Les entreprises françaises doivent se munir d'un "Chief Brexit Officer"  !

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OPINION. Les grandes entreprises françaises sont prêtes pour le Brexit. Mais pas forcément les ETI et les PME... Par Thierry Fournier, Directeur Associé chez EIM*.

Depuis l'adoption par les députés britanniques d'un texte en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le Premier ministre britannique Boris Johnson a désormais les coudées franches pour un Brexit au 31 janvier prochain. Or, la sortie du Royaume-Uni de l'Union ne sera pas sans conséquence pour les entreprises françaises, que ce soit d'un point de vue juridique et réglementaire, mais également douanier, financier, RH ou encore logistique. Alors que les entreprises françaises ont longtemps été dans le flou, se pose la question de savoir si celles-ci sont bien préparées à l'échéance du 31 janvier, si elles ont encore le temps de se préparer et avec quels moyens.

Force est sur ce point de constater qu'hormis les grandes entreprises qui détiennent les moyens humains et financiers de se pencher spécifiquement sur le sujet, la majorité des entreprises - notamment les ETI et PME - sont globalement mal préparées à ce bouleversement.

Dans ce contexte, pour mener à bien cette transformation stratégique « coup de poing », il est impératif de faire appel à des ressources humaines capables de gérer des situations complexes avec une vision d'ensemble des multiples problématiques liées au Brexit et pouvant impacter les différentes branches de l'entreprise. Des ressources capables d'orchestrer et de mettre en mouvement, sur une période extrêmement courte, l'ensemble des équipes concernées vers un objectif commun.

Notre conviction est que ces ressources doivent être concentrées en un seul poste, stratégique, et que nous pourrions qualifier de Chief Brexit Officer.

Ce Chief Brexit Officer aurait trois missions essentielles.

  • Sa première mission est de sécuriser les opérations courantes, notamment en ce qui concerne les flux logistiques, afin de protéger le déroulement des opérations actuelles au moindre coût et au moindre risque. Cela peut également être de recenser les effectifs de l'entreprise de chaque côté de la frontière et d'anticiper les impacts du Brexit sur ceux-ci.
  • Sa deuxième mission consiste à définir à moyen terme le dispositif opérationnel de l'entreprise dans un contexte de Brexit : quels impacts sur les prochains investissements, sur la R&D, sur les lancements de produits...
  • Sa troisième mission est d'identifier les opportunités offertes par le Brexit pour fixer un cap à l'entreprise : quels nouveaux clients deviennent abordables ; comment profiter de l'impact du Brexit sur mes principaux fournisseurs pour mieux négocier ; etc.

Véritable leader d'un projet collectif, le Chief Brexit Officer serait donc en charge de stimuler l'ensemble des fonctions de l'entreprise sur les sujets relatifs au Brexit. Détenant une connaissance intime du secteur de l'entreprise concernée ainsi qu'une solide connaissance du Royaume-Uni pour y avoir travaillé, il doit donc également avoir occupé un poste de directeur général pour être capable d'appréhender les différentes fonctions de l'entreprise et avoir une vision opérationnelle du quotidien comme une vision stratégique de long terme.

Si la plupart des entreprises ne sont pas encore aussi avancées dans leur réflexion relative au Brexit, elles ont cependant encore le temps de se doter d'un Chief Brexit Officer. En principe, si le Brexit est bien voté le 31 janvier prochain par le Parlement britannique, la sortie de l'UE ne sera effective que pour fin décembre 2020, ce qui représente un challenge extraordinaire pour les entreprises pour prendre un temps d'avance sur leur marché.

En résumé, toute entreprise française prenant aujourd'hui le risque de ne pas se doter d'un tel profil risque de courir derrière des concurrents qui se seront adaptés plus vite au nouvel environnement réglementaire.

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* EIM, un acteur positionné sur le management de transition.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2020 à 18:09 :
Les marchés européens qui voulaient que les politiciens anglais s'assoient sur la décision du peuple britannique nous ont martelé dans les médias de masse que c'était pas possible, qu'ils étaient inconscients et ce pendant au moins deux ans, de ce fait peu pensaient que les anglais sortiraient vraiment, c'était déjà une très mauvaise façon de s'y préparer en effet maintenant il faut porter un regard 100% objectif et indépendant sur ce phénomène si on ne veut pas y perdre et pourquoi pas en profiter, une chose est certaine les marchés financiers sont incompétents à nous guider car nous abrutissant du fait de leurs médias.

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