Pourquoi le débat scientifique est devenu impossible : le spectre de Karl Marx

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(Crédits : Reuters)
IDEES. On pensait la polarisation du débat public cantonnée aux sciences humaines : l'identité, l'économie, le genre... Au tour des sciences naturelles d'être gagnées par l'hystérisation où l'invective remplace l'argument. Par Ferghane Azihari et Laurent Pahpy, analystes en politiques publiques à l'Institut de recherches économiques et fiscales (IREF).

Impossible de questionner l'homéopathie sans être accusé d'être à la solde du lobby pharmaceutique. Rappeler le consensus académique sur les risques associés aux pesticides de synthèse - dans les conditions normales d'utilisation -  vous vaut d'être assimilé à de sinistres collaborateurs de l'agrochimie. Critiquer les énergies renouvelables peut même faire de vous un valet de l'industrie nucléaire.

À ce rythme, les diététiciens qui suggèrent de bien se nourrir seront bientôt perçus comme des agents corrompus par les éditeurs de livres de cuisine. Dans l'arène médiatique, les personnalités qui interviennent régulièrement sur ces questions telles que Emmanuelle Ducros, Géraldine Woessner ou Mac Lesggy font souvent les frais de ce genre de procès. Leur crime ? Tenter de communiquer le consensus scientifique.

Qu'est-il arrivé au pays des Lumières ?

Les énoncés scientifiques ne sont plus évalués en tant que tels. Ils sont appréciés selon les intérêts avec lesquels ils se recoupent. Ce procédé n'est pas nouveau. Certains penseurs se sont fait un nom en systématisant ce genre de raisonnement, en particulier en sciences sociales.

Afin de discréditer les objections contre ses écrits, Karl Marx qualifiait les économistes de "scientifiques bourgeois" dès lors qu'ils adhéraient à l'économie de marché et qu'ils réfutaient ses théories sur la valeur travail et la plus-value supposées attester l'exploitation salariale. Ainsi pouvait-il diffamer tous les auteurs contredisant sa perception des intérêts ouvriers.

S'ensuivit toute une argumentation pour justifier le refus de discuter ses théories. Pour Marx et son idéologie, le matérialisme historique, les idées sont le produit d'un ordre économique particulier au service des intérêts d'une classe dominante.

Les idéologies produites par le capitalisme ne sont là que pour conforter ce système et les intérêts de ses bénéficiaires supposés. Convaincu que le capitalisme est fondamentalement vicié par l'égoïsme et l'exploitation, Marx rejette par principe les théories qui confortent cet ordre économique.

Enfin, selon l'auteur communiste, chacun demeure l'esclave de ses intérêts de classe dans la poursuite de la vérité. De ces intérêts dépendent nos modes de raisonnement. La controverse scientifique a dans ces conditions très peu d'utilité.

Le polylogisme marxiste ou la tribalisation de la vérité

L'économiste autrichien Ludwig von Mises nommait cette subordination du mode de pensée à la catégorie sociale le "polylogisme de classe". En attribuant à chaque classe sa structure logique et son mode de raisonnement, le polylogisme confère à la vérité une dimension tribale. Il dissout la portée universelle de la science et du marché des idées : la question n'est plus "quelles sont tes preuves ?" mais devient "d'où parles-tu ?".

Marx proclamait que la raison du bourgeois diffère de celle du prolétaire. Ses successeurs étendent cette mentalité aux rivalités de notre temps. Quiconque émet des idées réputées servir la défense d'une industrie, d'une classe, d'un genre, d'une nation ou d'une ethnie est son agent d'influence ou son valet.

Curieusement, les accusateurs sont affranchis de toute manipulation. Même si leur combat - par exemple hostile aux pesticides de synthèse - conforte d'autres intérêts concurrents tout aussi lucratifs. Cette posture supprime l'utilité de la controverse scientifique et valorise le sectarisme. Il ne s'agit plus de convaincre mais de vaincre.

