Protéger les petits patrons et leurs salariés des gilets jaunes casseurs

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(Crédits : Reuters)
OPINION. La révolte des gilets jaunes qui ne s'éteint pas exige la mobilisation de l'ensemble des acteurs pour alerter les entrepreneurs aux conséquences de la perte de leur emploi. Par Anthony Streicher, président de l'association GSC (*)

« De toute façon, les patrons, c'est tous des salauds ! Ce jugement péremptoire de la jeune militante anti-CPE avec laquelle je tentais d'échanger lors d'un débat télévisé est-il le reflet d'une large partie de l'opinion ». Ce point de vue servit d'entame à un essai publié en 2007 par l'actuel président du MEDEF Geoffroy Roux de Bezieux. J'ai bien peur que ce sentiment soit, quelque part, toujours enfoui dans le « ÇA freudien » de la société française.

Si chacun des actes de la révolte en jaune ajoute, comme ce fut le cas samedi 16 mars, près d'une centaine de commerces dévastés, nul besoin de préciser l'impact que le mouvement des gilets jaunes va avoir sur l'écosystème des TPE, artisans et commerçants. L'année 2019 s'annonce catastrophique pour de nombreux chefs d'entreprise. Ce sont des dizaines de milliers de salariés qui vont être confrontés au chômage mais qui, à l'inverse des dirigeants de ces mêmes entreprises, pourront percevoir un revenu grâce à l'Unedic et à pôle emploi.

En ce qui concerne les dirigeants de ces mêmes entreprises, la société française ne les protège pas systématiquement alors qu'ils créent des emplois parce qu'ils créent des entreprises. Leur seule perspective : l'accumulation de dettes et le dépôt de bilan ! J'ai bien peur que la protection des petits patrons, sur les Champs-Elysées ou dans leur chair économique, n'obtienne pas plus qu'en 2007 les faveurs des Français.

L'équivalent d'une ville comme Bayonne

Qu'il s'agisse des prévisions de croissance revues à la baisse ou des chiffres des observatoires de la vie économique qui montrent l'impact des manifestations des dernières semaines sur la santé financière de certains commerces situés dans les grandes villes françaises, les motifs d'inquiétude demeurent multiples mais la finalité identique : nul ne sait si les chefs d'entreprise fragilisés arriveront à inverser la tendance pour les mois à venir. L'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs vient de dévoiler les données 2018 : ils sont 50.185 à avoir mis la clé sous la porte. 50.185 c'est l'équivalent d'une ville comme Bayonne ou Corbeil-Essonne.

Or, pour les protéger, il faut déjà faire de leur information une grande cause. Il y a 40 ans les organisations qui ne se nommaient pas encore le MEDEF, la CPME et l'U2P, celles qui gèrent le système d'assurance chômage des salariés, ont fondé un système assurantiel d'intérêt général de protection non obligatoire (La GSC - garantie sociale des chefs d'entreprise). On estime à 3 millions le nombre de Travailleurs Non-Salariés en France. 25 000 d'entre eux ont choisi de prendre leurs dispositions au cas où ils se trouveraient en difficulté soit moins de 1% ! Une goutte d'eau. J'en ai assez de questionner des femmes et des hommes qui ont vu leur entreprise s'arrêter, disparaitre, et d'entendre « Je ne savais pas ! ».

Une dette d'information

Doit-on attendre qu'il y ait davantage d'entrepreneurs sur le carreau, sans filet de sécurité pour les sensibiliser à ce qui existe pour eux ? La mobilisation de l'ensemble des acteurs est indispensable pour alerter les entrepreneurs aux conséquences de la perte de leur emploi. Ceux qui accompagnent quotidiennement les chefs d'entreprise doivent les informer au moins une fois par an des risques de perte d'emploi et des solutions existantes. Experts-comptables, avocats, commissaires aux comptes, banquiers, investisseurs, chambres de commerce, chambres de métiers, assureurs, greffe mais aussi fisc, URSSAF, CIPAV, pouvoirs publics, nous avons une lourde responsabilité, vis-à-vis de nos entrepreneurs, créateurs de richesse et de croissance : une dette d'information.

Le mouvement des gilets jaunes a largement mis en lumière les fins de mois difficiles de cette France des « commerçants et artisans d'en bas » et en même temps il contribue, présentement infecté par les légions black-blocs, à la dégradation de l'avenir des petits entrepreneurs, ces premiers soutiens et acteurs d'un mouvement populaire désormais jaunissant.

