'est ce que j'avais envie d'écrire.
a écrit le 29/07/2020 à 9:23 :
Les subventions accordées aux installations de production d'énergie renouvelables sont une arnaque, dans le sens où les installateurs augmentent artificiellement les prix, empochant ainsi la dite subvention et les économies financières réalisées par la production prenant les 10 ères années de production.
Il serait bien préférable que ces installations ne soient pas subventionnées, et que l'Etat soit très attentif aux entente anti concurrence des vendeurs, en particulier sur le sacrosein délais de 10 ans avant le retour sur investissement.
a écrit le 29/07/2020 à 6:13 :
Beloved
Hi!
Please, thank You for this information,
am planning to start an eco-energy business,
thus Your information is effective and efficient.
Very many thanks in Christ Jesus.
#
Yalifetree
a écrit le 28/07/2020 à 20:00 :
premier tarif de rachat en 2011?
circulez!!
a écrit le 28/07/2020 à 18:31 :
Vous auriez pas une lotion pour faire pousser les oreilles? C'est pas que je ne sois pas correctement oreillé, mais c'est vrai que deux centimetres de plus, ce serait bien.

Vous me mettez le siren d'enexflow, et pas une sasu a 100 balles?
a écrit le 28/07/2020 à 18:18 :
Parfois les auteurs ne semblent pas voir que leurs raisonnements disent le contraire de ce qu'ils disent.
Le soit disant succés des ENR tient à la sovietisation de ce marché par les autorités.
L'Allemagne qui devait l'exemple est un échec: les émissions de CO2 n'ont pas baissé, elle a été obligé d'investir massivement, de mettre en service des centrales à charbon, et en plus elle doit importer de l'électricité.
L'arrêt du nucléaire chez eux devrait selon les prévisions faire augmenter les émissions de CO2 de 10%.

Les ENRs ne sont pas rentables et ne le seront jamais les autorités s'évertuent à truquer la réalité mais dès que les béquilles sont retirées il n'y a plus personne.

Les ENRs produisent pour l'éolien et le solaire des productions non pilotables; parfois il y en trop parfois pas assez et en plus ces énergies complexifies le système : quand il fait nuit et qu'il n'y a pas de vent producteur (50 jours sans vent en Europe l'année 2019), comment on fait ? On éteint tout ?
Ben on fait ce que tous les pays qui ont investi dans les ENR font: ils ouvrent des centrales à gaz et ou à charbon et font augmenter leurs émissions de CO2; tout en subventionnant les ENRs parce que sinon tout s'écroule.

Très très bien aussi les cimetières de pales d'éolienne qu'on enterre directement dans la terre après 20 ou 25 ans; super durable.

Une vraie machine shadok.
Réponse de le 29/07/2020 à 9:35 :
"Le soit disant succés des ENR tient à la sovietisation de ce marché par les autorités. L'Allemagne qui devait l'exemple est un échec: les émissions de CO2 n'ont pas baissé"

Oui car l'Allemagne a remplacé massivement du Nucléaire par du renouvelable. Le Charbon est resté par conséquent constant.

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