L'une des manifestations les plus connues de cette corruption de la pensée dans les sciences naturelles réside dans l'histoire de l'agriculture soviétique avec le célèbre cas de Trofim Lyssenko. Ce dernier réussit à discréditer toute la génétique appliquée à la botanique en la qualifiant de bourgeoise au motif que les théories scientifiques traditionnelles s'accordaient mal avec le dogme marxiste-léniniste, ce qui eut des conséquences dramatiques sur l'alimentation de la population.

De là provient l'impossibilité de tenir un débat serein sur de nombreux enjeux impliquant une expertise. Pour les marxistes, reconnaître la validité d'une littérature scientifique favorable à une industrie conforterait des intérêts méprisés par les ressentiments anti-capitalistes. Inutile d'invoquer les plus hautes autorités scientifiques. Les intérêts sous-tendus par le capitalisme entachent de corruption toute expertise qui valide les activités honnies.

C'est pourquoi les scientifiques, en particulier les moins politisés, sont réticents à descendre dans l'arène médiatique.

Une hostilité de principe contre le capitalisme industriel

Les seules expertises épargnées sont celles qui heurtent les intérêts industriels les plus symboliques de l'immonde civilisation marchande. Ainsi le consensus scientifique sur les origines anthropiques du changement climatique est l'un des rares à être préservé du dénigrement ambiant. Le scepticisme en la matière est d'ailleurs souvent qualifié d'hérésie au service des lobbys pétroliers.

Particulièrement critique envers le marxisme, l'épistémologue autrichien Karl Popper rappelait que la scientificité d'un énoncé ne dépend pas de l'identité de celui qui s'en réclame. Pas plus que la validité d'une expertise ou d'une certification ne dépend des intérêts à l'oeuvre ou de l'origine de ses financements. À moins de rejeter toute expertise et tous les tiers de confiance.

L'audit financé par l'entreprise contrôlée devrait être invalidé. Les diplômes des écoles rémunérées par les étudiants devraient être conspués. Les revues académiques qui exigent des auteurs qu'ils paient des frais éditoriaux seraient déchues. Toute expertise subventionnée par la puissance publique serait corrompue par les intérêts politiques. Enfin les activités de recherche et développement entreprises dans les firmes commerciales seraient fausses par essence.

Ce dernier point serait d'autant plus incongru que les entreprises sont obligées d'incorporer des connaissances scientifiques utiles et éprouvées par l'expérience dans leur mode de production pour innover sans quoi la concurrence les éliminerait.

Il est temps de revenir aux fondamentaux de l'épistémologie. Un énoncé scientifique s'expose toujours à la réfutation. Les experts qui évaluent un produit ne demandent qu'à être réfutés sur le fond s'ils se trompent. Une éventuelle étude frauduleuse ne résisterait pas à un examen ou une contre-expertise qui finirait d'achever la réputation d'un scientifique corrompu.

Force est cependant de constater que les appréciations négatives portent davantage sur  les liens réels ou fantasmés des experts avec l'industrie que sur le contenu de leur production scientifique. Renoncer à l'obscurantisme marxiste semble plus que jamais nécessaire pour retrouver la sérénité du débat scientifique argumenté au pays des Lumières.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2019 à 10:35 :
Il semble difficile de dénoncer une quelconque idéologie lorsque l'on est piloté et rémunéré soi même par un think tank ultra libéral dont les théories économiques sont aussi discréditées. Quand aux anti sciences si ils ont été un temps cantonnés chez les Staliniens, il va falloir regarder ailleurs aujourd'hui, les antivax, les dénigreurs du réchauffement climatiques, les platistes, etc...se recrutent plus volontiers à l'extrême droite. Il suffira pour s'en convaincre de regarder les obédiences politiques des leaders antivax.
a écrit le 15/06/2019 à 16:50 :
Article fondé sur un homme de paille et qui commence avec un sophisme de pente glissante "À ce rythme, les diététiciens qui suggèrent de bien se nourrir seront bientôt perçus comme des agents corrompus par les éditeurs de livres de cuisine."
Le coup de gueule que représente cet article traduit lui aussi ses biais idéologiques anti-marxiste. C'est techniquement pas un argument valide l’expérience personnelle mais voilà je le dis, j'en ai jamais vu des marxistes anti-vax, ou qui croient à l'homéopathie voir anti-science de manière générale.
D'ailleurs, les marxistes sont pas connus pour défendre des idées pareilles. Peut-être que vous devriez aller faire des interviews de membres du PCF plutôt que d'attribuer arbitrairement des idées à vos adversaires. Mais c'est clair que c'est plus facile de défaire leurs propos quand on se charge nous même de leur faire dire des trucs qu'ils n'ont pas dit...

