Selon les macroniens, deux extrémismes, d'un côté le Rassemblement national et de l'autre la gauche, qu'ils réduisent à l'une de ses composantes, La France insoumise, font courir un grand danger à la France. L'argumentaire suscite d'incessantes controverses. Pour autant, cette situation est-elle inédite dans notre histoire et ce parallèle entre extrémismes est-il fondé ou pas? Sous la IVe République, entre 1947 et 1951, les partis socialiste, démocrate-chrétien et radical ont constitué la Troisième Force pour s'opposer à deux extrémismes, le Parti communiste français (plus d'un électeur sur quatre) et le Rassemblement du peuple français du général de Gaulle. Toutefois, les institutions et le mode de scrutin différaient des nôtres. Le gaullisme, fût-il de guerre froide, ne saurait être assimilé au RN, qui revendique désormais son héritage, alors que la famille politique dont il est originaire était avec le maréchal Pétain et a toujours combattu le fondateur de la Ve République.