Quand le compte bancaire et le numéro de compte se séparent
Charles Cuvelliez et François Franssen

Photo d'illustration
DR
Charles Cuvelliez et François Franssen

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Qu'est-ce qu'un vIBAN ? Il n'y a pas de définition des vIBAN au niveau de l'UE : chaque état membre y va de sa propre interprétation. Un vIBAN est comme un IBAN, un identifiant de compte normal. Il est lié, mais pas de manière unilatérale, à un compte de paiement, le « compte principal» sauf que ce compte principal possède également son propre IBAN (différent du vIBAN).
Il peut donc y avoir plusieurs vIBAN pour un compte principal et l'émetteur du vIBAN peut être différent de l'émetteur du compte bancaire ! Cela fait du monde. Les vIBAN sont utilisables, dans l'autre sens, pour effectuer des paiements à partir du compte principal mais alors issus de différents vIBAN.
Les vIBAN sont indiscernables des IBAN normaux. Le prestataire de services de paiement du payeur ne peut pas savoir que l'identifiant de compte fourni est un vIBAN (au lieu d'un IBAN normal). Bref, il n'est pas sûr de qui il paie vraiment.
Il y a des avantages aux vIBAN :
Certains établissements de paiement (IP) ou établissements de monnaie électronique (IME) comptent sur leur partenaire pour pouvoir fournir à leurs clients des vIBAN quand ils n'ont pas accès aux systèmes de paiement (toujours couteux) ou ne veulent pas s'aventurer dans la fourniture de comptes bancaires dans un autre État membre.
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En découplant l'identification de compte et le compte derrière, c'est rendre moins directe la réponse à la question : qui paie qui. C'est encore plus le cas lorsque les vIBAN et les comptes sont situés dans des pays différents. Ces pays peuvent avoir des interprétations divergentes sur la manière d'appliquer la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Les autorités peuvent manquer de visibilité sur l'ampleur des offres d'IBAN, avec des risques d'inadéquation du contrôle interne des prestataires de services de paiement, surtout pour la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Est-on bien assuré, avec des vIBAN partout, de notifier toutes les transactions suspectes à la cellule de renseignement financier et cette dernière n'aura-t-elle pas des difficultés à tracer transactions suspectes ?
Les utilisateurs de vIBAN continueront-ils à être protégés par la réglementation lorsqu'ils ne sont pas titulaires du compte principal ?
Enfin, il y a le risque que des vIBAN soient utilisés par des établissements financiers de pays tiers pour fournir des services de paiement sans l'autorisation requise ;
L'ABE liste même des circonstances qui aggravent les risques :
L'ABE dresse déjà quelques pistes pour cadrer les vIBAN :
Casser le lien entre IBAN et compte de paiement, permettre à des intermédiaires de tout poil de prendre possession de l'un ou l'autre, sans se connaitre ou presque, c'est dangereux.
En matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme et les autres infractions financières, rien ne doit empêcher le « Follow the Money ».
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