Allez, bien à vous. La prochaine fois, peut-être que vous ferez mieux. o/
a écrit le 15/06/2019 à 13:32 :
Attraper le lecteur en vantant les vertus du consensus scientifique puis poser les marxistes comme les adversaires de ce dernier (car supposément anti positivistes) en invoquant des pseudos controverses où personne n'est identifié concrètement, et en ne donnant AUCUN exemple précis et sourcé. Même en étant habitué aux fadaises paranoïaques et malhonnêtes des chercheurs libertariens, on ne peut qu'admettre qu'ils ont ici frappé très fort. La mise en abîme est en tout cas géniale, puisque l'absence de rigueur à l'IREF tient à ce que les biais de confirmation y sont érigés en système. La citation en boucle de Mises et cie n'est dès lors pas seulement fétichiste, mais relève d'une démarche obscurantiste.
a écrit le 11/06/2019 à 23:18 :
Article indigent, Dans un torchon indigent qui ose se revendiquer de la Tribune, plein de journalistes indigents
a écrit le 03/06/2019 à 15:44 :
Un « scientifique bourgeois » ne voit pas plus loin que sa classe bourgeoise. De la même manière la « pensée petite-bourgeoise » (visant d'abord Proudhon dans Misère de la philosophie) est une pensée qui reste ancré/encré dans la superficialité et non dans la dynamique complexe du réel : « Au lieu de saisir les catégories économiques comme des expressions de rapports de production historiques qui correspondent à un niveau donné du développement de la production matérielle, sa divagation les transforme en idées éternelles, préxistantes. »

Ce n'est donc pas à confondre avec les termes de « science bourgeoise et science prolétarienne » de Bogdanov dont l'auteur est critiqué par Lénine dans Matérialisme et Empiriocriticisme (apprécié par Karl Popper). Les expressions ont été reprises par Lyssenko, mais qui ont été désavouées par Staline lui-même dans un opuscule linguistique (cf l'article pour l'AFIS de Yann Kindo sur le lyssekisme)

Pour citer Engels : « D'après la conception matérialiste de l'histoire, le facteur déterminant dans l'histoire est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx, ni moi n'avons jamais affirmé davantage. Si, ensuite, quelqu'un torture cette proposition pour lui faire dire que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme en une phrase vide, abstraite, absurde. »

« Toute la manière de concevoir, chez Marx, ce n'est pas une doctrine, c'est une méthode. Elle n'offre pas de dogmes tout apprêtés, mais des points de repère pour une recherche ultérieure, et la méthode de cette recherche. »

Marx disait que les physiocrates (Tome IV du Capital - Théorie de la Plus-Valu) étaient les premiers économistes scientifiques. Ils s'appuient justement sur les études économiques des libéraux en les déconstruisants/dépassants.

Ce manque de dialectique (Héraclite, Descartes, Pascal, Kant, Hegel, Marx, Paul Langevin, Henri Wallon Lev Vygostki, Alexandre Zinoviev ...) fait dire aujourd'hui n'importe quoi dans la recherche.

On est soit dans le tout biologique soit dans le tout culturel. On revient en permanence au vieux débats antiques « nature vs culture ». Il y a une incapacité à observer les rapports dialectiques entre philosophie, technique et science, entre biologie, psychologie et sociologie, entre histoire, sociologie, individus, ... etc.

Par ex, Il y a rejet actuellement de l'aspect psychologique (Wallon, Vigotsky, Jalley, Nadel, Carioux...) par les techno-scientistes (neuro-cognitivisme) au détriment de la « personne » (du « Sujet » , de l' « Être social ») dans sa globalité bio-psycho-sociologique.

