Propulsées dans le futur du travail, les entreprises réinventent la notion de bureau

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Florian Delifer, fondateur d’OfficeRiders(*).
Florian Delifer, fondateur d’OfficeRiders(*). (Crédits : DR)
LE MONDE D'APRÈS. Avec plus de deux tiers des Français en télétravail, jamais dans notre histoire le télétravail et ses espaces de travail virtuels, n’auront été autant éprouvés que durant ce grand confinement. Face à ces circonstances inédites, la fonction et l’utilité de nos bureaux sont appelées à être reconsidérées. Par Florian Delifer, fondateur d’OfficeRiders(*).

Confinement et avènement du télétravail

Les pratiques de travail à distance trouveront un écho dans l'après-covid19 pour plus de la moitié des interviewés d'une récente enquête IFOP. Leurs souhaits : davantage de journées en télétravail et plus de flexibilité dans leur organisation notamment via la suppression du temps de transport.

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Pour autant, ce sont près de 4 actifs sur 10 qui estiment moins bien travailler en période de confinement, citant comme frein principal, les échanges professionnels avec les collègues. C'est ainsi un fait : le télétravail imposé à 100 % est vécu de manière inégale. Une chose est sûre, cette crise a mis en exergue les vertus et opportunités des espaces de travail virtuels.

Mais parallèlement, cette expérience poussée et exclusive de l'espace de travail dématérialisé a permis de prendre conscience de l'importance de la dimension humaine, et de la nécessité des interactions physiques et sociales, dans le monde « off-line » du travail. On peut imaginer des modèles d'espaces physiques innovants dans un contexte où se voient renforcées les valeurs de socialisation, de flexibilité, de proximité, de communautés locales, et de micromobilité.

Vers une remise en question du dogme du travail

Le travail s'exerce dans différentes sphères dont les réalités divergent : les chantiers, le monde agricole, le monde industriel, le bureau et le domicile. Chacun de ces lieux est appelé à subir une importante transformation. Face à l'ubiquité des nouvelles technologies de communication qui ne cessent de se développer, c'est la sphère des bureaux qui se métamorphose de manière la plus drastique : le bureau est devenu nomade.

Si l'on peut travailler en remote, depuis son ordinateur, son portable, mais surtout de n'importe où, quand on veut, de manière synchrone ou asynchrone, et avec des outils de plus en plus performants... Alors, pourquoi ne pas se soustraire aux contraintes d'horaires, de temps de trajet, du bureau. Au sein de cette multiplicité de moyens de communication et d'espaces, quelle est la fonction de l'espace physique du bureau ? Quel équilibre adopter entre les espaces virtuels et réels ? Quelles fonctions leur conférer ? Et comment et pourquoi les utiliser ?

Autant de questions auxquelles les entreprises doivent aujourd'hui répondre, et ce, plus rapidement que prévu dans le contexte post Covid-19. Il est temps de donner du bon sens aux espaces matériels de travail. Nous pourrions renoncer au bureau « fixe » d'antan, à bien des titres puisqu'il n'est plus nécessaire au quotidien. Il ne justifie plus des temps de transport inconciliables avec les enjeux du monde de demain, l'écologie et le bien-être.

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Repenser l'utilisation des espaces pour les mettre au service de l'humain

Pourtant, dans cette hypothèse d'abandon du bureau, des moments et des lieux (virtuels ou réels) seraient nécessaires pour une multiplicité d'activités. Il s'agirait d'un contexte dans lequel l'espace physique, de plus en plus « horizontalisé », serait à géométrie variable, en fonction de la demande, du coût, de la localisation et de la durée. Cela présagerait un bel avenir aux modèles de « Bureaux as a service ».

Ces espaces physiques seraient utiles à l'entreprise pour toutes les fonctions que les espaces virtuels ne permettent pas d'accomplir : bâtir la culture d'une entreprise, motiver les troupes, engager les collaborateurs, agir sur leur bien-être, établir une socialisation vitale pour tous, stimuler la créativité du groupe, véhiculer des messages clés, échanger sur les enjeux de l'entreprise, la connaissance de ses coéquipiers ...

On pense aux ateliers, « comex », sessions de brainstorming, « team-buidling », formations, lancement de produits, présentations ou démonstrations, événements ou « afterworks ». Des activités qui gagnent à être « déconnectées » et ancrées dans le monde réel. Par-dessus tout, l'espace physique doit servir l'humain et être vecteur d'émotions pour se présenter comme un ingrédient vital au succès de toute entreprise.

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(*) OfficeRiders est une jeune pousse qui se revendique comme le "Airbnb professionnel qui propose des expériences de travail atypiques à tous les professionnels qui souhaitent changer de cadre pour travailler autrement et être plus productifs".

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Commentaires
a écrit le 08/05/2020 à 18:44 :
Personne n’a demandé à naître ici sur cette terre :

Pourquoi des « bobos- ecolos- de salon de bourgeois «  estiment qu’il faut «  enfermer des humains nés ( sans qu’ils ont rien demandés ) sur une terre à ciel «  ouvert « ?

Pourquoi la vision de ces Bobos et plus important que «  des milliards d’humains sur terre « ?

La terre appartient à «  tous les humains «  et notre liberté ne peut pas se vendre ou s’acheter,

S’ils veulent vivre en écolo - bobos à la suédoise ?
Il suffit de monter des «  murs » à la Trump et tous les ecolos - bobos du monde qu’ils aillent vivre la bas ... et
«  se couper du reste du monde « 
C’est à notre «  tour de vous confiner , vous et vos idées de dictature « 
a écrit le 07/05/2020 à 9:13 :
Mais quel charabia cynique et hypocrite !! On a rien appris et on n'apprendra rien, ainsi va le libéralisme : pour preuve, l'exemple de sortie de crise des CNIM.

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