Un ensemble de "Biens communs"

Les 3,5 millions de PME, les TPE, les artisans constituent un ensemble de « Biens communs » au sens définit dans les travaux d'Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie 2009 (1). Comme la santé des populations est un bien commun, ne pas comprendre que la santé économique d'un pays passe par la protection des entrepreneurs de ce pays, au même titre que les salariés sont protégés, ne sert ni les intérêts ni le renforcement du modèle social de la France.

La révolte des gilets jaunes qui ne s'éteint pas exige la mobilisation de l'ensemble des acteurs pour alerter les entrepreneurs aux conséquences de la perte de leur emploi ; « whatever it takes** » en paraphrasant Mario Draghi lorsqu'il s'agissait d'exiger le sauvetage de la zone euro.

________

(1) Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel

(2) Quoi qu'il en coûte

(*) Association à but non lucratif fondée en 1979 par le CNPF, la CGPME et l'UPA

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Commentaires
a écrit le 26/03/2019 à 10:49 :
En fin de compte, par vos plaintes, vous faites le jeu des GJ! Le R.I.C. ou... la rue et ses conséquences! Une fois le référendum mis en place, les manifestation de rue sont inutiles, donc aucune conséquences et dégradations! Mais nos représentants ne veulent pas être contrôlé et donc sont corruptibles!
a écrit le 25/03/2019 à 22:36 :
En fin de compte, par vos plaintes, vous faites le jeu des GJ! Le R.I.C. ou la rue et ses conséquences!
a écrit le 25/03/2019 à 15:59 :
En parlant de GJ :

L’habit ferait-il le moine ? C’est, en tout cas, ce qu’ont estimé plusieurs policiers ce samedi 23 mars, lors de l’acte 19 des Gilets jaunes, en verbalisant deux habitants de l’Orne près de l’Arc de Triomphe à Paris. La raison ? Chacun d’eux portait un pull avec l’inscription : “Oui au RIC, je dis oui référendum d’initiative citoyenne (ndlr : un dispositif de démocratie directe revendiqué par les Gilets jaunes)”, rapporte franceinfo. Selon le couple d’Ornais, des policiers leur ont indiqué que leur pull était un motif de “manifestation”, dans un périmètre interdit par la préfecture. Ainsi, chacun d’eux a écopé d’une amende de 135 euros pour manifestation illégale.

“C’est de l'abus de pouvoir, vous vous rendez compte, pour un pull où il y a écrit “Oui au RIC””, s’est indigné le mari au micro de la radio publique. Et d’ajouter : “On a plus le droit de s’exprimer en France”. De son côté, sa femme a précisé qu’ils s’apprêtaient à prendre le métro place de l’Etoile, au bout de l’avenue des Champs-Élysées, afin de rentrer chez eux puisque la manifestation était terminée. “On n’allait pas manifester sur les Champs-Élysées, on allait au métro, mais ils n’ont rien voulu entendre. On a même proposé d’enlever notre pull mais ils ont refusé”, a-t-elle témoigné. Finalement, le couple a refusé de signer les contraventions et, par surcroît, de régler les 135 euros d’amende et a contacté un avocat. Sollicitée par franceinfo, la préfecture de police de Paris n’a pas souhaité communiquer pour le moment.
a écrit le 25/03/2019 à 13:19 :
Vous parlez à des gens qui adorent, de tradition, vilipender les "français qui ne veulent pas travailler", les "assistés" les "cas sociaux" ceux qui ont la solution à tous les problèmes de la France à savoir "faire bosser les gens à coups de pieds aux c.. et tu vas voir si elle va pas repartir la croissance !", pas les immigrés parce qu'ils leur achètent des trucs quand même hein, y a encore une mamie qui m'a fait le coup aux pompes d’Intermarché il y a quelques jours c'est le problème d'avoir une bonne tête on doit se coltiner tous les boulets bavards de la sorte qui n'ont rien d'autre à faire de leur vie si ce n'est critiquer les autres.

Bref des gens qui se son établis sur des demies vérités et qui ne sont pas prêt de les lâcher, du coup, logiques envers eux-mêmes ils n'osent pas aller chercher des aides sociales (au cas où on les reconnaisse... ) préférant plutôt que le malheur s’abatte aussi sur leurs voisins parce que "ya pas de raison hein !"

Pas simple du coup.
a écrit le 25/03/2019 à 13:17 :
macron a montré samedi qu"il avait laissé pourrir la situation volontairement avec une mise en scène révoltante il a laissé cassé il y a 8 jours les patrons des vitrines parisiennes devraient s'en prendre à macron, quand à dire qu’une femme de 73ans est fragile la sienne n'a que 7 ans de moins alors il ferait bien de tourner 7 fois sa langues avant de parler on peut avoir 73 ans et être en pleine forme et quand on vous bouscule sauvagement il peut y avoir de graves conséquences

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