Or, cet aspect bio-psycho-sociologique peut faire appréhender les « effets » de l'homéopathie évaluables par des résultats visibles étonnants bien qu'incompréhensibles par la biologie et la chimie car non mesurables par la technique et les « démarches fondées sur les faits » (evidence based) purement empiriques.
a écrit le 01/06/2019 à 0:05 :
Une grande partie de la probleme est que beaucoup des "academiques" qui "savent" beaucoup ne possedent plus un esprit ouvert mais sont colles aux leur croyances comme une moule a un rocher - pardonnez-moi, pas "croyances" mais "faits prouves" - sauf non, la "science" d'aujourd'hui n'est pas forcement definitif. Il y a trop des "lois de la physique" qu'on ne peut pas contredire sans etre brule vif. Je revois beaucoup maintenant par ex. des physicistes qui disent que tout s'agit de la mathematique, avec une certainte Descartien. Ahurissant, leur reductionisme materiel et mecanique. Ils meconnaissent 100 ans de Chaos Theory, uncertainty, complexity theory et "sensitive dependence on initial conditions". Partout, on voit des scientifiques enfonce dans "leur" domaine, sans connaissance et perspectives large. Et trop des theories, lois etc grave en pierre - comme la 2eme Loi de la Thermodynamique, le Big Bang, le non-aether, univers expansionniste, la vitesse absolu de la lumiere etc etc - aucun desaccord permis. Et donc les preuves au contraire - meconnu et balayes. Tout cela a garder la race humaine imprisonee en chaines mentales et les heretiques qui disent autrement paient avec leur vies - toujours. Je parle d'experience personnelle - 20 ans de ma vie voles car je sais trop. Et compte tenu le fait que si peu de la population possedent une education qui leur rend capable de considerer ces matieres, c'est encore plus facile a controler la pensee unique scientifique. Premier coupable? Les militaires americaines qui veulent garder certaines technologies pour eux memes et ne les jamais rendre publique pour applications civiles. Absence d'accents - clavier britannique.
a écrit le 31/05/2019 à 20:52 :
D'accord avec le mal dénoncé, néanmoins, vous êtes curieusement aveugle concernant les effets tout aussi prouvés des conflits d'intérêt et de la sociologie de classe sur les convictions, les partis pris, les analyses et les "expertises".
Les faits divers ne manquent pas concernant des études financées par des industriels dévoyées de leur objectif et des scientifiques corrompus.
De même, il est tout à fait prouvé et prouvable que les systèmes de pensée divergent en fonction des classes sociales et sont faits de façon à coller aux intérêts de classe. Il est très difficile de vivre une dissonance cognitive entre ses valeurs et ses intérêts de classe. La plupart ne s'y aventurent pas et font en sorte que leurs valeurs collent avec les intérêts de leur classe.
Vos adversaires manquent de nuance et d'objectivité mais vous aussi.
a écrit le 31/05/2019 à 17:37 :
Le sujet sur l'absence d'esprit critique dans notre société est intéressant mais l'appréhender par Marx et ses brothers, ça me semble limite, on comprend vraiment rien a ce que vous voulez dire, enfin si vous vouliez dire quelque chose la dessus.
Vous feriez mieux de vous cantonner a la concurrence fiscale qui semble être plus votre truc.
a écrit le 31/05/2019 à 16:26 :
Marx était un agent des marxiens, son but était de susciter des révolutions en europe, de prolonger le cas francais afin de renverser l'ordre établi peu favorable alors aux marxiens. En cela il a parfaitement réussi.
En atteste le film documentaire ésotérique Marx attaque de Tim Burton.

Il n'y a pas de vérité absolue, les idéologies servent à rendre solide l'intangible et justifier l'arbitraire insupportable. le capitalisme est aussi une idéologie qui à tenté de reposer non sans rire sur des concepts fumeux comme l'allocation optimale du capital ou la concurrence pure et parfaite qui n'existe jamais ou rarement. La main invisible de Adams smith qui fait bien rire aujourd'hui, est ce celle qui sauva les banques par injection de liquidités ? Elle est pourtant bien visible et risible du coup, l’assistance découvre le truc du magicien.

