« Police et recours à la force : la confiance n'exclut pas le contrôle » (Guillaume Farde)
Guillaume Farde
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Guillaume Farde.
© YVES SAMUEL
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Le 6 décembre 1986, la mort de Malik Oussekine sous les coups de matraque de trois policiers parisiens choque légitimement la société française. Sidérés par le drame, les Français questionnent les conditions du recours à la force
par leur Police* et exigent que les protocoles qui gouvernent ses interventions soient plus respectueux des libertés publiques fondamentales. Il en a résulté une certaine réticence dans l'usage des armes par les policiers eux-mêmes, redoutant les répercussions judiciaires, sociales et morales de leurs pratiques. Depuis, l'affaire Malik Oussekine renvoie à un syndrome du même nom, celui de la trop grande inhibition des policiers a priori, par crainte de
l'opprobre a posteriori.À lire également
Trente-sept ans plus tard, la mort par
balles du jeune Nahel Merzouk à la suite d'un contrôle routier déclenche, elle aussi, une très vive émotion au sein de l'opinion, notamment chez les Français les plus jeunes. À l'été dernier, la légitimité de la Police est contestée durant plusieurs nuits d'émeutes, partout sur le territoire. Concomitamment, la mise en cause judiciaire et le placement en détention provisoire de plusieurs fonctionnaires de police accusés de violences illégitimes conduit certains de leurs représentants syndicaux à réclamer des exceptions procédurales voire une immunité pénale fonctionnelle pour contrer, selon eux, l'insécurité juridique professionnelle relative à leurs actions.Guillaume Farde