A ce propos, il parait qu'en fait au regard des investissement sous productifs le monde est en fait largement en récession depuis 2008 !! La croissance ne permet pas d'obtenir la rentabilité optimale... ah pardon mais si au contraire, les taux étant négatif la croissance aussi mais chuuuttttt....
a écrit le 31/05/2019 à 16:00 :
Le texte est bon, mais soufre un peu du même mal qu’il traite. Effectivement, dans plusieurs domaines la « vérité » peut être variée en fonction des intérêts d’une classe, une branche industrielle, d’un corps de métier etc., et cela peut être même sincère et objectif, au moins, de point de vue de l’expert. Oui, la vraie indépendance de l’expertise est une chose très difficile à atteindre.
>> l'épistémologue autrichien Karl Popper rappelait que la scientificité d'un énoncé ne dépend pas de l'identité de celui qui s'en réclame.
Oui, mais c’est valable pour une expérience scientifique plus ou moins simple, pas pour des sujets où plein des domaines et des intérêts interviennent.
>> Renoncer à l'obscurantisme marxiste…
C’est un bel exemple d’utiliser les mêmes arguments que ses opposants qui disent à leur tour « renoncer à l’obscurantisme capitaliste ou libéral ». Les théories de Marx sont tout à fait scientifiques et décrivaient bien la réalité de certaines époques. Certes, elles sont pas toujours applicables.
Parler de la validité d’une expertise au niveau d est une Pour ce qui concerne le fameux cas de Trofim Lysenko à l’URSS, la vraie histoire est bien plus complexe. Les auteurs parlent ici d’une « vérité » rédigée uniquement d’un point de vue. Certes, Lysenko était loin d’être un saint, mais déjà il ne refusait pas une bonne part des principes de la génétique. En plus, avant la découverte de l’ADN, lui tout comme ses opposants scientifiques étaient dans le domaine des hypothèses. Enfin, même s’il avait tort scientifiquement, la raison principale de son victoire contre les « vrais généticiens » est le fait que dans son actif il avait de grands succès pratiques (céréales, pomme de terre, coton) ce qui a permis de sauver des milliers, et qui sait, peut-être des millions des vies et fournir à l’armée suffisamment des tissues et des explosifs. Au même temps ces opposants ont organisé de nombreux instituts peu utiles pour mettre ses copains et copines à la tête. Que dites-vous de l’Institut du café dans un pays si chaud que l’URSS qui, je rappelle, était à l’époque un pays très pauvre, sous-développé, avec les famines régulières et une guerre inévitable dans le futur proche ? A mon avis, on peut facilement comprendre pourquoi les autorités ont choisi le camp de T. Lysenko.
a écrit le 31/05/2019 à 15:40 :
Le débat scientifique c'est quoi ? La science avance avec de la recherche et des publications, souvent les idées sont complexes et seraient rapidement ennuyeuses dans le cadre d'un débat médiatique. Certes, il existe des certitudes qui ne sont pas toujours politiquement correct, le procès de Giordano Bruno est toujours d'actualité. La science ce n'est ni la politique ni la foi, quand aux médias il faut bien qu'ils vivent, qu'ils décrochent des annonceurs, là réside peut être les limitations de la chose scientifique..
a écrit le 31/05/2019 à 12:44 :
De fait, le mariage de la science et de l'idéologie n'est pas nouveau, mais c'est toujours l'idéologie qui porte la culotte.
a écrit le 31/05/2019 à 10:41 :
L’humain en général est animé par un «  esprit de contradiction «  et «  un gros égo » du coup plus nous essayons d’aider , plus ça se retourne contre nous , ensuite entre ces 2 parallèles il y a «  des opportunistes «  qui profitent de ces paramètres en «  accusant «  les autres de ce qui ne sont pas car ça sert à «  leur intérêt de groupe « ( c’est de l’avidité , ceux qui sont vendus au dieu argent )
L’argent le nerf de toutes les guerres ...
Finalement la vérité est acceptée souvent trop tard quand des océans sont passées sous des ponts ...
Seule une personne qui écoute et qui sait écouter peut avoir «  l’esprit critique «  et «  se pose les bonnes questions « 
En soi l’histoire d’une vie peut très bien se résumer à la conquête de sa «  vérité «  dans un monde instable et pleins d’illusions.
a écrit le 31/05/2019 à 10:40 :
excellent texte, merci
le marxisme oui, mais il existe une constante plus ancienne dont le marxisme n'est qu'un habillage avec le oripeaux de la science économique, c'est un profond monothéisme qui fait penser à une large majorité que la vérité est une, qu'elle existe et qu'ils la possèdent. Le point commun avec les religions - et non avec le marxisme - est l'usage de la peur (l'enfer, la diabolisation, Monsanto le grand santan, etc)
Ce dogmatisme confortable est d'autant plus à l'aise que la génétique a ouvert un vaste univers de complexité, de causalité conditionnelle, de mécanismes aléatoires ou tout influence, le milieu et le redoutable hasard.
il faut regretter que le pays de Pasteur refuse les vaccins, de Lamarck refuse l'ingénierie génétique, etc, oui c'est désolant. Maintenant est-ce que ça n'a pas toujours été comme ça. La science est minoritaire, pas facile, repose sur une curiosité fondamentale. c'est plus facile de s'unir dans le dénigrement que dans le savoir ?
a écrit le 31/05/2019 à 9:44 :
"les appréciations négatives portent davantage sur les liens réels ou fantasmés des experts avec l'industrie"

ET donc la faute à qui aux gens ? Ben non la faute aux experts corrompus qui ont totalement discrédité cette noble fonction qui normalement est la désignation du meilleur d'entre eux dans leur profession par ses pairs.

Alors qu'il faudrait des experts objectifs pour nous montrer une voie à suivre, nous avons essentiellement des gens compromis avec les intérêts des mégas riches pour venir nous dire, ô quelle surprise, de continuer à servir aveuglement ces mégas riches.

"Que l'on porte plus d'attention aux gens compétents et à bas les partis !" Nietzsche

Or qu'est-il arrivé ? A cause principalement des médias...

Votre remarque est juste mais votre besoin de culpabiliser le peuple qui n'est là que pour produire est grotesque exposant votre fragilité sémantique car biaisée et le pire c'est que j'ai vraiment l’impression en vous lisant que vous y croyez à fond dans ce que vous dites et c'est au final bien ça qui est le plus inquiétant.
Réponse de le 31/05/2019 à 11:07 :
La partialité ou "l'orientation" intéressée d'un grand nombre de scientifiques (amiante, tabac...), l'usage immodéré des arguments d'autorité ainsi que l'opacité entretenue sur les processus de décision (nucléaire, agro alimentaire, prcessus d'évaluations ..) sont parmi les causes pricipales du mal dénoncé par l'article. Mais décréter le "tous pouris" est aussi faux que dangereux. La mauvaise foi d'un bon nombre de "militants" (ou le suivisme bêta de leaders plus populistes qu'éclairés) est aussi délétère et responsable de ce que vous déplorez. Reste que bien des sujets sont inabordables, à priori, par le commun des mortels...principale raison des deux dérives évoquées ci-dessus! Enfin, notre monde est complexe, trop sans doute pour être réellement maîtrisé, et la science n'est pas une ligne politique. A la fin, il faut bien un choix... De préférence démocratique même avec les résultats parfois atterrants que l'on peut observer!
Réponse de le 01/06/2019 à 9:59 :
"et la science n'est pas une ligne politique"

Ah bon et cette vérité que vous brancardez vous la tirez d'où je vous prie ?

Vous croyez que les "lignes politiques" nous ont mené quelque part ou bien plus comem elles nous l'ont régulièrement prouvé mené dans le mur ?

Le problème c'est que quelqu'un défendant ses intérêts ne peut rien faire face à mon analyse qui tâche de s'en détacher totalement.

C'est ça que vous ne comprenez pas et au lieu d'essayer de passer par delà la pensée binaire vous la martelez encore plus.

Des shadocks, les néolibéraux ne sont que des shadocks.

Bla bla bla pendant que les citoyens en bavent.

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